arfeuilles

    Superficie de 5956 ha - Altitude de 335 à 795 mètres - 665 habitants environ.

    Arfeuilles a la particularité de présenter un certain nombre de souterrains, tous bouchés ou interdits d'accès. Ils sont de deux types. Certains remontent au Néolithique. Des fouilles ont permis d'y retrouver des haches en pierre polie, des silex taillés, des lames, des pointes de flèches. Les autres, du Moyen-âge, permettent de relier le château de Montmorillon et celui d'Arfeuilles. Il subsiste également des temps anciens une croupe derrière l'église, qui semble avoir été le site d'un castrum Romain puis médiéval, dominant le village.

    Une ancienne maison seigneuriale y est bâtie au XVIIème siècle, entourée de gros murs dont certains font plus de 1.50 mètre d'épaisseur. Au XVIème siècle, des mines de fer à ciel ouvert sont exploitées au "Rocher de la mine". Le minerai est transporté à la fonderie du pont de Chavroches. Le bois nécessaire aux hauts-fourneaux provient de la forêt située entre Chavroches et Montmorillon. Ces espaces déboisés donnent place à l'implantation de villages ouvriers qui forment le "quartier de la forêt". Mais l'exploitation est assez rapidement abandonnée.

    Longtemps, commerces, artisanat et petites industries foisonnent, avant de disparaître graduellement, à l'instar des grandes fermes à bestiaux. La cause en est probablement l'enclavement du lieu.

    Néanmoins, la commune actuelle a été réalisée à la révolution en regroupant au moins sept fiefs féodaux de très inégale importance, tant au point de vue de la superficie que de celui de la population.

    Le fief d'Arfeuilles était l'un des plus petits en superficie, mais il était probablement le plus peuplé. Il possédait aussi l'église paroissiale sur son sol.

    De l'occupation Romaine, la trace la plus évidente est probablement une "grosse pierre" qui se trouve à la croisée des chemins qui mènent d'une part de la "Croix Brière" à Châtelus et, d'autre part, du village des "Faures" au "Village Raby". Cette pierre serait le socle d'une borne Romaine dont la colonne supérieure aurait disparu (photo ci-dessous). Photos plus bas: chapelle des Biefs et clocheton.

    De même, le "Chemin des Chapelles", utilisée pour aller de la gendarmerie au calvaire, serait un ancien sentier Gallo-Romain conduisant d'Arfeuilles à la Pacaudière. Il passe à proximité de chapelles Gallo-Romaines situées dans un creux de terrain, à gauche du calvaire, quand on regarde celui-ci depuis la commune. Ces chapelles sont actuellement recouvertes par la terre et invisibles. Lorsque l'on prend le soin d'observer attentivement le côté gauche du sentier, par endroits, on aperçoit la présence d'un mur peu élevé surmonté par un pavement en V, la pointe du V étant tournée vers le bas. Cela aurait été la chaussée de ce sentier. Des pièces de monnaie datant de cette époque ont d'ailleurs été découvertes sur ce site. Note: les trois photos présentées ci-dessous sont sous réserve d'exactitude.

    Pittoresque village, Morel faisait partie au Moyen âge du fief de Pingus, relevant de la province du Forez, et réputé pour la fertilité de ses terres autour de la vallée du Douanon, affluent du Barbenan. Construit à flanc de coteau, on y produisait du vin. Les habitations en pierres, tantôt grises, tantôt ocres selon la météo, colorent ce hameau. Dernière photo: vue du hameau des Biefs avec sa chapelle depuis le village Morel.

    Il existe de nombreux souterrains en Montagne Bourbonnaise. Ils sont pratiquement tous construits sur le même plan: un boyau en forme d'anneau est traversé par un autre boyau en ligne droite.

    Ce dernier se termine par une sorte de chapelle et une cheminée d'aération bouchée par de grosses pierres. L'autre extrémité, souvent assez longue d'une dizaine de mètres, est supposée être l'entrée. Il est impossible de déterminer pourquoi et à quelle date ils ont été creusés.

    C'est vers le milieu du XIIIème siècle qu'est située approximativement une bataille qui se déroula dans le "Rez Biron". Elle opposa le seigneur d'Arfeuilles à celui de Montmorillon (ou celui de Châtel-Montagne ou les deux). Le sire d'Arfeuilles fut vaincu et tué dans la bataille. Sa famille fut réduite à l'état de roture et le château démantelé. Le fief d'Arfeuilles, dans le partage des dépouilles, fut attribué au sieur de Châtel-Montagne. De la forteresse, désignée par la suite sous le vocable de "Vieux Château" et qui servira alors de lieu de collecte des impôts en nature, il ne reste que les murs qui ont servi de support à trois habitations. Ils sont visibles au-dessus de la rue du 14 juillet (photos ci-dessous).

     Du château construit dans le bourg, il reste une tour qui fait l'angle de la "rue de la Gare" et de la "rue Denfert-Rochereau". A cette époque, le pied de la tour se trouvait beaucoup plus bas, au niveau du lit de la rivière, le pont n'existant pas. En 1606, les moines bénédictins reconstruisirent sur la rue principale une maison qui incorpore une des tours de l'ancien château. Cette tour, d'origine médiévale, montre des ouvertures anciennes encadrées de granit. Sa toiture pointue est très postérieure au bâtiment. Elle faisait vraisemblablement partie des défenses du village. En effet, elle s'y trouve à l'entrée, sur la route venant de Lapalisse.

