droiturier: patrimoine

    voies romaines et vieux chemins

    Le tracé de la voie principale ne passait pas par la route actuelle qui atteint Drouturier par le pont de la Vallée, mais suivait un chemin aujourd'hui détruit, qui figure encore sur la carte d'Etat-major. Elle descendait sur la vallée profonde du Balavan, ou ruisseau des Andais, qu'elle passait sur le très ancien pont de la Vieille-Vallée, appelé aussi le "pont Romain". Sur le chemin venant de Sans-Chagrin, on a reconnu autrefois des parties dont l'origine Romaine, semble t'il, était discutable. Au delà du pont, abandonné depuis longtemps par la circulation, la route continuait en direction du domaine de la Maison-Neuve.

    Le modeste chemin qui existe encore traverse le bois, puis des terres cultivées. Les chariots qui l'empruntaient voici encore quelques années n'y ont creusé que de peu profondes ornières. Des sondages effectués décèlent, à quelques centimètres de profondeur, un empierrement de grande dureté. la carte d'Etat-Major a conservé son tracé depuis Sans-Chagrin jusqu'au chemin des Bruyères, à Droiturier, avec lequel il paraît se confondre jusqu'à la Lotière, comme semblent l'indiquer de très gros et très nombreux pavés apparents sur le chemin.

    Vers la Lotière, la voie Romaine devait se détacher, à gauche, du chemin qui continue sur Droiturier, pour se diriger sur le cimetière. A cent mètres du cimetière, près d'une énorme roche à bassins, dont la destination ancienne n'est pas douteuse, étant donné qu'elle est reconnue comme pierre à sacrifices, se dresse une vieille croix qui marquait autrefois une bifurcation. La branche de droite, qui doit être la voie Romaine, est marquée encore sur la carte de l'Etat-Major et barre la cote 472. Une large dépression, à hauteur de la Carrière, semble indiquer que la voie antique ne tardait pas à se raccorder au chemin qui conduit par Bois-Droit à la Nationale 7.

    D'ailleurs, à ce sujet, Monsieur Frobert , ancien exploitant de carrière à Droiturier, raconta un fait qui eut lieu quelques années avant sa mort en 1958. Un camion lourdement chargé s'était enlisé en bordure de la route, entre la Carrière et Bois-Droit. Il fallut, pour le dégager, enlever la couche de terre sur laquelle patinaient les roues. On retrouva, à une fable profondeur, l'empierrement de la voie Romaine qui résista aux coups de pioche. le camion put ensuite repartir.

    Mais il est possible que la voie dont il vient d'être mentionnée détachait une branche passant par les points occupés plus tard par Lapalisse, Beaulieu, et Gaudinière. Une charrière du bois de Godinière porte encore le nom de "Charrière pavée", et un terrier de 1460 fait passer dans cette direction le grand chemin. Ce nom de "Charrière pavée" et aussi l'ancienneté certaine de Saint-Didier de Gaudinière et de la chapelle de Beaulieu pourraient même fournir des arguments pour faire de ce tracé le tracé primitif. La charrière pavée devait aboutir au vieux pont Romain.

    La voie antique ne paraît pas avoir traversé Droiturier. Il existait dans cette ancienne paroisse (Dreiturays (ecclesia de) Xème siècle), une seigneurie religieuse, citée en 1169, comme dépendant de l'abbaye de Mozat et une seigneurie laïque qui appartint à une époque au fameux Pontcenat. Les terres des deux seigneuries étaient séparées par la voie Romaine, ou chemin du vieux pont, dont on trouve encore des vestiges le long des bornes qui séparent la propriété Alcocque-Noailly (terres du prieuré) de la propriété Féjard, à laquelle il faut ajouter les deux domaines Labaume et la terre du Chambet, cimetière actuel (terre de la seigneurie laïque).

    L'antique route passant par la Meignée et le vieux pont fut, à une époque inconnue, détournée par Lapalisse. Les itinéraires de la duchesse de Bourbon en 1385 et 1386 indiquent que les voyageurs passaient alors par Lapalisse, mais il est hors de doute que la route avait été détournée depuis longtemps déjà.

