franchesse: patrimoine

    voies romaines et vieux chemins

    Le vieux chemin arrivait à Franchesse où sainte Radegonde serait, dit-on, passée. Le culte de la sainte y était jadis observé, comme en témoigne une ancienne chapelle située près du bourg. Après avoir fait un coude, la vieille route continuait au sud-est sur les Daneriaux, Luçay, traversait la Burge au moulin de Luçay tout en servant de limite, sur près de 7 kilomètres, aux paroisses de Franchesse et d'Agonges, d'une part, et de Bourbon et Saint-Menoux, d'autre part, jusqu'à la terre des Justices. Plus loin, elle débouchait sur la route nationale n°153, à 300 mètres environ du pont jeté sur l'Ours. Vers le point où le vieux chemin se raccorde à la route nationale, on aurait, dit-on, découvert autrefois une borne militaire. Il ne peut s'agir de la borne dressée à l'ouest du pont et à quelques mètres au nord de la route nationale et qui porte une inscription moderne, ni de son homologue enfouie en partie dans le talus de la route, entre le pont et l'ancien abattoir de Saint-Menoux.

    Le cadastre de Franchesse de 1835 donne des noms de lieux qui jalonnaient la voie Romaine ou qui en rappellent le souvenir: la Justice, à l'ouest de la route, en face du domaine de l'Arbre-Sec, lieu où avaient lieu sans doute les exécutions, puis plusieurs terres dénommées "Champs du Pavé" (parcelles 235, 241, 247) qui se succèdent à l'ouest de la Nationale, jusqu'à 700 mètres environ de la Croix de la Menade qui marque la limite des paroisses de Franchesse et Limoise.

    Rappelons qu'aux temps anciens, et jusqu'au milieu du XIXème siècle, la fréquentation des routes n'était pas sans danger pour le voyageur. C'est ainsi que le 21 octobre 1630 "Louis Roussé, sergent-royal est assassiné, sur la route de Franchesse, de quatre coups d'épée, par quatre voleurs, en revenant de la foire aux mesles du Veurdre".

    l'église saint-étienne (classée monument historique en 1886)

    L'église Saint-Etienne est bâtie par les bénédictins de Souvigny au XIIème siècle et dépend du diocèse de Bourges. Vraisemblablement restaurée au XVème siècle, l'église bénéficie d'une campagne de travaux au XIXème siècle. Elle comprend une nef à collatéraux, un transept à chapelles orientées, et le choeur présente une alternance de baies cintrées et d'arcs en mitre, d'influence Auvergnate. Petite anecdote: sur l'initiative de GFrançoise Chaput, les femmes de la commune s'armèrent de faux et de gouyards et s'opposèrent à la démolition de l'église vendue comme bien national en 1791.

    De plus, la voûte de l'abside principale est plus basse que le reste du couvrement. A l'extérieur, l'abside est caractérisée par des arcatures aveugles, décor emprunté au roman Auvergnat. Le clocher est typique des églises du Bourbonnais, avec un étage aveugle et un niveau ouvert surmontés d'une flèche moderne en bois ayant remplacé la flèche en pierre. Avec les fossés, elle représente le dernier vestige médiéval du bourg.

    Elle abrite des chapiteaux très différents de ceux que l'on peut trouver dans les autres édifices religieux du canton. En effet, ceux-ci ont une corbeille beaucoup plus importante, le plus souvent ornée de rinceaux et d'entrelacs finement ciselés qui rappellent la décoration des enluminures d'époque Mérovingienne. Certains chapiteaux font cohabiter entrelacs et visages, ce qui tend à prouver que ceux-ci sont réalisés à une époque de transition où le sculpteur accepte la représentation figurée, mais conserve encore le goût du décor pour lui-même.

    Les seigneurs de Franchesse sont puissants et ont leurs sépultures dans l'église. C'est ainsi qu'en 1870, lors du remplacement du carrelage, est mise au jour la dalle ci-dessous. Un noble y est représenté sous un arc trilobé, les mains jointes sur sa poitrine. Il porte une tunique avec un écusson à face engrêlée. De l'inscription gothique, il ne reste que quatre lettres encore lisibles.

    Le bénitier ci-dessous a sa cuve cantonnée de quatre contreforts aux angles. Sur l'une des faces se trouve un blason dont on ne peut plus voir les armoiries, très vraisemblablement peintes. L'autre bénitier, présenté plus bas, provient de la chapelle Saint-Pierre du Pontet et date du XIVème siècle.

    Les fonts baptismaux et le bénitier ont été probablement réalisés par le même artiste. La grande cuve ronde est flanquée de quatre colonnettes ainsi que d'une piscine circulaire, elle-même ornée de deux colonnettes.

    château de la chapelle

    Les manoirs de Franchesse sont parmi les plus anciens du canton. La Chapelle est au Moyen-âge une importante seigneurie qui conserve encore un petit château massif de plan rectangulaire, aux toits à pente aigües, avec une tour ronde d'escalier en façade. Les fossés ont disparu.

    Tout comme à Avreuil, il a un aspect de forteresse, altéré au XVIIIème siècle par des remaniements. Nicolas de Nicolay, en 1569, cite La Chapelle comme faisant partie de la châtellenie de Bourbon. Photos issues d'internet.

    chapelle sainte-radegonde



    Les petites chapelles des différentes seigneuries font l'objet d'une dévotion particulière et sont toutes reliées entre elles par des pèlerinages autorisés par les seigneurs. La chapelle Sainte-Radegonde est une étape vers le prieuré de Vernouillet et la Sainte-Chapelle de Bourbon.

    Reconstruite au XVIIIème siècle, elle conserve deux statues de l'édifice primitif: celle de Radegonde et celle de Saint-Pierre. Le sanctuaire se distingue des autres chapelles par un petit clocher couvert d'ardoises au-dessus de la couverture de tuiles plates. La chapelle Sainte-Radegonde devient au XIXème siècle une chapelle mortuaire pour les propriétaires.

    Photos issues d'internet.



    château d'avreuil

    La commune comportait autrefois de nombreux châteaux des XVème et XVIème siècles, dont le château d'Avreuil. Possession des vassaux des ducs de Bourbon, l'édifice rappelle son rôle de forteresse, mais conserve des proportions harmonieuses avec un corps de logis de plan rectangulaire, à deux niveaux,  doté d'une tour ronde en façade et d'une tour carrée à l'arrière.

    Il présente des meurtrières ainsi que des baies de styles différents. Il possède encore des cheminées à hotte du XIVème siècle. Il est remanié à la Renaissance, comme en témoignent les fenêtres à meneaux. Un toit pentu, à deux rampants, couvre des combles élevés. Le premier seigneur connu est Jean d'Avreuil en 1356, dont la famille va perdurer jusqu'en 1730. Photo issue d'internet.

    château de bouquetraud

    Cet édifice se trouve sur l'emplacement de la demeure médiévale du seigneur de Bouquetraud, au sud-est du bourg. Le château est reconstruit de façon à imiter les petits châteaux médiévaux des alentours, c'est-à-dire avec une tour de façade en légère saillie. Toutes les photos sont issues d'internet.

    Cette construction est fidèle à la volonté d'imiter l'architecture médiévale avec chaînages d'angle apparents et hautes cheminées.

    On remarque également une caractéristique Bourbonnaise avec de légers ressauts sous le bas des toits.

    De l'ancienne maison forte médiévale, il ne reste que des fossés en partie comblés et des fondations.

    Une motte existait peut-être avant la fondation de ce manoir, comme le suggère une forme ancienne du toponyme.