garnat-sur engièvre: patrimoine

    le château de la brérotte

    Le château de la Brérotte a été construit en 1895 sur un promontoire lui donnant une belle vue sur les environs.

    l'église saint-germain

    La région semble avoir été évangélisée au cours du Vème siècle, alors que saint Germain était évêque d'Auxerre. Dès cette époque, Garnat possédait probablement un oratoire qui, au milieu du XIIème siècle, avait été remplacé par une église romane, de style bourguignon. C'était une petite église rurale de deux travées et d'un transept débordant, dont les croisillons étaient utilisés comme chapelles. Malgré de nombreuses réparations, cette première était tellement délabrée, qu'elle nécessita, dans la seconde moitié du XIXème siècle, la construction d'un nouvel édifice. L'ancienne église romane fut démolie, remplacée de 1878 à 1880, par une église de style néo-roman, orientée au nord-sud.

    L'église de trois travées, dont la nef est couverte en berceau, possède un narthex sous tribune, et un double transept débordant, qui s'ouvre sur une profonde abside en hémicycle. C'est en 1900 qu'il fut décidé d'embellir l'église. Deux artistes intervinrent. Les travaux, qui ont duré trois ans, ont été consacrés en mai 1903. Les chapelles des croisillons et l'abside sont réservées à la Vie de Jésus, tribune et nef à l'Ancien Testament et à deux saints patrons.

    Pour la fuite en Egypte, ci-dessous, dans un décor champêtre, l'âne gris conduit par Joseph marche à droite. Marie, robe rose et cape bleue, voile blanc sur sa tête auréolée et guimpe blanche, est assise sur l'animal, en amazone. Elle tient, assis sur ses genoux, l'Enfant Jésus vêtu d'une aube blanche. A l'avant, robe verte et toge blanche, Joseph marche avec un bâton portant un baluchon noué sur l'épaule gauche. Après avoir reçu en songe, l'ordre d'un ange de fuir, car Hérode recherchait l'Enfant, Joseph partit avec la Mère et l'Enfant, qui n'avait pas un an, en Egypte. Le peintre a pris ses modèles, et en particulier celui de l'âne, chez des familles de Garnat.

    La Vierge ci-dessous est assise sur un trône en forme de temple à deux colonnes cylindriques. elle porte un nimbe doré et un voile blanc sous une couronne d'or. Robe rose sous une cape bleue doublée de blanc, elle tient l'Enfant assis sur son genou gauche. Jésus bénit de la main droite et soutient, à gauche, un globe surmonté d'une croix. Des symboles complètent la scène. A la droite de la Vierge et au sol un vase d'où sort une tige de fleurs de lys, pour marquer la pureté et la virginité de Marie. A sa gauche un arbuste, complété par un horizon arboré et fleuri pour représenter l'Eden.

    Un cadre à volutes entoure la scène de la Mission des Apôtres. Il porte une inscription au bas: "ET MISI TILLOS PRAEDICARE REGNUM DEI ET SANARE INFIRMOS (Math(eus))", soit "Il leur donna la mission de prêcher le royaume de Dieu et de guérir les infirmes (Matthieu)". Jésus est au centre, de face, dans une robe rouge et une toge bleue. Il lève la main droite pour ordonner, en s'adressant à cinq Apôtres, où l'on reconnaît Jean, au premier rang, jeune, les bras croisés, mains sur la poitrine, et Jacques le Majeur, tenant un bâton de pèlerin. Il tend la main gauche vers les sept autres Apôtres, où l'on aperçoit Pierre au premier rang et Judas à l'arrière. D'après les Evangiles, deux missions peuvent être retenues. La première, rapportée par Luc, la seconde par Matthieu au début de la vie publique de Jésus, et qui est peinte ici. Ayant rassemblé les douze Apôtres, près de Jérusalem, Jésus les envoie prêcher le royaume de Dieu, guérir les malades et délivrer les possédés du démon.

    Dans un cadre identique à celui de la Mission des Apôtres, un  texte renseigne le visiteur sur la multiplication des pains: "ET INTERROGAVIT EOS: QUOS PANES HABETI? QUI DIXERUNT: SEPTEM (Mar(us))", soit "Il leur demande: combien de pains avez-vous? Ils disent sept (Marc)". Jésus est vêtu comme dans la scène précédente. De profil, il bénit une corbeille pleine de pains ronds. Plusieurs Apôtres, debout, distribuent des pains. Dans la foule nombreuse et variée, certains tendent les mains, d'autres se restaurent, des enfants au premier plan, des personnes âgées à l'arrière. Tous les Evangélistes citent ce miracle, mais ce sont Matthieu et Marc qui précisent qu'avec sept pains et quelques poissons, Jésus a nourri quatre mille personnes. Après le miracle qui a lieu sur les bords du lac Tibériade, Jésus et les Apôtres traversent le lac pour se rendre à Capharnaüm, où Jésus prononcera le discours eucharistique du pain spirituel. Dans sa composition, ce tableau semble s'être inspiré de la "Multiplication des pains et des poissons" de Giovanni Lanfranco (1625).