    En 1758, le grand chemin de Lyon fut refait et le pont de la Vallée construit. Un plan de la route de Paris à Lyon, daté de 1774, montre que l'ancien chemin venant de Lapalisse se raccordait à la voie Romaine, un peu à l'ouest des Minières. Comme cette dernière, il côtoyait, au sud, la route construite en 1758. Il servait de limite communale, jusqu'à sans-Chagrin, sur 4 kilomètres environ. A partir de Sans-Chagrin, un ancien chemin longeait à gauche, puis à droite, jusqu'à la vallée, la route de 1758. Il existait donc, avant la construction de cette dernière route, un chemin qui se dirigeait sur Droiturier, et au-delà, où il se raccordait à la voie Romaine.

    Ce chemin devait franchir le Balavan sur un pont qui a précédé celui de la Vallée, ce qui explique le péage de 1348, cité par le chanoine Reure, qui affirmait qu'il en existait de plus anciens encore. Cet ancien chemin a pu être établi à une époque reculée, peut-être au Xème siècle, et on peut se demander si cette nouvelle direction, qui abandonnait la voie Romaine, n'est pas à l'origine du nom de Droiturier (directorium?). Certains historiens pensent que le pont de la Vallée, que nous connaissons aujourd'hui, était bien antérieur à l'année 1758.

    La route Royale, qui avait été construite en 1758, entre Lapalisse et le pont de la Vallée, devait déjà être terminée depuis ce pont jusqu'au-delà de Droiturier. Les registres paroissiaux de cette commune mentionnent, qu'en 1752, de grands travaux ont été faits sur la route, travaux qui durèrent huit ans. Cette route, après le passage du pont, escaladait le versant oriental de la vallée, arrivait à Droiturier, traversait le bourg en passant devant l'école, puis derrière l'église, et continuait sur Bois-Droit, après s'être raccordée à la voie Romaine.

    Sur cette dernière partie, Louis XV, dès 1744, fit effectuer d'importants travaux. Il fut supprimé trois raidillons (pente 15 à 20%) où les diligences étaient toujours bloquées par temps de neige ou de verglas. Le raidillon du "Bois-Dret" fut coupé par une importante tranchée. La voie, avant les travaux, avait une largeur de 17 à 18 mètres. Elle était encore dénommée, dans le langage populaire, "vieille route" ou "grand chemin".

    Le solide empierrement de la route royale se reconnaît du pont de la Vallée à Bois-Droit. La chaussée est hérissée en son milieu de pierres dures et saillantes, aux arêtes vives. Mais, dans la traversée de Droiturier, on pouvait voir, avant qu'il n'ait été recouvert de goudron, le beau pavage de la route royale, reposant sur un lit de sable. Au-delà du Bois-Droit, la voie Romaine arrive à la Nationale 7 (cote 434), qu'elle devait couper, pour s'y raccorder 800 mètres plus loin, et arriver à Saint-Martin-d'Estreaux.

    la maison chambet

    Elle date de 1582 et est une ancienne demeure seigneuriale de Droiturier. Elle est bâtie sur l'emplacement d'un manoir, qui lui-même succède au vieux château. Le colombage en croix de Saint-André orne sa façade côté rue, et ses angles sont flanqués de gros contreforts en granit du lieu. Il est également composé d'un corps de logis de plan rectangulaire à deux niveaux. Malgré les restaurations, l'étage a conservé, sur le toit, les lucarnes pour éclairer les combles.

    le relais des écuyers du roi

    Le relais des écuyers du Roi est une grande et longue demeure Bourbonnaise, à deux niveaux, recouverte d'un grand toit de tuiles plates et à jet d'eau. Les hauts combles sont restés aveugles. Elle comprend une grange de 45 mètres de long et une voûte d'entrée pour les diligences. Elle servait de relais de diligences dès le XVème siècle, prospère jusqu'au percement de la route Nationale 7, au sud de Lapalisse, qui dévie la route Paris-Lyon, au début du XXème siècle. De grandes baies éclairent la cuisine et la salle à manger. A l'origine, la maison comprend au rez-de-chaussée une cuisine et une salle à manger de grande taille et, au premier étage, deux dortoirs dont l'un est destiné aux hommes, et l'autre aux femmes. ces pièces font plus de 65 m2.

    l'église saint-nicolas sainte-croix

    L'église Saint-Nicolas Sainte Croix est depuis le Moyen-âge à la fois le lieu de culte du monastère bénédictin, dont c'est le prieuré, et l'église paroissiale. Le prieuré dépendait de l'abbaye de Mauzac et ce, jusqu'à la révolution. Citée pour la première fois en 1169, l'église est de style roman et est reconnue site Clunisien. Seul son clocher, abîmé par les révolutionnaires, a été refait. Inscrit à l'Inventaire des Monuments Historiques en 1935.

