ferrières-sur-sichon

    un peu d'histoire

    Superficie de 3858 ha - Altitude de 397 à 980 mètres - 566 habitants environ.

    Situé au carrefour des provinces du Bourbonnais, de l'Auvergne et du Forez, Ferrières est un lieu stratégique que les sires, puis les ducs de Bourbons gagnent peu à peu. Plusieurs édifices féodaux y sont construits. L'église de Ferrières est citée dès 1152. Au XVIème siècle, la paroisse relève de la châtellenie de Billy, et la cure est à la collation du prieur de Ris. La ville, terre de justice, compte une boucherie, un four et un moulin banal. Elle reçoit sept foires annuelles et un marché hebdomadaire.

    La commune de Ferrières est créée en 1790 et bientôt agrandie par l'adjonction d'une partie de Cheval-Rigon, jusque-là paroisse indépendante. En 1851, Ferrières compte 3 250 habitants et s'étend, avec les territoires de Lavoine et de La Guillermie, sur plus de 7 000 hectares. Le bourg est prospère. La terre, le bois, ainsi que le minerai de fer sont exploités. Les fours à chaux et de nombreux moulins sont en activité. Mais, en 1880, Ferrières perd presque la moitié de sa population avec la création des communes de Lavoine et de La Guillermie. Malheureusement, au XXème siècle, le village décline rapidement. Photos ci-dessous: fontaine de 1836 et Maison de la Vallée du Sichon.

    Le bourg est situé en bordure d'un petit bassin de sédiments primaires dont les lentilles de calcaire métamorphisé servent à la fabrication de la chaux. La population vit de cette activité pendant très longtemps. Les fours à chaux, aujourd'hui disparus, comme les fours à ciment, étaient animés d'un mouvement de rotation qui permettait la formation de la matière. Ils furent fermés au XXème siècle. Ci-dessous, le pont du Moulin Neuf.

    La plaque au-dessus du porche indique: "fondation Reignier 1913". Au début du XXème siècle, cette ancienne ferme abrite en fait l'école des frères du village. Pendant la seconde guerre mondiale, le site est transformé en salle de théâtre. Inutilisés depuis la fin des années 50, les bâtiments sont restaurés dans les années 90, et des activités culturelles diverses peuvent à nouveau s'y dérouler.

    François Riboulet est né le 01er mai 1886 dans la commune. Résistant pendant le second conflit mondial, il est arrêté par la Gestapo le 22 novembre 1943. Il est déporté en Allemagne et meurt au camp de Buchenwald, le 13 mai 1944. Une stèle lui rend hommage. Elle se trouve au bourg, route de Vichy, tout près de sa maison natale.

    petite balade le long des cours d'eau

    le plan d'eau du galizan

    Avec son aire de pique-nique aménagé, il jouxte pratiquement le Sichon en amont du stade,  des courts de tennis et du camping. L'accès des voitures se fait par le chemin goudronné qui conduit à ses trois structures de loisirs, en partant, sitôt franchi le pont du Sichon, sur la route de La Guillermie. Au niveau du camping, il convient de poursuivre le chemin de terre sur une cinquantaine de mètres. Il se termine par un point parking permettant de faire demi-tour.

    La superficie de ce plan d'eau est de presque un hectare. Son pourtour est agrémenté de bancs et de tables permettant de compléter, s'il en est besoin, l'équipement personnel des pêcheurs ou tout simplement de pique-niqueurs.

    le rocher de pierre encize

    Le site est une barre rocheuse, véritable filon de quartz, surplombant le Sichon sur le bord de la route départementale qui relie Ferrières à Lavoine. Cette chapelle est édifiée par l'abbé Perrot, Pierre Encize de son nom de plume. De nombreuses légendes sont attachées à cette grotte, ainsi qu'à celle des Fées qui se trouve également sur la commune.

    la grotte des fées

    Superbe cavité située au bord du Sichon, cette grotte doit son nom à la légende selon laquelle des fées l'habitaient. Ornée de concrétions et de cascatelles, elle développe 44 mètres de réseau pénétrable. La première partie, dite touristique, est une galerie aux parois de calcite longue de 30 mètres et la seconde partie, dite spéléologique, est basse et étroite. Ses parois sont couvertes de stalactites formées par les dépôts des eaux calcaires qui suintent à travers la voute. L'ensemble de ces concrétions présente les formes les plus bizarres que l'imagination interprète suivant sa fantaisie. Vous pourrez aussi créer vos histoires le long de la jolie cascade qui coule tout près du site.

