beaulon: patrimoine

    voies romaines et vieux chemins

    Beaulon a été concernée par la voie Romaine de Decize à Roanne par la vallée de la Besbre.

    Selon L. Fanaud, dans son ouvrage "Voies Romaines et vieux chemins", elle passait par Germancy, près de Decize, puis gagnait Saulx, Nogent, le haut vieux Gannay, La Chapelle Sainte-Radegonde près de Garnat. Puis, cette voie passait vers Garnat le long du Turail, puis par Beaulon. En effet, elle traversait le bourg pour rejoindre l'auberge de Sept-Fons en prenant par l'Hôpitaux, utilisant la seule ouverture entre les sols humides des Bessays et des Zadères.

    Il est possible également qu'une déviation passait par Beaulon, permettant de traverser la Loire en direction de Bourbon-Lancy, via "Chez le May", la "Voûte", "Martray", et "Jonnesson".

    Les nombreuses découvertes archéologiques certifient l'existence de cette voie (se référer au chapitre sur la présentation de la commune). Celles-ci appartenaient à l'Age de Bronze, tout comme le champ d'urnes découvert à Dompierre, le trésor de Marseigne à Jaligny, ou encore les haches de Lubié à Lapalisse.

    Lucien Fanaud, de nouveau, nous informe que des mottes étaient placées en bordure de chemin comme poste d'observation et de défense. Le lieu-dit "la Motte" tirerait son nom de cette période.

    Dans la même veine, les cimetières et nécropoles Gallo-Romaines étaient souvent disposés le long des routes, et étaient nommés "martroy" ou "martelé". Aussi, sur le site officiel de la commune, nous apprenons que "Martray fut une forteresse importante basée au bord du ruisseau du Montat au niveau de la ferme de "Chez le May" d'aujourd'hui".

    Rien ne confirme par contre que Beaulon était le lieu de passage pour la voie de Limoges (Augustoritum) à Autun (Augustodium), afin d'éviter la zone impraticable de Lusigny, Chevagnes et Paray-Le-Frésil. Cette voie, toujours au conditionnel, se divisait au niveau des Treffoux pour tracer une ligne droite jusqu'à l'ancienne falaise qui bordait la vallée de la Loire. De même, et toujours sans certitudes, ce chemin rejoignait la Reue, puis traversait la Noire pour prendre la direction du Martray, évitant ainsi les marécages de la Bassie.

    la vieille maison

    Sur la place du bourg se trouve une belle maison à croisillons de bois, dite "La Vieille Maison", datant de 1513. Ses colombages et croix de Saint-André s'étalent sur quatre rangées, surmontées d'une haute toiture débordante et à jet d'eau.

    la grange des mathés

    La grange des Mathés, aussi nommée "grange aux dîmes", elle avait un rôle important à l'intérieur d'une seigneurie pour le collectage des redevances. C'est un bâtiment très allongé, sans étage, avec un large toit débordant en queue de geai. Les murs sont à colombages et à écharpes.

    le château de beaulon

    Le château de Beaulon, construit au 19ème siècle, est composé d'un corps de logis rectangulaire, anglé de quatre tours rondes avec frise de fruits et fleurs. L'édifice, entouré d'un beau parc, est de style Charles X, et le fronton de la porte est lui aussi décoré.

    le château du hautmoucheron

    Le château du Hautmoucheron s'apparente plus à une gentilhommière dont le logis principal a été construit au 17ème siècle, s'organisant en cinq travées sur deux niveaux. Un avant-corps en forme de tour carrée est pris en façade et s'élève d'un étage au-dessus du logis. Des communs en pans de bois et écharpes se dressent perpendiculairement au logis pour donner une cour fermée par une grille métallique.

    l'église saint-privat

    L'église Saint-Privat est un édifice religieux datant de 1878 de type néogothique. Il fut bâti à la place de l'ancien édifice. Les pierres et cloches de ce dernier furent vendues aux enchères en 1890. Une légende raconte qu'une des cloches avait atterri dans un corps de ferme auquel elle donna son nom: la Cloche. Depuis, il y coulerait une source qui ne gèle jamais.

    Le 04 février 1631, le filleul d'Henri de Bourbon, prince de Condé, gouverneur du Bourbonnais, fut tué malheureusement d'un coup d'épée, à l'âge de vingt-cinq ans. Il est inhumé sous le maître-autel de l'église.

    La fresque derrière l'autel est une interprétation de la nuit de Noël, intitulée "Incarnation". Cette oeuvre est basée sur le livre de la sagesse, et la couleur dominante est le bleu nuit, à cause du bleu de l'Incarnation, de la nuit paisible. L'autre dominante est le blanc, qui correspond aux trois couleurs fondamentales, amis aussi à la trinité religieuse. Cette peinture est signée du peintre Denys de Solère, un habitant du village qui compte plusieurs décennies d'expositions derrière lui. Des encres, des gravures, des huiles, mais aussi des fresques monumentales qui sont exposées dans le monde entier.

