bessay-sur-allier: patrimoine

    voies romaines et vieux chemins

    Sur tout le parcours de l'ancienne voie Romaine, fut trouvé un nombre considérable d'objets de tous les âges, et des substructions: l'ancienne chapelle de Neuglise était bâtie sur des ruines antiques. Au sud-est de Bessay, la plaine, sur une surface d'à peu près deux kilomètres carrés, était sillonnée, voilà maintenant plus d'une centaine d'années, de fossés de deux à trois mètres de largeur, rehaussés de contreforts en terre. Cet itinéraire était jalonné de nombreuses buttes d'observation et de défense, dont la plupart ont disparu.

    Bessay était important à l'époque gallo-romaine, importance attestée par "la masse de débris antiques sur lesquels il est pour ainsi dire bâti, et aussi par l'énorme motte qui porta plus tard le château des Bourbons et qui ne peut guère être.... d'origine féodale". Il semble donc admissible que cette agglomération considérable ait été desservie par une voie Romaine.

    Cette voie nouvelle, si son existence peut être confirmée un jour, passait probablement, comme le grand chemin au XVème siècle, en bordure de l'église des XIème et XIIème siècles, dédiée à saint Martin. Au Moyen-Age, un Hôtel-Dieu, qui remplaça (peut-être?) une maladrerie, s'élevait en face de l'église, au bord du grand chemin.

    Plus au sud, la voie aurait servi, dans la suite, de limite, sur près de 6 kms 200, aux paroisses de la Ferté, Saint-Gérand-de-Vaux et Bessay. Ce fait confère à la route un titre d'ancienneté. Mais, l'existence de la voie Romaine passant à Bessay n'est que présumée. Les villes gallo-romaines, généralement postérieures aux voies établies, bordent rarement ces voies, qui ont servi plus tard à délimiter les paroisses dont ces villes sont devenues les chefs-lieux.

    l'église saint martin

    L'église Saint-Martin, des XIème et XIIème siècles, dédiée à l'évêque de Tours, est l'oeuvre des moines bénédictins qui se voient confirmer la possession du prieuré de Bessay par Pascal II en 1105. Ils assument alors le service de l'église paroissiale avant qu'un prieur-curé soit établi vers la fin du XVIème siècle. L'édifice est construit dans l'enceinte du cimetière, et comporte une nef de quatre travées, des bas-côtés, un transept légèrement saillant et un chevet plat précédé d'une travée droite. Deux chapelles rectangulaires communiquent avec le transept.

    Le clocher est carré avec un faisceau de colonnettes caractéristiques du début du XIIIème siècle. Il abrite quatre cloches, dont la plus ancienne date de 1687. Une autre provient, comme le bénitier, de l'église de Neuglise. L'église a été Classée Monument Historique en 1910. Photo ci-dessous: l'ancien presbytère.

    La porte principale de l'église paroissiale est surmontée d'une archivolte de deux voussures en plein cintre. Le linteau est sculpté d'une représentation insolite de l'agneau pascal, entouré de deux loups. La composition est due à la volonté du donateur de l'oeuvre, le prince Adam Czartoryski, propriétaire du Chaugy. D'origine Polonaise, il a voulu ainsi évoquer par l'agneau la Pologne menacée par deux loups, la Prusse et la Russie.

    La nef centrale comprend des voûtes qui ont fait l'objet, à la fin de l'époque romane, d'une réfection quasi intégrale. La communication des chapelles latérales avec la travée droite s'opère par des arcs en plein cintre retombant sur des impostes garnies de rinceaux. Classée Monument Historique en 1910.

    Outre des fonds baptismaux carrés de l'époque romane, le mobilier de l'église comprend le bénitier ci-dessous, provenant de l'église de Neuglise détruite vers 1850. De dimension disproportionnée par rapport à l'intérieur de l'édifice, il est orné d'un relief très bas. Un petit personnage est distinct sur la face avant, ainsi qu'un visage  (photos ci-dessous).

    Ci-dessous, l'ancienne chaire en bois transformée en meuble de décoration avec les quatre évangélistes  sculptée sur ses quatre faces. Dernière photo de l'article, statue de Saint Martin.



    le château de chaugy

    Le château de Chaugy possède un corps de logis en briques rouges et noirs qui occupe toute la partie nord de la cour du château, et qui s'étend au nord du portail ouest.  Le château est d'époque Louis XIII, et donne sur un parc où des sources alimentent un petit lac au cristal très pur. Le bâtiment comprend d'une part un rez-de-chaussée allongé et percé de travées, d'autre part un étage à toiture de tuiles plates jalonnée de lucarnes à croupe placées dans l'alignement des fenêtres. La façade sud ne comporte qu'une porte-fenêtre. Inscrit à l'Inventaire des Monuments Historiques en 1985.

