chassenard

    Superficie de 2512 ha - Altitude de 222 à 281 mètres - 961 habitants

    De nombreuses découvertes préhistoriques de l'âge de bronze et surtout Gallo-Romaine furent mises à jour sur la commune. Par exemple, au lieu-dit de Cée (Sedellus), ancienne paroisse, un imposant site Gallo-Romain fut trouvé.

    L'église de l'ancienne paroisse de Cée, détruite, était placée sous le vocable de Saint-Denis. Il n'en reste que la cure construite à l'initiative du curé. A la fin du XIXème siècle, subsistent encore plusieurs cheminées en rocaille à l'intérieur. L'ancien cimetière et l'emplacement de l'église se trouvent à proximité, sur un promontoire aux trois côtés abruptes, occupé de tout temps par l'homme.

    Autre découverte remarquable, vers 1890, au lieu-dit "le champ de Chavannes", la sépulture d'un chef Gaulois dite de la "tête de fer". Cette dernière comprenait un masque de fer, une cotte de mailles, des coins à frapper les monnaies sous Auguste, une soucoupe de bronze contenant les cendres de l'incinération, un beau vase du même alliage et deux deniers d'Auguste. Le tout était enfermé dans un grand vase formé d'une feuille de bronze rivée.

    Au même endroit, furent retrouvées une grande quantité de poteries romaines et 72 perles de verre irisé, qui devaient provenir d'une autre sépulture Gallo-Romaine dont on a mis à jour les débris en bordure du canal latéral de la Loire.

    Le lieu-dit Beugney était le chef-lieu d'un commanderie de Saint-Jean de Jérusalem dont dépendaient, entre autres, les membres d'Avrilly, de Coulanges, de Pontenas, de Bardon, de Trévol.....

    D'après les auteurs de "A la découverte du Bourbonnais", page 50, il subsisterait en ce lieu un mur percé d'une fenêtre cintrée, la base d'une colonne, une niche à voûte trilobée (XIIè-XIIIè siècle). Avec son château, ils couvraient avec les dépendances un vaste quadrilatère protégé par une grande palissade avec pont-levis et double fossés.

    Le hameau de Cée est porté par un mamelon facilement accessible par la route à l'ouest, et forme à l'est une falaise abrupte, dominant le cours de la Loire qu'il côtoyait jadis. C'est un beau point d'observation sur lequel s'élevait un camp Romain permanent qui surveillait toute la région. D'ailleurs, en ce lieu, une nécropole fut mise à jour: vases de terre blanche remplis de cendres et d'ossements calcinés, lacrymatoires, meules, enduits rouges de murs, carrelages à rosaces, objets de bronze, médailles de la colonie de Nîmes, de Trajan, d'Hadrien, d'Antonin le Pieux. Au lieu-dit Laugère s'élève une tour carrée du XVIIème siècle (photo ci-dessous), et la commune possède également une maison éclusière du XIXème siècle.

    Chassenard subit par la suite, en 1745, une épizootie générale comme le rapporte le curé Claude-Frédéric Baudoin (1734-159), et dût faire face également à une forte crue de la Loire en 1914 dont la côte fut mesurée jusqu'à 5 mètres.

    La commune eut la particularité d'avoir deux fêtes de village par an, dont une l'après-midi de Noël qui fut très importante dans les années 50. Puis, les multiples bagarres, l'évolution de notre société et les changements de mentalité ont fait disparaître ces festivités.

    Le grand bassin (photos ci-dessous) date du XIXème siècle, et est situé à la jonction de trois canaux: canal du centre, canal latéral à la Loire, et canal de Roanne à Digoin. Sa profondeur est supérieure aux canaux. En effet, il sert à la rotation des péniches pour changer de direction.



    Le déversoir latéral (photo ci-dessous) date du XIXème siècle et est en pierre. Son système à trois vannelles, munies de crémaillères, permet de vider un bief. L'ouverture se fait progressivement par une seule vannelle. L'eau s'évacue en direction de la Loire à quelques centaines de mètres, par un ruisseau.

    Cette partie constitue un bief très important, et ne se vide que partiellement, ce qui permet toutefois d'effectuer des réparations en cas de besoin. Le déversoir se compose de vannelles en fer boulonné, d'une voûte en pierre taillée, et d'un escalier permettant de descendre dans le canal. L'étanchéité est assurée par des poutrelles de chêne appelées batardeaux.

    La maison des gardes (photo ci-dessous) date du XIXème siècle. Un escalier central en pierre dessert deux pièces au rez-de-chaussée, et deux pièces à l'étage, chacune munie d'une cheminée. Les ouvertures ont un encadrement en pierre, celles du grenier sont en briques. En 1871, les gardes dressaient différents constats, suivis de poursuites envers de nombreux riverains qui puisaient inconsidérément l'eau, ce qui entraînaient des difficultés de navigation par temps de sécheresse.

    Cette maison éclusière ci-dessous, du XIXème siècle, est un bâtiment typique qui accompagne les écluses, et fait partie des premières construites. Elle ne possédait à l'origine qu'une seule cheminée, et une pièce centrale avec cuisine au fond, faisait office de bureau pour l'éclusier. Deux chambres composaient le logement, avec une soupente pour le foin, les perches....... Vers 1920, une pièce supplémentaire est construite pour servir de bureau à l'éclusier. L'ensemble ,était complété par un jardin potager, avec des appentis pour les lapins et volailles, une cave, et un puits à rouleau.

    Tout près de la maison éclusière, un déversoir sert à canaliser le trop plein du bief en amont vers celui en aval. Les portes sous les passerelles se composent de fer boulonné ou riveté, et de poutres de chêne pour assurer l'étanchéité aux jonctions. Lorsque la péniche se trouve au fond du sas, des échelles permettent aux mariniers de remonter au niveau du sol. Un treuil mécanique, à chaque extrémité, et de chaque côté, favorise l'ouverture ou la fermeture des portes pour l'accès, ou la sortie vers la péniche.

    Un tambour à vannes papillons remplit le sas, et quatre vannelles sur les portes en aval assurent sa vidange. Deux bollards d'amarrage de chaque côté stabilisent les péniches. Il reste à cette écluse une poulie servant, lors de la traction, par les animaux ou les hommes, de la péniche à l'intérieur du sas.