    Un des impôts les plus impopulaires au XVIIIème siècle était celui sur le sel: la gabelle. Il était d'autant plus impopulaire qu'il existait deux régimes de gabelle qui se partageaient le territoire: la petite qui payait le minimum et dont le Forez faisait partie, et la grande dont le Bourbonnais était affligé. Le sel valait approximativement cinq fois plus cher en grande gabelle qu'il ne valait en petite. La limite entre les deux zones passait dans le bourg actuel, "rue de la République", au niveau de la bascule publique. Le corps de garde et de contrôle logeait dans la maison qui porte une plaque "La Gabelle" et une date: 1721 (photo ci-dessous).

    Du haut de ses 609 mètres d'altitude, la colline du calvaire domine celle de la Madone (539 mètres) et le bourg (425 mètres). En 1931, une mission fut prêchée, et ce fut l'occasion de l'implantation de ce calvaire. Il y eut beaucoup de difficultés pour monter et installer la haute croix métallique et les trois statues: Marie, mère de Jésus, Marie Madeleine et Saint Jean. A noter que le chemin permettant d'y accéder est privé.

    La colline de la Madone est un lieu où les chrétiens se rassemblent le dimanche après le huit septembre, date à laquelle on commémore la naissance de la Vierge Marie, mère de Jésus. On y célèbre une messe autour d'une chapelle surmontée d'une statue de la Vierge. Cette chapelle est constituée par une construction en maçonnerie faite autour d'un trou censé représenter la grotte de Lourdes. Construite en 1875, cette chapelle était le témoignage de la ferveur religieuse qui fit suite aux apparitions de la Vierge à Bernadette en 1858. Elle était aussi une réaction contre les spoliations perpétrées par les révolutionnaires. Vers 1930, ce lieu était désigné par les anciens sous le vocable de chapelle Saint-Pierre. Puis vers 1960, on l'appelait Madone de Saint-Pierre ou Madone de Pétrassin.

    Sa construction fut réalisée sur un rocher nu. Le culte de la Vierge est très ancien à Arfeuilles et dans toute sa région. Une statue du XVème siècle, Notre-Dame d'Arfeuilles, est ainsi sauvée au moment de la révolution, un cordonnier l'ayant prise sous son toit. Une fois les évènements passés, elle retrouve sa place dans la vieille église. Avant 1793, un pèlerinage attire également des foules nombreuses chaque 15 août. La procession a perduré. Après la messe, la statue est sortie du lieu saint et promenée dans la paroisse. Depuis des siècles, la tradition veut que Notre-Dame protège les enfants et les malades. Le culte marial, particulièrement fervent pendant les deux guerres mondiales, explique la présence de cette statue représentant Notre-Dame de Lourdes avec sainte Bernadette à ses pieds. Elle est montée sur une butte votive en pierre avec l'inscription: "Reconnaissance à N.D. de St. Pierre - Les soldats et prisonniers de la guerre 39-45. Ave Maria, J.-B. 1979".

    Ci-dessous, vues depuis le site de la Madone de Pétrassin.

    La chapelle du cimetière, modeste édifice unique en son genre, est le lieu de sépulture des prêtres ayant desservi la paroisse d'Arfeuilles. Cette chapelle fut construite en 1871, à l'initiative de l'abbé Augustin Gonnet, neveu du chanoine Antoine Gonnet (1765-1847), curé de la commune pendant quarante-quatre ans. Né dans un hameau du diocèse de Clermont, il fut un apôtre infatigable de la région de Sainte Antheme. Arrêté en 1794, torturé, caché, puis délivré, on le retrouve à Arfeuilles en 1803. Grand prédicateur, vivant pauvrement, il s'occupait sans cesse de tous les paroissiens avec la plus grande charité. En 1826, il fonde le petit séminaire, qui deviendra par la suite école privée, et s'éteindra en 1847, après près d'un demi-siècle de services à Arfeuilles. Ses funérailles furent imposantes et solennelles. Sa réputation de sainteté demeure encore.

    Il repose  donc dans cette paroisse qu'il a tant aimée. On peut lire son épitaphe, surmonté d'une croix et d'une petite niche ayant probablement abrité un souvenir important sur le mur de gauche à l'intérieur de la chapelle. D'après une note de l'abbé Fayet de 1888, cette niche abritait les menottes et les fers datant de l'arrestation de l'abbé Gonnet en 1794.

    Les inscriptions de trois autres ecclésiastiques sont très bien conservées. Trois autres sont malheureusement illisibles. Malgré une légende populaire, aucune religieuse n'est enterrée dans la chapelle.

    La cascade de la Pisserotte se trouve sur le Barbenan. Elle est la plus importante chute située dans une descente chaotique de la rivière qui s'étend sur environ un kilomètre.

    Elle était nommée jadis "Gour du Daroc".

    Un gour, dans le langage montagnard, désigne une cascade en général, mais plus particulièrement le bassin de réception de la chute, sorte de vasque hémisphérique dans laquelle l'eau tourbillonne.


    En remontant le cours de la rivière, on trouve ensuite le "Gour Noir". Cette cascade a gardé l'aspect caractéristique des cascades de montagne avec sa chute d'environ trois mètres de haut et son gour hémisphérique d'environ trois mètres de diamètre.

    Toujours en remontant le cours de la rivière, on aperçoit le moulin du Mas, qui a cessé toute activité depuis longtemps, ainsi qu'une série de petites chutes de moindre importance jusqu'à un pont antique.