    L'ensemble de celle-ci comporte un porche central et deux pavillons attenants. Le porche, donnant accès à la cour intérieure, est pourvu d'un étage où, sur la façade figure le blason des Giraud, seigneurs de Chaugy aux XVIIème et XVIIIème siècles. Un toit d'ardoises en pavillon, surmonté d'un lanterneau, repose sur une génoise de brique. La toiture en croupe de petites tuiles plates des pavillons couvre la chapelle, et un bâtiment d'habitation. Classée Monument Historique en 1986.

    Les vestiges de douves traduisent une occupation antique du site. Etabli sur une motte féodale, le château et la seigneurie appartiennent du XIVème siècle aux environs de 1530 à la famille de Champropin avant d'être entre les mains de divers magistrats Moulinois, qui font reconstruire l'édifice au XVIIème siècle, dont seule la porterie subsiste (photo ci-dessous).

    A l'angle sud-est du mur d'enceinte en brique, se dresse un colombier (photo ci-dessous). Ce pigeonnier d'étage supporte trois niveaux de pans de bois de type croix de Saint-André, et un toit de petites tuiles plates, coiffé d'un lanterneau en ardoises couvrant l'ensemble. L'intérieur comporte une double échelle pivotante permettant d'accéder aux deux cent boulins qui le garnissent. Classé Monument Historique en 1986.

    Située à côté de la porterie, la chapelle, ci-dessous, a été restaurée par Marie Grocholska, épouse du prince Czartoryski, émigré Polonais propriétaire du domaine de Chaugy au XIXème siècle. Outre un plafond peint voûté d'ogives, l'édifice comprend, notamment au-dessus de l'autel l'inscription en Polonais "Boze Zban Polske" (Dieu sauve la Pologne), et au-dessus de la porte d'entrée, le blason des Czartoryski et leur devise: "Badz Co Badz" (Quoi qu'il en soit).

    Au XIXème siècle, on défriche, on draine, on améliore les techniques de culture et les méthodes d'élevage. Le domaine de Chaugy, dont dépendent au début du XIXème siècle dix-sept terres environnantes, n'échappe pas à la règle et, pour équiper ses nombreuses métairies, se dote de bâtiments importants comme la grange ci-dessous, afin de stocker grains et engrais et d'abriter des machines de récolte, du matériel de culture et de transformation. De vastes portes charretières permettent aux attelages d'accéder directement au rez-de-chaussée où les marchandises sont entreposées sur un plancher. Deux escaliers en bois permettent l'accès au grenier de la grange. La charpente d'origine révèle le travail des artisans locaux. La charpente de type classique est présente sur toutes les granges et étables, ainsi que sur certains autres bâtiments de ferme ou du château. Elle est particulièrement adaptée aux constructions en pans de bois. En effet, elle supprime l'entrait inférieur des fermes, c'est-à-dire des assemblages de pièces de bois, et reporte la poussée au pied des poteaux de l'ossature.

    le château de paray

    Deux tourelles carrées encadrent le corps rectangulaire du château de Paray (1625-1628). Deux pavillons marquent les angles de la cour. Les murs sont en briques bicolores vernissées, disposées en losanges. Le linteau de la porte principale porte un cartouche aux armes de la famille Béraud. L'une des cheminées est ornée de bas-reliefs représentant Cérès et Bacchus. Une autre est sculptée des armes des Béraud, et de celles des Du Rousseau. Pendant la seconde guerre mondiale, le château abrita des réfugiés qui fuyaient la zone occupée. La ligne de démarcation était située à 4 kilomètres du domaine. Classé Monument Historique en 1988.

    l'ermitage

    Le bâtiment dit de l'Ermitage du XVIIème siècle est initialement une maison d'habitation de style bourgeois. Laissé à l'abandon et servant à entreposer du grain, le bâtiment est par la suite vendu avec son domaine à la commune, qui décide d'en faire la mairie. A l'intérieur existent encore un escalier en bois et des plafonds en poutres apparentes. Au XIXème siècle, le mouvement républicain laïc voulait son autonomie face à l'église. La mairie dût donc s'équiper de sa propre cloche d'alerte. elle était logée dans le clocheton de l'édifice et a, depuis, été remplacée par une sirène. Le clocheton a été préservé pour l'esthétique du bâtiment. Le bâtiment principal est encadré par deux pigeonniers. Le rez-de-chaussée servait de remise agricole, tandis que les nichoirs étaient installés à l'étage.

    le domaine du moustier

    Du domaine du Moustier d'origine, il ne subsiste que les tourelles ouest, les murs de la cour, deux pavillons, et un porche. Le portail monumental  ci-dessous, en pierre de taille crée une ouverture dans le mur d'enceinte de brique, faisant apparaître une mosaïque rouge et noire. Les pilastres colossaux à chapiteaux sculptés sont surmontés d'un fronton à clés. Le fronton du portail en bois est également sculpté dans sa partie supérieure. Inscrit à l'Inventaire des Monuments Historiques en 1971.