chapeau: patrimoine

    le château de la cour

    Le château de la Cour actuel remplace une ancienne forteresse médiévale. Situé sur un site inscrit à l'inventaire des Sites, l'édifice se compose d'un corps de logis et de communs entourant une grande cour, dans laquelle on entre en passant sous un pavillon carré auquel est accolée une seconde tour, plus petite, contenant l'escalier.

    Les angles de la cour conservent des tours circulaires à l'ouest. Le bâtiment principal fut construit à la fin du XVème siècle, remanié au siècle suivant. Il comporte un corps de logis rectangulaire à deux niveaux, flanqué de quatre tours, dont l'une d'elles, carrée, contient l'escalier. La richesse de l'ensemble tient aux matériaux utilisés (brique polychrome à appareil losangé), et aux volumes (hautes toitures animées de cheminées, de clochetons et de girouettes).

    la gentilhommière des chevennes

    La gentilhommière des Chevennes était autrefois située sur la commune de Thiel-sur-Acolin. Elle occupe un site primitivement aménagé en motte entourée de fossés encore visibles. Elle est précédée par une porterie composée de deux pavillons carrés reliés entre eux par une porte cochère en plein cintre. Le tout est construit en briques appareillées en motifs losangés simplifiés (un seul de briques brunes et absence de décor central).

    la gentilhommière des pères étiennes

    Au lieu-dit des "Pères Etiennes" s'élevait le siège du fief de la Motte-Champlouer. Seul subsiste un haut logis massé rectangulaire, percé d'une porte à jambages moulurés, peut-être du XVème siècle. Cette gentilhommière, cachée par de nombreux arbres,  est un bâtiment relativement modeste à deux niveaux et à combles élevés, couverts d'un toit en pavillon, et éclairés de deux lucarnes dans le style du XVème siècle.

    l'église saint-barthelemy et saint-genest

    L'église SAINT-BARTHELEMY ET SAINT-GENES est un édifice roman composé d'une nef s'achevant à l'est par une travée plus étroite, flanquée de chapelles postérieures. Son portail, aux multiples voussures et au tympan trilobé, est attribué aux bénédictins de Saint-Pourçain. Classée Monument Historique en 1974.

    La paroisse de Chapeau, peut-être antérieure au XIIème siècle, comme en témoigne la bulle de Pascal II datée du 25 avril 1105, appartenait à l'origine à l'ancien diocèse de Clermont, et relevait alors de l'abbaye de Tournus. Le 18 septembre 1702, le curé du village institue, à la demande de ses paroissiens, la confrérie de Saint-Sacrement, exigeant pour cela la soumission aux statuts diocésains, et la remise chaque année des comptes par les confrères.

    L'église abrite cinq autels distincts. Celui présenté ci-dessous, non accessible au public, est le plus ancien. L'absence de sculpture révèle un souci de sobriété, lié à l'importance liturgique de cet élément. Un autre est consacré à Notre-Dame de La Salette. Il commémore l'apparition présumée de la Vierge à deux jeunes bergers en 1846. Il est le témoin du développement important de ce culte, bien au-delà des frontières du département.





    Le vitrail de saint Pierre (photo ci-dessus) a été  ajouté bien après la construction de l'édifice. Il représente donc saint Pierre, identifiable à ses attributs traditionnels: les deux clés du royaume de Dieu, dont il est le dépositaire, celle du ciel et celle de la terre.

    Du même style que l'autel de la Vierge, les fonts baptismaux ci-contre reposent sur une colonne à chapiteau sculpté. Autrefois, un escalier, qui a probablement remplacé un escalier-échelle en bois,  donnait accès au clocher qui comprend trois cloches fondues au XIXème siècle. La plus grosse pèse environ 600 kgs, et la plus petite 400.

    Fermés dans une pièce, inaccessible et à l'écart du grand public, l'église comprend quelques joyaux, dont la Vierge à l'enfant, en plâtre polychrome du XIXème siècle, iconographie développée depuis le XIIIème siècle en occident.  Dans cette oeuvre, elle reçoit, sous des traits de composition classique, un traitement original par la posture donnée à l'Enfant Jésus, tenant l'orbe, mais présenté dans une attitude d'enseignement, et dont le regard se détache de sa mère. L'identité d'un saint reste inconnue. Le seul attribut apparent dans la composition est la palme du martyre, ce qui semble désigner un saint des premiers siècles de chrétienté. Il s'agit peut-être de saint Genès ou Genest, patron de l'église avec saint Barthélemy et martyr Romain du début du IVème siècle.

    Barthélemy est un martyr et le patron de la paroisse de Chapeau. On lui attribue l'évangélisation de l'Arménie et de la Mésopotamie. Ecorché vif puis crucifié au cours de son apostolat en Arménie, il est ici représenté avec un couteau. Il est également le patron des bouchers et des tanneurs, et plus généralement des métiers en rapport avec le traitement des peaux et du cuir. Ci-dessus, il apparaît également sur l'un des rares vitraux de l'église. La représentation du Christ enfant est peu commune. Il est présenté debout, tenant dans ses mains un livre sur lequel est inscrit: "si vous m'aimez, imitez moi". Cette invitation est renforcée par l'attitude sérieuse de l'enfant, dont le bras levé attire l'attention du fidèle sur l'enseignement à suivre.