    Dans le fond de la grotte, ci-dessus, un bloc de rocher représente assez confusément la forme d'un homme soutenant la voute sur ses épaules. On raconte que jadis un géant habitait le bois Boudet où il faisait de grands ravages, s'emparant des boeufs et des moutons des alentours. Les fées, aussi bonnes que leur voisin était mauvais, lui jouèrent plus d'un tour pour soustraire les paysans à sa férocité. Aussi, le géant conçut-il contre les fées une haine profonde. Un jour, il pénétra dans leur grotte et tenta de faire écrouler la voute en la soulevant sur ses épaules. Les fées l'ayant aperçu allumèrent un grand feu de balais à l'entrée de la grotte. Le géant mourut asphyxié et le rocher qui soutient aujourd'hui la voute représente le corps resté en place et pétrifié dans son dernier sommeil.

    Vers l'entrée de la grotte, un rocher allongé représente une femme enveloppée dans un linceul. Un jour, la plus jeune des habitantes de la grotte se baignait dans le Sichon quand elle fut aperçue par un être bizarre, moitié faune, moitié magicien. Séduit par la beauté de la baigneuse, le faune résolut de l'enlever. La très jeune fée, très effrayée, s'enfuit à toutes jambes, serrée de très près par son ennemi qui l'atteignit juste au moment où elle entrait dans la grotte. Pour lui échapper, elle se changea en pierre et prit la forme d'une nymphe.

    Toujours à l'entrée de la grotte, un énorme bloc de pierre, désigné sous le nom de rocher du chameau, est également l'objet d'une légende. Autrefois vivait, quelque part en Orient, une jeune princesse de la plus grande beauté. Ses parents voulaient lui faire épouser un chevalier qu'elle n'aimait pas. Comme on ne cessait d'insister pour qu'elle se décide et que même on la menaçait des plus cruels châtiments si elle persistait dans son refus, elle s'enfuit du logis paternel et se dirigea vers l'ouest sans bien savoir où elle allait. Après avoir marché bien des jours et bien des nuits, elle finit par arriver dans la Montagne Bourbonnaise où les braves fées, prenant pitié de sa fatigue et de sa détresse, la secoururent et la recueillirent dans leur grotte. Là, elle ne manqua de rien et connut la paix et la tranquillité. Mais, hélas, ce ne fut pas pour longtemps.

    En effet, un jour qu'elle reposait au bord du Sichon, elle vit soudain apparaître un officier de son père suivi de plusieurs soldats. Comprenant tout de suite que cette caravane était à sa poursuite, elle poussa un cri de terreur et se mit à courir dans la direction de la grotte afin de s'y cacher et  d'échapper à ses ravisseurs. Une vieille fée, entendant ses cris, accourut à son secours. Elle arriva juste au moment où l'officier atteignait la princesse et tendait la main pour la saisir. Voyant le danger que courait la protégée, la fée arracha du sol un gros quartier de rocher et le lança avec force sur la tête du soldat qui fut écrasé et tué sur le coup, ainsi que sa monture. Ils furent ensevelis sous les débris du rocher qui les recouvrit comme un manteau de pierres, et forma ainsi le bloc que l'on voit à l'entrée de la grotte des fées.

    ferrières et ses cascades

    le moulin du bourg

    Le moulin se situe au centre du bourg. A l'entrée de Ferrières, le Sichon bifurque à gauche, tandis que le bief supérieur du moulin part à droite. L'eau du bief, traversant le bourg et passant sous la rue, parcourt 390 mètres pour arriver à la roue du moulin par un conduit de planches. Le site reste en activité jusque dans les années 1960 et produit, en plus de la mouture du blé et du seigle, de l'huile de noix et du cidre. Aujourd'hui, le bâtiment est toujours debout, et la machinerie conservée.

