avermes: patrimoine

    voies romaines et vieux chemins

    La voie antique inclinait en direction du hameau de Chavenne, passait devant l'actuel cimetière d'Avermes et rejoignait le tracé de la Nationale 7 vers la Rigolée. Au cours des travaux de 1952, près de l'intersection de la rue Danton et de la Nationale 7, un terrassier reconnut une ancienne chaussée située sous la route moderne, et qui tendait en direction du cimetière de Moulins.

    Cette chaussée, de 3 mètres de large, était formée de pavés mesurant plus de 20 cms de côté et de 40 cms de hauteur. Elle reposait sur un lit de sable rouge, très compact, et difficile à désagréger à la pioche. ce lit avait une épaisseur de 30 cms, mais il est vraisemblable qu'il continuait plus profondément. Peut-être recouvrait-il d'autres assises?

    Ce tracé était aussi celui de la route royale. Il est encore marqué par un chemin qui passe en bordure de Chavenne. Ce lieu-dit occupe une position presque aussi forte que celle du bourg. Il constitua certainement un maillon dans la chaîne des postes fortifiés qui longeait la rive droite de l'Allier. La découverte de fondations cimentées sur divers points semble le confirmer.

    Au nord de Chavenne, sur le bord du chemin menant au lieu-dit Les Fortunes, et au-delà, furent découvertes de très grosses pierres et un béton se poursuivant sur plusieurs centaines de mètres qui indiqueraient l'emplacement de la voie Romaine. Au champ des Fortunes, furent exhumées des monnaies, des poteries, des débris de l'époque gallo-romaine, et aussi des substructions qui attestent l'existence de villas gallo-romaines.

    Avermes occupe un emplacement remarquable, couronné par une énorme motte artificielle, qui est certainement un dunum Gaulois, dont les Romains surent apprécier la valeur. L'ancienne église était édifiée sur un temple païen. Tout près, à la Rigolée, subsiste une motte presque effacée peut-être d'origine gallo-romaine.

    le château de seganges

    La façade sud-est du château de Seganges, avec sa haute toiture en ardoise, est ornementée dans le style Renaissance. A l'extrémité droite du corps de logis, un arceau de pierre marque l'emplacement d'une porte cochère, autrefois le centre d'une façade restée inachevée. La tourelle à encorbellement construite au milieu de la façade renferme une chapelle. De chaque côté de cette tourelle, deux bas-reliefs portent les initiales de François Ier et du connétable, martelées pendant la Terreur.

    Toutes les photos du château, présentées dans cet article, sont issues d'internet.

    En 1495, ce manoir reçoit la reine Anne de Bretagne qui, pendant le séjour du roi Charles VIII en Italie pour y faire la guerre, passe quinze mois chez sa belle-soeur Anne de Beaujeu à Moulins. La duchesse Anne de Bourbon fut ravie de prendre un peu de liberté avec elle. Pendant cette période, la capitale du Bourbonnais devient d'ailleurs le centre des affaires du royaume. Le seigneur de Seganges est alors Nicolas Petitdé, argentier du duc Pierre II de Bourbon, et il est possible que le duc et la duchesse aient demandé à l'un de leurs familiers d'accueillir la reine de France.

    Anne de Bretagne, veuve de Charles VIII, épousera le roi Louis XII. Elle en aura deux filles, dont l'une sera l'épouse de François d'Angoulême, futur François Ier. Le fils de Nicolas Petitdé sera arrêté lors du procès du connétable. La seigneurie passa entre différents propriétaires. Pendant la Terreur, l'un d'eux mourut à la Mal-Coiffée à Moulins. Le château fut pillé, mais pas démoli. Son histoire est symbolique de la disparition, aux XIVème et XVème siècles, des anciennes familles seigneuriales, dont les terres furent rachetées par des officiers ducaux, résidant ailleurs que sur les biens qu'ils acquéraient, pour accroître leur patrimoine foncier.

