Dompierre-sur-Besbre: patrimoine

    voies romaines et vieux chemins

    De Thiel à Digoin, le tracé de la voie Romaine de Bourges à Autun devait peu s'écarter de celui des routes actuelles, mais ses vestiges ont disparu. Elle gagnait Dompierre par le sud des Berlus, la Chapelle, les Communes, et la Croix-de-l'Artichaud.

    Dans le bourg, elle se dirigeait vers le cimetière par l'ancien chemin du Bourbonnais qui limitait autrefois la province de l'enclave Nivernaise de Dompierre.

    Puis, traversant la Besbre, elle devait continuer par les Thomassots, suivant l'ancien chemin de Dompierre à Diou. Ce dernier, porté au cadastre de 1843, très large par places, était flanqué au nord par la motte du Crot ou motte le Chastellier (Il est dit que César y éleva un poste d'observation). Après avoir coupé la route nationale, elle atteignait Diou.

    Le champ d'urnes, appartenant à l'âge de bronze, découvert à trois kilomètres du bourg semble attester de l'existence d'une voie Romaine de Decize à Roanne par la vallée de la Besbre. A Dompierre, elle serait passée par la Motte et la rue de Pieuze. Les innombrables vestiges Gallo-Romains mis à jour à ses abords donnent à penser qu'elle a succédé à un chemin protohistorique.

    C'est au cours  des années 1884-1885, lors de l'exploitation d'une sablière par la compagnie des chemins de fer, que les découvertes les plus importantes furent faites. Cette sablière était située, venant de Dompierre, à droite de la route reliant cette commune à Beaulon, et immédiatement après le passage à niveau de la voie ferrée Moulins-Chagny. Une dépression, qui s'étendait sur plusieurs centaines  de mètres, en face du château de la Bergerie, et jusqu'à l'ancienne auberge de Sept-Fons, en marquait l'emplacement.

    Il est donc possible que la nécropole découverte était située à mi-chemin entre la voie ferrée et l'auberge de Sept-Fons, et il est également possible que ce champ d'urnes ne soit pas totalement épuisé, s'étendant peut-être aussi à l'ouest de la route de Dompierre à Beaulon, côté château de la Bergerie. 

    Pour connaître leurs descriptions, reprenons les termes de Monsieur Esmonnot: "leur extérieur est généralement poli, mais certaines ne le sont qu'à la partie supérieure alors que la partie inférieure, brute, laisse apparaître la trace des doigts de l'artisan. Elles sont faites de terre grise, avec couverte noire ou brune, qui peut avoir été obtenue par fumigation".

    "Elles sont formées de deux troncs de cône superposés, le tronc inférieur étant beaucoup plus haut que le tronc supérieur, sont terminés par un col cylindrique un peu évasé à l'ouverture. La carène est décorée de godrons ou cannelures, qui semblent avoir été faits à la baguette, de torsades peu profondes ou de cercles concentriques dessinés en creux".

    "Plusieurs étaient munies de leur couvercle, de forme conique assez aplatie et terminé par un appendice de préhension en forme de cône renversé. La fabrication des couvercles est plus soignée que celle des vases, la terre est mieux travaillée et lissée, avec plus de soin. Sur certains, on remarque une moulure intérieure assez irrégulière. Quelques-uns présentent des dessins composés de plusieurs rangées de chevrons faisant triangles, s'appuyant sur des lignes concentriques. Ces dessins sont assez finement exécutés et gravés à la pointe avant cuisson."

    La nécropole de Dompierre se rattache aux "champs d'urnes", tombes plates où les incinérations l'emportent en nombre sur les inhumations. Elle rappelle les champs d'urnes de l'Allemagne du sud et, comme eux, semblent marquer l'influence de la civilisation Lusacienne, située aux confins de la Bohême et du Brandebourg.

    Cette dernière semble avoir été le centre de diffusion d'une civilisation ayant de nouveaux concepts religieux et de nouvelles techniques. Elle s'étendit vers l'ouest jusqu'à Dompierre, pour gagner ensuite le reste de l'Allier.

    Ce champ d'urnes présente un intérêt archéologique de tout premier ordre, et souligne l'influence de la civilisation du nord-est, influence qui ne cessera de s'accentuer à l'âge de fer.

    la locaterie

    Que Monsieur François COLCOMBET soit ici remercié pour son accueil, son aide précieuse et sa disponibilité.

    La Locaterie (photo prise avec l'aimable autorisation de Mr Colcombet), en bois et torchis à la particularité d'être construite en pierre rare. Elle date du XVIIème siècle, et l'armature en bois est supportée par des murets en pierre de Diou. Sur la façade, les pièces de bois sont disposées symétriquement de part et d'autre de la porte d'entrée. Les interstices de cette structure de bois sont comblés par du torchis. Sous le toit, au-dessus de l'entrée, on voit une lucarne à la capucine qui permet l'accès au grenier. Cette demeure est inscrite à l'Inventaire des Monuments historiques depuis 1990.

    le château de la bergerie

    Le château de la Bergerie a été construit au XIXème siècle, remplaçant un ancien domaine dépendant de l'Abbaye de Sept-Fons. C'est un logis rectangulaire, protégé par une belle grille d'entrée datant de fin XIXème, avec deux tours rondes d'angles, et deux tours carrées aux autres angles. Les murs sont recouverts d'un enduit gris sur lequel se détachent le harpage des ouvertures et des angles, ainsi que la corniche en pierre blanche.     

    le château de chambonnet

    Le château de Chambonnet est le dernier vestige d'un fief du même nom. Il est jouxté par un gros donjon circulaire flanqué lui-même par une tourelle. Fait de briques assez minces, il servait d'habitation, et était desservi par un escalier en vis logé dans sa tourelle, accolée à la tour principale. Comporte quatre niveaux couronnés par des toitures en poivrière.