    Les dents des engrenages sont en bois et donnaient plus de souplesse aux transmissions. La farine descendait par un conduit de bois dans un coffre qui la recueillait.  Le moulin à huile ne demandait lui aussi qu'à tourner. Après avoir fait chauffer au feu de bois, à la bonne température, les cerneaux de noix, on mettait la pâte obtenue sous une roue verticale tronconique qui tournait comme un manège sur la large meule horizontale à rebord, où coulait l'huile de première qualité. L'huile de seconde "serrée", moins bonne, provenait de la compression, sous une presse, de la bouillie déjà écrasée par la meule. Le résidu final, appelé "maton" servait à l'alimentation des porcs.

    Au premier étage, après avoir emprunté l'échelle de meunier, s'ouvre la salle où séjournent deux paires de meules et la bluterie, sorte de longs placards. Un manchon de toile conduisait le grain aux meules depuis le grenier où il était stocké. L'arrondi du tambour renferme les meules. La farine qui en sortait montait au sommet des blutoirs par un conduit incliné, derrière le manchon. Elle était élevée à l'intérieur par une chaîne sans fin de godets. A l'intérieur des trois blutoirs tournaient des roues hexagonales à montures de bois, tendues de toiles de soie de plus en plus fines, pour trier le son et les farines. De cette bluterie, la farine tombait au rez-de-chaussée, dans des sacs de 50 kg, tout prêts à être pesés et livrés.

    Bluter la farine, c'est la tamiser à la sortie des meules ou du broyeur à cylindres pour la séparation du son. Jusqu'à la fin du XVIIIème, les meuniers ne faisaient que la farine "à la grosse", le grain ne subissant qu'un seul broyage, et la mouture n'étant que grossièrement tamisée. La quantité de farine ainsi obtenue atteignait à peine 30% du poids du grain. Au XVIIIème siècle, pour améliorer le rapport, les meuniers prirent l'habitude de remoudre les sons, c'est-à-dire d'affiner progressivement la mouture par deux ou trois passages successifs entre les meules. L'invention, à cette époque, du bluteau, perfectionné plus tard pour devenir la bluterie, permettra d'obtenir une farine plus fine et plus blanche, tout en augmentant considérablement le rendement.

    le lavoir

    Le lavoir était le lieu où les femmes, dénommées "lavandières", venaient laver le linge de famille ou celui de leur clientèle. Elles convergeaient vers ce lieu avec les effets déposés dans la lessiveuse ou le baquet transporté dans la brouette ou la remorque parfois attachée à la bicyclette. Elles apportaient chacune leur battoir, brosse en chiendent, pain de savon, planche, et s'agenouillaient dans leur caisse à laver garni de paille ou de chiffons pour un peu plus de confort et dont certains restaient à demeure sur les dernières marches du lavoir en raison de l'encombrement lors du transport ou de leur caractère collectif. Ce lieu était aussi l'endroit où les femmes échangeaient les dernières nouvelles du pays et près duquel les jeunes enfants jouaient, entre eux, le temps de la lessive. Son utilisation a disparu, peu à peu, à la suite de l'installation de l'eau courante, dans le bourg du village, dans les années 60.

    le calvaire et l'ancienne église de saint mayeul

    Le calvaire de Ferrières, érigé en 1950, est béni le jour de Noël. Le Christ, provenant de l'ancien calvaire du lieu-dit "Les Mialènes", est apporté par une procession de prisonniers de guerre. Dernière photo: vue depuis le chemin du calvaire.

    A "Chevalrigon", subsiste l'ancienne église de Saint-Mayeul (XIIème siècle) dont restent l'abside, la nef et une chapelle rectangulaire.

    ferrières autrefois et aujourd'hui