    L'édifice se compose également d'un beau pigeonnier. Ce sont les Romains qui ont apporté l'idée du pigeonnier, ou colombier, en Gaule. Très tôt, le droit de colombier est attribué aux châteaux et abbayes. Au Moyen-Age, le pigeon est un élément de richesse très important pour son propriétaire. Outre sa viande, il fournit aussi une source d'engrais.

    le château de champfeu

    Le château de Champfeu est une construction Louis XIII, possédant une grosse tour ronde à entablement pour soutenir un toit conique qui épaule le pignon nord, qui n'a probablement jamais été le chef d'une seigneurie, mais le centre d'exploitation agricole dépendant du fief de la Brosse-Cadier, situé sur la paroisse de Saint-Bonnet. C'est un bâtiment de plan rectangulaire à deux niveaux et niveau de comble, dont la façade est percée de fenêtres disposées symétriquement à la porte centrale. Le toit couvert en ardoise a reçu en décor des lucarnes à la mode Renaissance. En 1925, la propriété est achetée par le diocèse de Moulins pour y installer un séminaire. A la suppression de ce dernier, le bâtiment est acquis par un centre de formation.

    l'église notre dame de la salette

    A l'origine, à l'emplacement de l'église Notre-Dame-de la Salette, existait un temple Romain consacré à Mercure. Sur ses ruines, au XIème siècle, fut dressée une église romane. En 1795, cette dernière fut vendue comme bien national à un révolutionnaire Moulinois, qui s'empressa de la démolir et d'en vendre les matériaux que l'on retrouve en divers points de la commune. De ce monument, il ne restent que la crypte romane, l'une des cloches, et une statue représentant la tête d'un évêque.

    Son origine remonte à la guerre de 1870. Un premier lieu de culte dédié à Saint Michel avait été, comme vu plus haut, presque entièrement démoli en 1795. Monseigneur de Dreux-Brézé, devant l'avancée des troupes Prussiennes jusqu'aux limites de la Nièvre, fait voeu de remplacer le sanctuaire ancien par un nouveau si l'invasion Allemande épargne le diocèse de Moulins.

    La chapelle votive est donc édifiée grâce à la coopération d'un grand nombre de souscripteurs dans le style du XIIIème siècle. La première pierre est posée le 19 septembre 1871, et l'inauguration a lieu deux ans plus tard, jour pour jour. L'église se compose d'une nef de cinq travées de style néo-gothique, complétée par deux chapelles latérales en 1898. Inscrite à l'Inventaire des Monuments Historiques en 1938.

    Ci-dessous, en bas des marches, se trouve la Vierge au moment de son départ vers le ciel: l'assomption. Elancée, gracieuse, dominant la rivière Allier et Moulins, l'église d'Avermes a pour cadre un ravissant paysage qui lui donne son charme.

    Le sanctuaire d'Avermes retrace les trois étapes des apparitions (voir menu contes et légendes). A l'extérieur de la chapelle, se dresse la Vierge assise, la tête dans les mains, accablée (photo ci-dessous).

    Le grand escalier en pierre de 55 mètres par lequel on y accède du côté de l'Allier, et la large avenue qui le précède donne à l'édifice un caractère monumental. Au temps où le chemin des Isles qui relie Avermes et Moulins était un "rouëtton" ombragé d'ormeaux, l'église était un but pour les promeneurs Moulinois. Les pèlerins gravissaient les 53 marches (autant qu'il y a d'Ave Maria) en disant leur chapelet, parfois à genoux.

    De nos jours, la chapelle reste un but de pèlerinage, particulièrement célébré jusqu'en 1995 le dimanche, le plus près du 19 septembre. Mais, il ne se passe pas un jour sans que de discrets quidams viennent apporter à la Vierge du Rocher (photo ci-dessous), appelée aussi sainte Salette, l'hommage de leurs fleurs, de leurs cierges et surtout de leurs prières. Sur ce rocher qui n'a rien d'historique, la scène de la conversation avec Mélanie et Maximin.

    Ci-dessous, statue représentant la tête d'un évêque issue de l'ancienne église détruite en 1795 (?). Plus bas, cette statue en bois de la Vierge à l'Enfant provient de l'ancienne église vendue comme bien national en 1795, et démolie par la suite par son acquéreur.

    Si la chapelle tourne le dos à la place du village, c'est qu'elle n'est pas une église paroissiale. Au sommet, la Vierge Marie regarde et protège Moulins et le sud du département (photo ci-dessus). Le tableau ci-dessous représente la Visitation et est un don de Monsieur du Broc de Segange. Il s'agit d'une copie de la toile de Sébastiano del Piombo, qui est au musée du Louvre. La chapelle Notre-Dame de la Salette est devenue paroisse d'Avermes en 1985.

    Photos de haut en bas: vestiges de l'ancienne église Saint Michel d'Avermes dont il ne reste que le choeur, sculpture située à l'extérieur de l'édifice, l'orgue Daublaine-Callinet de 1855 environ, piéta avec en-dessous liste des habitants décédés durant les deux guerres mondiales.