le tacot entre Dompierre et lapalisse

    L'histoire qui va vous être contée ci-dessous n'est pas une légende, mais bien la stricte vérité. Il s'agit de la voie du tacot entre Dompierre et Lapalisse, et qui fut une erreur autant financière que politique.

    Réclamée depuis longtemps, puis par une pétition en 1886, la ligne entre Dompierre et Lapalisse est finalement concédée le 22 octobre 1887 à la Société des Mines de Bert.

    L'ouverture de la ligne a lieu le 26 octobre 1893 mais, fortement endettée, la Société du Chemin de fer de Dompierre à Lapalisse, qui est une filiale des Mines de Bert, est mise en liquidation judiciaire en 1894.

    Etendu sur 270 kms, ce réseau s'avéra coûteux, notamment par ses infrastructures. En effet, les gares étaient équipées de bâtiment-voyageurs avec logement et halle aux marchandises couverte. Le tracé était entièrement sur plate-forme indépendante. Il existait même des maisons de garde-barrière en raison de son classement d'intérêt général!

    De même, les zones traversées étaient essentiellement rurales, et les itinéraires étaient à l'écart des grands centres déjà desservis, n'attirant au final que peu de trafic.

    Dès lors, ce fut une affaire politique. Monsieur Challeton, représentant du canton d'Escurolles et chef du mouvement boulangiste dénonça le gaspillage des budgets départementaux, et accusa les parlementaires d'avoir touché des pots-de-vin.

    Il faut dire que le mouvement boulangiste était plutôt vindicatif, et réunissait sous le nom du général Boulanger un grand nombre d'opposants au régime de 1886 à 1890. Ce "syndic de tous les mécontents" pris fin avec la mort de son mentor, qui se suicida sur la tombe de sa maîtresse en 1891.

    Ne relâchant pas son agressivité, Monsieur Challeton s'en prend à Monsieur Emile Level (directeur de la SE), le 22 août 1890, en l'accusant d'être un "vil personnage et un voleur".

    L'affaire se termine l'après-midi par un duel en forêt de Moladier. Monsieur Level tira en l'air, mais pas Monsieur Challeton, qui visa son adversaire, mais le manqua.

    Aussi, après multiples remous politiques, les élections de 1898 mirent au pouvoir une majorité radicale-socialiste, et de nouvelles lignes furent mises à l'étude.

    Néanmoins, selon les partis, les chemins de fer départementaux étaient plus ou moins bien considérés. Si vous étiez de droite, c'était "la brouette économique", allusion à sa lenteur. A gauche, on soulignait l'invraisemblance de certaines évaluations et on pointait du doigt que le déficit se fasse aux frais du contribuable.

    En avril 1899, la mise en place d'un second réseau faisait son chemin, mais sans véritable fondation, en raison de l'opposition de personnalités influentes de la majorité.

    Toujours en 1899, la SE racheta la ligne Dompierre-Lapalisse, suite à la mise en liquidation du premier exploitant.

    Par la suite, la gare de Dompierre-Sept-Fons disposa d'installations de transbordement avec la voie métrique plus spécialement adaptées au transit du charbon en provenance des mines de Bert.

    Les wagons arrivaient sur une estacade où un dispositif de palans suspendus à un portique permettait le basculement du chargement. Il existait également une petite remise à machine et un pont-tournant.