    Dans la scène de la Transfiguration ci-dessous, le Christ, au centre et de face, vêtu de blanc, apparaît rayonnant dans un halo de lumière, les bras légèrement écartés, comme en sustentation. Le regard est dirigé vers le Ciel, où Dieu le Père, vêtu de rouge, sort d'une nuée, barbe et cheveux blancs, les bras écartés, les paumes face à terre, pour assurer de sa protection. Aux côtés du Christ, Moïse, à sa gauche, robe blanche, cape rouge, barbe et cheveux blancs, présente "les Tables de la Loi" qui scellent l'Alliance de Dieu avec son peuple. A sa droite, Elie, robe rouge et cape bleue, cheveux bruns et barbe blanche, tient le Livre qui contient la Parole du vrai Dieu d'Israël.

    A terre, endormis, saint Jean, à droite de Dieu, robe verte et cape rouge, reconnaissable à sa jeunesse et la longue plume qui l'accompagne. Saint Jacques à gauche, robe blanche et cape brune, cheveux noirs, le visage dans son bras gauche. Curieusement, saint Pierre est absent de la scène. Peut-être que la place disponible, réduite par une baie vitrée, a été insuffisante. Moïse et Elie sont les deux prophètes placés les premiers dans la hiérarchie des personnages de l'Ancien Testament. Moïse avait reçu de Dieu la mission de sauver son peuple. Elie a triomphé des faux Dieux du Carmel.

    Autour d'une croix centrale tréflée, le peintre a montré la naissance de l'homme et la naissance, ou la reconnaissance divine de Jésus par le baptême. Adam, debout, tunique courte serrée à la taille, les bras tendus et levés, marche en direction de la croix. Eve, aux cheveux longs et en robe blanche, dans l'attitude de la génuflexion et de la prière, tient ses mains jointes. Le peintre a situé la scène du Baptême de Jésus au bord du Jourdain avec végétation aquatique et un arbre au second plan, symbole de la vie éternelle. A droite, Jean-Baptiste est vêtu d'une courte tunique brune, voire d'une peau de bête, serrée à la taille. Il tient la croix de la main gauche et, avec la main droite, pose un calice sur la tête de Jésus. Sa robe blanche baissée à la taille, Jésus, les pieds dans l'eau du Jourdain, incline la tête vers Jean-Baptiste. Dans leurs attitudes, Adam et Eve aspirent à la rédemption. Le Baptême de Jésus est le plus souvent l'occasion de révéler la Trinité. Ces deux représentations ont ici une seconde fonction, celle d'introduire la galerie des portraits de la nef.

    Ci-dessous, deux anges ailés sont debout. L'un, à robe rose, porte un calice; l'autre, à robe bleue, porte un ciboire. Ce sont deux symboles eucharistiques qui décrivent la pain et le vin consacrés, et font descendre l'Esprit Saint sur terre.

    le château de torcy

    Le château de Torcy (photo ci-dessus, prise avec l'aimable autorisation de Monsieur Du Jonchay) est un grand logis du milieu du XIXème siècle. les deux pavillons d'entrée en briques (photos ci-dessous) datent des XVIIème et XVIIIème siècles. Le logis principal est un long bâtiment de plan rectangulaire à deux niveaux, percé de nombreuses fenêtres avec un avant-corps carré à fronton triangulaire pour accueillir la porte d'entrée. La motte entourée de fossés a été nivelée en 1840. On pense que c'est en ce lieu, en 1538, qu'eut lieu la rencontre et la réconciliation de François 1er et Charles Quint après la trêve de Monçon. Le château fut également occupé par les Allemands en 1940.

    le château du mont

    Le château du Mont est une gentilhommière en U pourvue de pavillons d'entrée, construite en briques au XVIIème siècle. Le bâtiment, bas et massif, dispose d'un rez-de-chausée et d'un niveau de comble. L'accès au logis principal et des pavillons se fait par des portes relativement étroites aux linteaux à arc surbaissés. Les larges toitures sont percées de lucarnes et surmontées de hautes cheminées de brique.

    personnalité(s)

    Constant DETRE est né Szilard Eduard Diettmann à Budapest (Hongrie) le 02 janvier 1891.

    C'était un artiste peintre décrit par certains spécialistes comme un génie méconnu.

    Il quitte sa Hongrie natale suite à la répression contre le gouvernement de Béla KUN de 1919. Il s'installe alors à Paris (1920-1940) où il côtoie des artistes de l'Ecole de Paris ainsi que des artistes de Montparnasse, dont plusieurs sont d'Europe centrale (PASCIN par exemple), émigrés comme lui.

    Néanmoins, sa vie reste assez obscure. Sa fille unique, née en 1945 à Moulins, a entrepris de sauvegarder son œuvre et son souvenir à travers un site lui étant dédié: www.cdetre.com. Toutes les photos ont été prises avec l'aimable autorisation de Madame COUTAN Marie-Claire. 

    Il fut descendant d'une célèbre lignée d'artistes telle son arrière grand-père sculpteur Clémens DITTMANN, et son grand-père Eduard DIETTMANN, sculpteur lui aussi. Il épousa en seconde noces le 30 décembre 1933 une bourbonnaise Claire CARNAT, elle-même artiste, spécialisée en gainerie et tabletterie. Il se fera naturaliser Français le 27 novembre 1936.

    Constant DETRE fut aidé par ses amis Moulinois, dont le Maire Monsieur GROMOLARD Henri, qui souhaite le voir et l'accompagner à son atelier pour admirer ses œuvres. Toutes ces mains tendues lui permirent de vivre de son art. Malheureusement, gros fumeur, il décéda le 10 avril 1945 à GARNAT d'un cancer des voies respiratoires, quinze jours après la naissance de sa fille.