    Autrefois affublé de diverses cabanes et remblais, le chevet ci-dessous est de style roman. Une bande claire entourant son arrondi servait vraisemblablement de support à des écussons aujourd'hui disparus.

    Saint Nicolas (statue du XVIIème en bois polychrome) est représenté en tenue d'évêque, bénissant les fidèles. Saint Nicolas vivait au IVème siècle. Il était évêque de Myra (Asie Mineure), et assista peut-être au Concile de Nicée en 325. Ses reliques furent transférées à Bari en 1087. Le culte de saint Nicolas s'est largement répandu dans le monde Chrétien. C'est le patron des marins et des petits enfants auprès desquels il joue le rôle de dispensateur de cadeaux, lors de sa fête, le 06 décembre. De nombreuses légendes se sont greffées sur les évènements charitables de sa vie: enfants sauvés du saloir, jeunes filles pauvres dotées... Ses attributs habituels sont trois bourses d'or, les trois enfants dans le saloir et/ou une ancre. Une chanson rappelle le miracle du saint ressuscitant les trois enfants mis au saloir. Sur la photo plus bas, on n'en voit que deux, sculptés sur le devant de l'autel.

    A l'entrée de l'église, contre le revers de la façade, se trouvent deux chapiteaux sculptés. L'un d'entre eux, dit "Le Singe Cordé" est spécifique de l'Auvergne. Un meneur de singe, homme au visage paisible, portant un marteau et des tenailles, est debout près d'une enclume, devant ou à l'intérieur d'une cage. Il tient, encordé par le cou, un singe accroupi, nu et indécent, flanqué d'un dragon cornu et menaçant. Un livre ouvert domine la scène. La tradition théologique voit dans le singe une image des hommes rusés par leur esprit, abjects par leurs péchés, et qui parfois peuvent être amenés au repentir. L'animal est ici orienté vers le nord, lieu de l'endurcissement et du péché. Ses mains sur les cuisses parodient la traditionnelle position royale et traduisent l'orgueil et la vanité.

    La corde de l'homme qui tient l'animal en laisse passe, entre le sommet du feuillage qui, par convention, désigne l'Arbre de Vie, et le Livre, à la charnière entre les deux pans de l'ouvrage symbolisant l'Ancienne et la Nouvelle Loi. Elle passe ainsi au centre du Temps et de l'Histoire et au sommet de la croix du Christ en vertu de laquelle toute la création est renouvelée. Le personnage habillé est un travailleur. Il est tourné vers le sud, lieu de ceux qui s'approchent de Dieu pour le servir. L'ensemble des deux créatures figure la vie du peuple chrétien pécheur mais roi en vertu du baptême reçu. Par son travail, il passe par la Croix et devient participant et collaborateur de sa rédemption par le Christ.

    Au sombre tableau du "singe encordé", s'oppose le chapiteau symétrique de l'Arbre de Vie. Ce thème se retrouve dans bien d'autres églises romanes, en Auvergne en particulier. C'est l'Arbre de Vie de l'Apocalypse de saint Jean: les fruits de l'Arbre de Vie, et même ses feuilles qui servent à la guérison des nations sont promis à ceux dont la pureté a permis l'inscription dans le "Livre de l'Agneau".

    Présentes sur l'ensemble des murs de la chapelle sud, consacrée à la Vierge, les fresques sont composées de motifs en trompe l'oeil. Sur la face sud se lit l'inscription "chapelle privilégiée". C'est peut-être à cet endroit que les seigneurs du lieu assistaient à la messe. Inscrites à l'Inventaire des Monuments Historiques.

    A partir d'un rayonnement céleste, partant de la clé de l'arcade, une première série de quatre médaillons, plus ou moins circulaires, est décoré de volutes. Une deuxième série de cinq médaillons, aux sommets en accolade, représente des motifs floraux et végétaux stylisés. Le médaillon central porte l'inscription: "Mater Misericordia ad te clamanus".