    En s'approchant, le détail des panneaux se révèle, avec la Vierge, symbole de la maternité qui tient tendrement l'enfant Dieu (photo ci-dessus), puis au-dessous, le lys, symbole de la pureté virginale, et la colombe, symbole de l'Esprit Saint, auteur de l'Incarnation divine dans le sein d'une Vierge (photo ci-dessous).

    A droite, aux pieds de la Vierge, se trouve Saint-Privat, patron de l'église de Beaulon, fasciné par cette apparition (photo ci-dessous), et à gauche, trois petits enfants représentant tous les enfants du monde (photo plus bas).

    Avec le panneau de gauche, s'étale une représentation de la nuit de la Nativité, nuit de la grande rencontre du Ciel et de la terre, avec les anges et leur trompette descendant du ciel à la rencontre des bergers et des rois mages. L'archange Gabriel, le messager, brandit la banderole de l'annonce (photos ci-dessous).

    Sur le panneau de droite, on peut observer le symbole de l'humanité qui, par un chemin long et sinueux, va vers une montagne dominée par la Croix du pardon et du salut (photos ci-dessous).

    En bas sur la droite, l'archange Raphaël brandit le Livre. Sous lui, selon la tradition, on voit le portrait de trois personnages importants pour la réalisation de cette fresque: Claude, épouse du peintre, Monsieur le curé de la paroisse et Monsieur le maire de Beaulon. Sur la dernière photo, émergeant des nuées, il y a l'archange Saint Michel qui, de son long bâton, terrasse le mal.

    PERSONNALITE(S)

    Robert "Bob" MALOUBIER (1923-2015)

    Cher Monsieur,

    Saboteur pour Churchill, résistant dès les premiers heurts, père des nageurs de combat, agent secret, écrivain, la nation Française vous doit beaucoup.

    Son histoire aurait elle été la même sans des hommes tels que vous menant le combat avec force, caractère et détermination?

    Vos convictions, votre refus de vous soumettre à l'occupant font de vous un homme dont la trempe était faite d'acier comme la balle qui fut votre deuxième moitié pendant plus de soixante-dix ans.

    Une phrase résume à elle seule votre vie à la fois discrète et humble comme l'imposaient vos fonctions. Elle fut prononcée par Bernard BARJOLET, patron de la DGSE lors de votre éloge funèbre: "vous êtes à l'origine d'opérations secrètes de premier plan, et la nation ignore encore aujourd'hui ce que vos nageurs ont fait pour elle."

    Que ce modeste article biographique puisse aider votre souvenir à rester vivace pour toutes les générations.

    Vous êtes né le 02 février 1923 à Neuilly-Sur-Seine. Erudit, sportif accompli, vous refusez la défaite face à l'Allemagne en juin 1940.

    Après plusieurs essais infructueux pour rejoindre Londres, vous êtes engagé à Alger dans le Spécial Opération Exécutive, un service secret qui dépendait directement de Churchill.

    Suite à l'exécution de Darlan en décembre 1942 par votre ami Bonnier de la Chapelle, votre unité est rapatriée en Angleterre.

    S'ensuit un entrainement intensif avec exercices de parachutage, d'explosifs, d'empoisonnement, de commandos..... L'objectif, à terme, est simple: parachuter votre unité derrière les lignes Allemandes pour faire du sabotage.

    Au lendemain du débarquement, vous êtes parachuté en Normandie, puis dans le Limousin. C'est là que vous rencontrez Guinguoin, chef communiste des maquis de la région de Limoges, ville qui vous rendra hommage à votre disparition.

    La guerre touche à sa fin et, après de nombreux actes de bravoure et avoir frôlé la mort à plusieurs reprises, vous êtes décoré de la Distinguish Service Order, l'une des plus hautes distinctions Britanniques.

    Après avoir passé quelques temps en Extrême-Orient, vous prenez en mains les services secrets Français avec notamment la création d'une unité de nageurs de combat.

    Vous formerez également des réfugiés anti-communistes des pays de l'est au sabotage et au renseignement, créerez une unité d'élite chargée de la protection du Président Gabonais Léon M'BA.

    Vous étiez alors sous les ordres de FOCART, homme de main de DE GAULLE pour la "Françafrique".

    C'est au cours de cette mission que vous rencontrerez votre future épouse, originaire de L'Allier. Vous passerez alors régulièrement du temps au Hautmoucheron à Beaulon.