    Le dernier étage de la grosse tour est occupé par une galerie ouverte sur l'extérieur, formée de simples piliers de briques. Chaque niveau est occupé par une pièce circulaire, et au premier étage, sont visibles des vestiges de peintures murales avec des vers latins concernant les dieux de la mythologie, transcrits au-dessus de scènes difficilement lisibles. Un souterrain fut découvert et, traversant la Besbre, il reliait Chambonnet aux châteaux de Beauvoir et Thoury.

    le château de la croix

    Le château de la croix, actuellement la Mairie de la commune est une maison bourgeoise construite en 1879. C'est un long bâtiment rectangulaire, à rez-de-chaussée surélevé, éclairé de larges fenêtres. Deux pavillons carrés, en légère saillie, sont accolés aux angles de la façade.

    la grange aux dîmes

    La grange aux dîmes est une maison seigneuriale du XVIIème,  où l'on recevait les redevances des paysans de la seigneurie. C'est un logis à pans de bois sur deux niveaux avec motifs en croix de Saint-André et large toiture débordante.

    le château de maupertuis

    Le château de Maupertuis est une ancienne seigneurie du XVIIème siècle. Il subsiste une motte féodale de trente mètres de diamètre environ, entourée d'un large fossé. Le lieu est occupée de nos jours par un ensemble de bâtiments dont une belle maison Bourbonnaise, où l'on peut apercevoir une chapelle en briques et de style néo-roman du XVIIème siècle. De forme circulaire, elle est percée de deux fenêtres en plein cintre hautes et étroites. Le toit conique et couvert de tuiles Bourbonnaises est surmonté d'un clocheton où domine une croix.

    le domaine de la tour

    Le domaine de la Tour (photos prises avec l'aimable autorisation de Mr Colcombet) était un pavillon de chasse primitif du XVIIIème siècle d'où il ne reste plus qu'une cheminée qui date, elle, du XVème siècle. Celle-ci provient du château de Chézelles, disparu au XVIème siècle.Elle est ornée:

    -des armes de Jehan de Chabannes avec comme tenants, deux lévriers colletés et affrontés,

    -le blason de Claude Le Viste, son épouse, à la bande chargée de trois croissants, et comme soutien, deux anges. L'ensemble est orné de lambrequins.

    la grange de la tour

    La grange de la Tour (photo prise avec l'aimable autorisation de Mr Colcombet), date du XIXème siècle et est conçue pour permettre une ventilation optimale du foin. Ce mode de ventilation permettait d'obtenir une température constante et évitait les incendies. Plus bas, l'ancien domaine de la Tour.

    l'église saint-joseph

    L'église Saint-Joseph a remplacé l'ancienne église Saint-Gildard-de-Bourbon-Coutard jugée trop vétuste et détruite en 1872. Le maître-autel actuel en pierre a été sculpté sur place et les stalles en bois du XVIIIème siècle viennent de l'Abbaye de Sept-Fons.

    Le clocher, érigé en 1872, possède trois cloches dont la plus petite provient de l'ancienne église. Les vitraux furent posés en 1871 par un maître-verrier de Tours, et ceux de la nef ont été refaits en 1999 et protégés par des grilles.




    personnalité

    Jean-Charles Willoquet (1944-1990)

    Originaire de Dompierre-sur-Besbre, il fit ses premiers coups dans la Nièvre et dans l'Allier, avant de se lancer dans le grand banditisme. Il croisa Jacques Mesrine et partagea même un temps son "titre" d'ennemi public numéro 1.

    Très jeune déjà, il obtint en 1963 son brevet professionnel de coiffure en trichant à une épreuve écrite.

    Début 1975, à la maison d'arrêt de la Santé, il fait connaissance de Jacques Mesrine avec qui il organise son évasion qui finalement n'aura pas lieu. Une fois dehors, il ne s'occupera plus du "Grand Jacques" pour qui la déception fut grande.

    En juillet 1975, alors qu'il est jugé pour l'une de ses nombreuses affaires de vol, sa compagne d'alors se déguise en avocate et parvient à lui faire passer une arme, tout en brandissant une grenade dégoupillée. Dans la confusion générale, Willoquet attrape le président et le procureur, les menotte et les prend en otage. Il parvient à s'échapper au terme du fusillade qui fera plusieurs blessés. Les deux magistrats seront retrouvés quelques heures plus tard saints et saufs. Cette évasion spectaculaire va valoir à Willoquet le statut d'ennemi public numéro 1. Le 09 décembre 1990, à Alençon, il est abattu par les policiers lors d'un braquage raté chez un couple d'antiquaires.