    La statue de la Vierge à l'Enfant rappelle le style romain par son attitude, le drapé des vêtements, le voile en bandeau des praticiennes et la ceinture haute. Cette sculpture utilise la technique du papier mâché, modelé sur une armature de petits bois donnant la forme générale.

    La statue de sainte Catherine d'Alexandrie date du milieu du XVIIIème siècle, et est en bois polychrome doré. Vierge martyrisée à dix-huit ans, vers 307 après Jésus-Christ, à Alexandrie, est d'origine princière, car elle en porte la couronne. Dans sa main gauche, elle teint la palme du martyre, et de sa droite elle s'appuie sur la roue ferrée de son supplice. La tradition évoque son mariage mystique avec Jésus. C'est la raison pour laquelle sa statue accompagne souvent dans les églises la statue de la Vierge à l'Enfant.

    Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus (1873 Alençon - 1897 Lisieux) est fêtée le 01er octobre. Carmélite au carmel de Lisieux, modèle d'une spiritualité toute simple, "la petite voie", elle réussit à passer inaperçue. Docteur de l'église, patronne des missions, elle est canonisée en 1925. Elle est également patronne secondaire de la France.

    Saint Christophe (Milieu du IIIème siècle après Jésus-Christ) est fêté le 25 juillet. Il fut un martyre sous la persécution de l'empereur Dèce vers 250. D'après la légende, ce géant portait les voyageurs sur ses épaules pour traverser un fleuve. Un jour, il porta un enfant qui pesait lourd comme le monde entier: c'était le Christ qui, pour preuve, lui demanda de planter son bâton. Celui-ci devint un palmier plein de feuilles et de dattes.

    Sainte Jeanne d'Arc (1412 Domrémy - 1431 Rouen) fut conduite par l'inspiration divine. Elle mena les armées du roi Charles VII à la victoire et bouta les Anglais hors de France. Au milieu des soldats, elle donna l'exemple des plus pures vertus. Trahie, elle fut brûlée vive le 30 mai 1431 à Rouen. Elle avait 19 ans. Sa fête nationale, fixée le 08 mai, jour anniversaire de la délivrance d'Orléans, est célébrée par l'église le 30 mai, jour du bûcher de Rouen. Béatifiée en 1909, canonisée en 1920, elle est patronne secondaire de la France.

    Saint Antoine de Padoue (1195 Lisbonne - 1231 Paddoue), docteur de l'Eglise,  est fêté le 13 juin. Disciple de saint François d'Assise, il a enseigné à Bologne, Toulouse, Montpellier et Limoges. Par sa simplicité, son humilité et sa pauvreté, il fut un modèle de toutes les vertus Chrétiennes. Très grand orateur, il mourut en prêchant le carême à padoue en 1231.

    L'exaltation de la sainte Croix ou la Croix glorieuse est une peinture sur toile du milieu du XVIIIème siècle. La fête de l'exaltation de la sainte Croix se célèbre le 14 septembre. En effet, c'est le 14 septembre 320 que l'impératrice de Constantinople, sainte Hélène, retrouve miraculeusement la croix de Notre Seigneur Jésus-Christ. C'est aussi le 14 septembre 335 que la basilique de la Résurrection, édifiée par son fils l'empereur Constantin, près du lieu de la crucifixion, est consacrée. Dès le IVème siècle, l'orient chrétien a fait de ce jour une fête solennelle, étendue à tout le monde chrétien vers l'an 800, au temps de Charlemagne.

    Saint Jean-Marie Vianney, curé d'Ars (1786 Dardilly - 1897 Lisieux), fut curé d'Ars (Ain) pendant quarante et un ans. Il y fut l'instrument de la providence et de la miséricorde de Dieu, attirant les foules par sa sainteté et ses miracles. Patron des pasteurs d'âmes. canonisé en 1925.

    Saint François de sales (1567 Thonon - 1622 Lyon) est fêté le 24 janvier. Prince évêque de Genève, évangélisateur des calvinistes du Chablais, c'est sous sa direction que sainte Jeanne de Chantal établit en 1610 l'ordre de la Visitation à Annecy. La douceur, l'affabilité, la charité résument toute sa vie. Il fut canonisé en 1665, puis déclaré Docteur de l'Eglise en 1867.