avrilly: patrimoine

    l'église saint honorat

    Par une bulle d'avril 1164, le pape Alexandre III, réfugié en France, confirme l'abbaye de Saint-Martin d'Autun dans le patronage de l'église d'Avrilly. Jusqu'à la Révolution, l'abbaye possède les droits de nomination du curé et les rentes qu'il reçoit de la paroisse. Mais, le site semble être sanctifié depuis longtemps. D'après une charte du comte Eccard, une église aurait existée à Avrilly en 840. Le clocher actuel date de 1897. Pendant les guerres de la Ligue, l'église Saint-Honorat est transformée en forteresse. Desprès, commandant du château d'Arcy, l'occupe et le brûle le 15 août 1592.

    L'édifice roman primitif est occupé par les protestants au XVIème siècle. Seul subsiste l'abside de cette époque. D'architecture simple, elle est bâtie avec des pierres calcaires, typiques du Brionnais. Elle est ajourée par trois baies en plein cintre, fortement ébrasées et séparées par des contreforts à glacis. Elle est également surmontée d'une corniche et de modillons dont les pierres ont très usées (photo ci-dessus). Le reste de l'édifice est reconstruit en 1885 par Jean-Baptiste Moreau. Louis Gallay, dans une notice de la fin du XIXème siècle, indique la parfaite orientation de l'église "choeur au levant et nef au couchant".

    Le clocher est couvert par une flèche octogonale couverte d'ardoises et soutenue par une corniche à modillons (photos ci-dessus). La porte d'entrée comporte un tympan où figure une simple croix sculptée, encadrée par une double archivolte en plein cintre (photo ci-dessous). Le dernier niveau est percé, sur chacune des faces, par une double baie en plein cintre, surmontée d'un oculus, encadré par une archivolte enveloppante

    A la fin du XIXème siècle, la croisée fut prolongée latéralement par deux croisillons, donnant au plan de l'église, une forme de croix latine. Ils sont éclairés, sur leur pignon, par un triplet de trois baies, en plein cintre (photos ci-dessus). Les parties basses de l'ancien clocher arasé, se distinguent encore au sommet de la croisée.

    La nef unique, très lumineuse, est voûtée en berceau plein cintre. La voûte est soutenue par des arcs doubleaux en briques qui retombent sur des pilastres en briques (photos ci-dessus et ci-dessous).

    La nef communique avec la croisée du transept par un grand arc en plein cintre à double rouleau qui retombe sur des colonnes engagées par l'intermédiaire de chapiteaux sculptés (photos ci-dessous). L'arc roman présente un tassement inhabituel.La croisée du transept, voûtée par une coupole sur trompes, soutenait jadis le clocher. Elle communique, depuis la fin du XIXème siècle, avec deux profonds croisillons éclairés par un triplet.

    L'abside en hémicycle est construite en moellons irréguliers par sept arcades sur colonnettes. Trois fenêtres en plein cintre avec archivoltes décorées et colonnes, chapiteaux et socles existent encore sur les cinq ouvertures primitives. Les chapiteaux sont ornés de feuillage, sauf l'un d'eux, qui comporte des têtes de personnages (photos ci-dessous). L'abside est couverte par une voûte en cul-de-four.

    L'église a conservé une abondante statuaire en plâtre de style saint Sulpice (fin XIXème-début XXème), placée sur le revers de la façade. On y retrouve entre autres, saint Anne, saint Maurice, sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, saint Roch, saint Joseph.... (photo ci-dessous).

    La Vierge à l'enfant (photos ci-dessous) est en bois et date du XVIIème siècle. Elle sert d'entremise au culte marial, qui ne paraît pas majoritaire dans les églises de la région. De nombreux saints, protégeant les récoltes ou des maladies, se partagent aussi la dévotion des fidèles.

    Le tabernacle (photo ci-contre) date du XVIIème siècle, et est en bois. Il a été classé Monument Historique en 1993.

    C'est un meuble destiné à renfermer le ciboire contenant les hosties sacrées. Il symbolise par la richesse de sa décoration son rôle essentiel dans la liturgie catholique.

    Quatre personnages soutiennent une coupole représentant vraisemblablement l'univers. L'artiste exprime la maîtrise de son art dans la réalisation des petites colonnes, torsadées et cannelées.

    La table de l'autel (photo ci-dessous), dans le choeur, garde des traces d'outils de l'époque médiévale (XIIème siècle).

    A la fin du XIXème siècle, des donateurs ont financé la fabrication de plusieurs vitraux, très colorés, représentant quelques-uns des saints les plus vénérés par la piété populaire.

    le manoir de la maison blanche

    Le manoir de la maison blanche, de 1757, est souvent mentionné sous le nom de maison Blanche, et ne semble pas être le siège d'une ancienne seigneurie. Il est constitué d'un corps de logis principal, et de deux ailes en retour d'équerre, desservies chacune par une escalier extérieur. L'ensemble est à un étage, doté d'ouvertures à arc surbaissé. La pierre du Brionnais sert pour l'encadrement des ouvertures, tandis qu'un appareillage de moellon, de tuile et de brique constitue les murs de la maison. La façade bénéficie d'un avant-corps à balcon et fronton rectangulaire qui reçoit la porte d'entrée.

    La cave, de 1741, entièrement voûtée, est ventilée par trois soupiraux (photo ci-dessous). L'entrée se situe dans le cuvage des communs de la maison. Au début du XXème siècle, 400 pièces de vin blanc sont stockées, chacune contenant 200 litres, montrant l'importance du vignoble d'Avrilly. Les poutres servaient à recevoir les tonneaux. La propriété comptait 14 hectares de vigne. Une partie de la production partait sur les péniches du canal et,avant le percement de ce dernier, sur la partie navigable de la Loire.

    Le hangar (photo ci-dessous) date du XVIIIème siècle, et est construit de pierre, bois et tuile. Il servait à l'origine d'aire de battage en assurant une protection pour le travail des céréales au fléau.

    le moulin de clavegris

    Le moulin de Clavegris a été construit au XIXème siècle de pierre et de briques. Les ouvertures sont encadrées par des linteaux en bois. Il cesse de fonctionner en 1948. Il doit peut-être son origine à la seigneurie de Clavegris, dont le siège se situait sur une hauteur à proximité. La seigneurie de Clavegris est connue par un terrier du XVIIème siècle qui mentionne, au bord de la Loire, "la motte où soulait être jadis la maison forte de Clavegris". Cette motte et les substructures du château qu'elle portait ont été submergées par la Loire, lors d'une inondation qui, en cet endroit, a changé le cours du fleuve en 1856.

    Sa girouette se situait sur le toit de la maison d'habitation, et représentait un meunier grimpant à l'échelle d'accès à un moulin à vent. En plus d'indiquer la direction du vent, peu importante pour un moulin à eau, elle montrait la fierté du meunier pour sa profession. Peu de girouettes ou d'enseignes subsistent dans la région.