l'affaire de bessay-sur-allier

    Jeudi 26 octobre 1972, 02h00 du matin. La famille Pougner dort du sommeil du juste cette nuit-là, lorsque la cour de la ferme est envahie par une automobile qui stoppe dans un crissement de pneus. Claquement de portières, éclats de voix..... personne, dans la maisonnée n'y porte attention. Une dispute dues certainement à un excès de boissons. D'ailleurs, quelques minutes plus tard,  le véhicule repart à vive allure.

    Au petit matin, Monsieur Pougnier découvre un cadavre à quelques mètres de son logis. L'altercation de cette nuit était donc plus grave que ce qu'il avait pensé. Il avertit immédiatement la gendarmerie de Neuilly-Le-Réal, qui identifie rapidement la victime: Jean D., soixante-trois ans, chauffeur de taxi à Moulins. Son portefeuille est demeuré intact, et l'arme du crime est retrouvée rapidement: un poignard de style Marocain.

    Des barrages sont mis en place, et la description du véhicule volé transmise. Il s'agit d'un véhicule ID Citroën Super blanche immatriculée "69 LF 03". Les obsèques de la victime, unanimement appréciée de tous ont lieu le mardi 31 octobre 1972 en l'église du Sacré-Coeur à Moulins. Colère et indignation sont les sentiments les plus partagés dans la foule venue lui rendre un dernier hommage.

    Le vendredi 27 octobre de cette même année, à l'entrée de l'agglomération de Bellegarde dans l'Ain, un véhicule abandonné est signalé par des gendarmes en patrouille. C'est une ID blanche immatriculée dans l'Allier. Après recoupements avec les avis de recherche en cours, ils repartent pour une visite en règle des hôtels, cafés et restaurants de la ville.

    Dans l'un d'eux, le serveur signale le passage d'un jeune homme reparti à pied après avoir pris un petit-déjeuner. Son visage était marqué de griffures et d'ecchymoses. Les gendarmes poussent jusqu'à la gare. Bien leur en a pris! Dans le hall d'attente, ils repèrent celui dont le signalement physique et vestimentaire colle parfaitement avec les renseignements pris quelques minutes plus tôt.

    Conduit dans les locaux de la gendarmerie, l'homme est trouvé porteur du trousseau de clés de l'ID immatriculée "69 LF 03", et d'un billet de train pour Annecy. C'est un militaire du nom de Michel M., âgé de vingt-deux ans, né à Montbeugny, près de Moulins. Sergent au 1er régiment de marche du Tchad, il est en situation d'absence irrégulière à son unité.

    Le lendemain, sur commission rogatoire et nantis d'un mandat d'amener, les gendarmes Moulinois viennent récupérer le suspect.  Au terme d'un interrogatoire de plusieurs heures, Michel M. se voit notifier l'inculpation de meurtre et de vols avant incarcération à la Mal-Coiffée à Moulins. Mais, le 22 octobre 1973, Michel M. revient sur ses aveux, et met en cause deux autres personnes: Jeannot et Marco. L'enquête reprend, mais n'aboutira à rien.

    Le 28 janvier 1975, le procès débute. Michel M. décide de plaider non coupable, et reste sur sa position qui est de déclarer responsable du meurtre du chauffeur de taxi les fameux Jeannot et Marco, dont l'existence n'a pu, jusqu'alors, être prouvé. Les témoins défilent,  les témoignages fluctuent, les parties s'invectivent.

    Michel M. a t'il agi seul ou non. Jeannot et Marco n'ont jamais pu être retrouvé et identifié. Personnages réels ou fantômes créés par l'accusé? Quoiqu'il en soit, Michel M. fut reconnu coupable de meurtre et de vols, et fut condamné à dix-huit ans de réclusion.

    bessay-sur-allier en noir et blanc

    Château de Neuglise
    Le Petit Robinat

    quelques vues pendant votre randonnée