Châtelperron: patrimoine

    le château de chassimpierre

    Difficilement visible de l'extérieur, la faute à une abondante végétation, le château de Chassimpierre, ci-dessus et ci-contre, est "une maison de plaisance construite au 18ème siècle et rehaussée d'un étage sous la Restauration. Le corps du logis de plan rectangulaire, coiffé d'un toit d'ardoise, est flanqué sur la façade d'une tour polygonale hors-œuvre en grès rouge de Liernolles (R. Germain, châteaux en Bourbonnais, page 526 et 527)." Il possède en son sein un parc.

    Une chapelle du XIXème siècle, en pierre blanche, attenante au château, date probablement des restaurations du reste de l'édifice. Des messes y sont célébrées sporadiquement jusqu'en 1951.

    Un très vieux chemin, lié probablement au tracé de la voie d'Autun, passait à Chassimpierre et se dirigeait vers Saint-Léon par le Nord de Châtelperron où dût exister un poste fortifié (J. Corrocher et H. Dussourd - A la découverte du Bourbonnais - page 52).

    le château de chatelperron

    Le château de Châtelperron est une propriété privée, non visitable, construite sur une motte naturelle au 12ème siècle. Il fut entièrement refait au 15ème siècle. Cet édifice a été inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques le 09 décembre 1929. Bâti sur une motte féodale, cet édifice domine la vallée. Initialement en bois, il a gardé son côté primitif avec des tours en pierre de différentes tailles. La maréchale de Lapalisse, Marie de Melun, y décède en 1453. Son cœur serait enterré dans la collégiale de Moulins.

    Ce bâtiment, présent dans la cour intérieure, présente des fenêtres à meneaux (photo ci-dessus). Les larges ouvertures Renaissance, percées dans la façade gothique du château, témoignent des réparations faites au manoir pour la Maréchale de La Palice. La table des morts et croix (photo ci-dessous) sont en pierre et datent du XVIème siècle. La table servait autrefois d'appui aux cercueils avant l'entrée dans l'église. Le prêtre bénissait alors le corps. La croix placée au-dessus présente le Christ sur une face, et la Vierge sur le revers.

    Situé dans la cour du château, un puits (photo ci-dessous), profond de 30 mètres, permettait de minimiser les transports d'eau. Datant du XVIème siècle, sans couverture, d'un diamètre important, il présente une margelle débordante moulurée. C'est sur cette dernière qu'était installé autrefois le dispositif de levage, aujourd'hui disparu. Une fougère très rare a été découverte par des herboristes dans ce puits.

    Des fenêtres à meneaux furent rajoutées sur la façade intérieure vers 1530, ainsi que la peinture qui orne le linteau de la cheminée du premier étage décorée aux armes des Chabanne, constituées par un lion d'hermine sur fond rouge. Elle ornait la chambre de la maréchale de La Palice au premier étage du château. Nous pouvons apercevoir également un logis à pans de bois, ainsi que deux tours dont l'une est tronquée et talutée, et l'autre à clocheton. 

    l'église saint-pierre

    Bâtie au à l'origine au 12ème siècle, l'église Saint-Pierre fut reconstruite au 17ème siècle. Englobée dans l'ancienne enceinte du château, elle appartenait à sa première construction.Son portail, classé au titre des monuments historiques en 1933, est sur colonnettes à chapiteaux de rinceaux et à linteau en bâtière de type Auvergnat.

    Il est orné d'un tympan en bâtière de grès fin rouge, représentant en bas relief l'Agneau Pascal, entouré de motifs végétaux posé sur une croix pattée, symbole des Templiers. Nous pouvons dès lors penser que les premiers seigneurs appartenaient à cet ordre ou le château était l'un de leurs établissements. Le fronton est soutenu par six colonnes dont cinq ont été remplacées dans la deuxième partie du 20ème siècle par des colonnes de grès rose. Le reste de ce bâtiment fut inscrit aux monuments historiques en 1986.

    J. Corrocher et H. Dussourd nous décrivent l'intérieur de ce beau monument dans leur ouvrage "A la découverte du Bourbonnais" à la page 52: une nef unique dont les arcades sont à plein-cintre, une abside en hémicycle, et des dalles funéraires datant du 18ème siècle.

    Un mur latéral droit est décoré d'arcades appliquées, et deux chapelles, de chaque côté du chœur, forment un transept saillant de taille réduite. Celle de gauche fut entièrement reconstruite au 19ème siècle.

    L'église possède également trois autels, dont le maître-autel est en marbre du pays, de même que le bénitier à vaste cuve ovale, daté de 1771. De chaque côté du maître-autel se trouvent deux peintures murales, mais en trompe l'oeil, qui donnent l'illusion d'un relief. Sainte Catherine d'Alexandrie est représentée en vierge et martyre.

    Autre peinture murale, un blason du XVIIème siècle, avec couronne et croix, est aux armes du marquis Charry des Gouttes, seigneur de Châtelperron en 1658. Sa présence relève peut-être d'un rite funéraire car, lorsqu'un seigneur mourait, une bande noire, portant ses armes, était peinte.

    la grotte des fées, site préhistorique

    La grotte des fées est classée monument historique. Ce site préhistorique où vécut l'homme de Neandertal (35000 à 3000 av. JC) fut découvert lors de la construction de la voie de chemin de fer, vers 1850, reliant les mines entre Bert et Dompierre.

    Il fut mis à jour des milliers de silex taillés, de défenses de mammouths, des lames à dos en silex (appelées également couteaux de Châtelperron), des burins, des grattoirs, et des perçoirs. Les résultats de ces fouilles ont alimenté la discussion sur la cohabitation ou non entre les hommes anatomiquement modernes et les Néandertaliens.

    La plus grande partie de ces vestiges sont exposés au British Museum et au musée de Philadelphie.Quelques pièces se trouvent encore au musée de Moulins, ainsi qu'au musée d'archéologie national de Saint-Germain-En-Laye.

    la maison forte des escures

    La maison forte des Escures est un site médiéval qui a aujourd'hui presque entièrement disparu. Il subsiste une motte fossoyée occupée par les vestiges d'une chapelle gothique à chevet plat, le tracé d'anciennes courtines, et un logis en partie du 16ème siècle. Notons également la présence d'une pierre héraldique sculptée de trois écus aux armes des Bourbons dont celui du connétable, entouré de deux autres blasons inconnus et celui des Escures. Encore ornée de chardons et du motif de la ceinture d'espérance, cette pierre pourrait être un cadeau de Charles III à l'un de ses proches officiers. Autre hypothèse, cette pierre serait décorée des armes de Jean 1er de Bourbon et Jean II de Bourbon. Ce lieu aurait été le pied à terre de Jean II Le Bon.