    Vous travaillerez ensuite pour Shell au Lagos, puis au Moyen-Orient pour Elf, ce qui sera votre dernière mission.

    A 63 ans, sonne l'heure de la retraite. Mais il est hors de question pour vous de rester inactif: "la vie, c'est l'action. La retraite, c'est la mort". D'ailleurs, vous n'avez jamais caché que les années de guerre furent les plus belles de votre vie.

    Et ce sont vos années de combattant, puis d'agent secret que vous allez coucher sur papier. Vous allez rédiger une nouvelle ligne à votre vie déjà bien remplie: celle d'écrivain.

    Les années passent et, à plus de 90 ans, à l'occasion du 70ème anniversaire du débarquement, vous êtes fait Member Of The British Empire par la reine Elisabeth II. L'Angleterre n'oublie pas ses soldats.

    Et c'est avec votre malice et humour habituels que vous recevez cette distinction: "la chose amusante dans cette affaire, c'est qu'après le père, le Roi Georges VI qui m'avait remis la DSO, j'ai été décoré plus de soixante après par sa fille!"  

    Le 20 avril 2015, vous perdez votre dernière bataille contre la mort que vous aviez défiée tant de fois, dans un hôpital Parisien à l'âge de 92 ans.

    Pour l'ensemble de votre œuvre, et même sans vous avoir connu personnellement, veuillez accepter, cher Monsieur, mes plus profonds respects et remerciements.

    Mort pour avoir bien aimé sa patrie

    Dans la commune, durant la seconde guerre mondiale, Monsieur Henri Talpin était gérant d'un café-garage prospère. Né à Beaulon, il était membre de plusieurs associations, était marié, et père de quatre enfants lorsqu'il fut arrêté.

    C'est lui, aidé par son épouse, qui organisait la résistance dans cette partie du département. Des responsables de l'Organisation civile et militaire, des officiers Anglais et Américains séjournèrent à leur domicile.

    En mars 1943, des parachutages furent décidés dans la région, et ils commencèrent dans la nuit du 19 au 30 mai 1943. A Beaulon, ce fut sur le terrain du "Perret-de-la-Voute".

    Mais le bruit des avions, le va-et-vient incessant des véhicules et des hommes ne purent être ignorés longtemps par les Allemands et leurs indicateurs. Quelques imprudences renforcèrent la méfiance de l'occupant: un enfant se vantant à l'école de manger du chocolat Anglais, ou encore fumer en public des cigarettes Anglaises elles aussi.

    Et le 13 août, Henri Talpin fut arrêté. Georges Peigue, Jean-Marie Vignol et son épouse, ainsi que Buissonnière subirent le même sort. Madame Vignol fut libérée quelques jours plus tard. Madame Talpin réussit à prendre la fuite avec son enfant le plus jeune.

    Les prisonniers furent emmener à la Mal-Coiffée à Moulins, puis à Nevers, où siégeait le tribunal du Feldkommandant qui jugeait les personnes inculpées d'actes contraires à la sécurité de l'armée Allemande.

    Henri Talpin, Georges Peigue, Jean-Marie Vignol et Marius Buissonnière furent condamnés à mort le 04 novembre, et fusillés à 07h du matin, le 17 novembre, au champ de tir de Chavigny, près de Nevers. Henri Talpin écrivit ses mots à sa femme quelques heures avant son exécution: "je vais mourir pour avoir bien aimé ma patrie."

    Les corps furent enterrés au cimetière de Nevers, et non remis aux familles, à qui il fut interdit aussi de faire dire un service religieux à leur mémoire. Il fallut attendre la libération pour que leur dépouilles soient rapatriées à Beaulon (tombe ci-dessous).

    Un monument fut élevé à la mémoire  des fusillés de Beaulon (photos ci-dessous). Il se dit encore que des armes et des munitions seraient toujours enfouies sur la commune.

    EXécution sommaire

    Etienne Combaret, domicilié à Beaulon, était négociant en grains, et son siège social se trouvait à Dompierre-Sur-Besbre. Mutilé de guerre, prisonnier de guerre, il aida au passage de la ligne de démarcation autant de personnes que de courriers.

    Accusé à tort de stocker du blé dans ses magasins pour fournir les Allemands, Monsieur Combaret décida de rencontrer ses accusateurs, soit le maquis Guy Mocquet.

    Il tomba dans un véritable traquenard, et fut arrêté. Il fut exécuté le 29 août 1944 dans les bois de Raqueniauds à Vaumas. On lui prit son portefeuille et sa montre.

    L'abnégation de son fils, qui devint maire de Jaligny, et de sa veuve, permit de réhabiliter sa mémoire, et de récupérer les biens qui lui furent dérobés.