jaligny-sur-besbre: patrimoine

    voies romaines et vieux chemins

    La voie d'Augustonemetum (Clermont) à Augustodunum (Autun) passait par Aquae Calidae (Vichy) et Vorocium (Vouroux). Plusieurs voies secondaires partaient de Vichy, notamment à Treteau par Saint-Gérand-Le-Puy, et à Estrées par Lubié.

    Monsieur l'abbé Audin pensait que cette voie ne passait pas par par Jaligny, mais par Moûtier-Lez-Jaligny, prieuré fondé en 1036. Néanmoins, il est fort probable que cette voie continuait effectivement par Jaligny (Jaligniacum, Castrum Galinicum).

    En effet, la commune, d'origine fort ancienne, possédait un vieil hôpital et une forteresse ou castrum construit, peut-être, pour commander le passage de la Besbre. Jaligny fut, comme Lapalisse, un point de défense où s'établit très tôt une famille féodale, héritière d'un guerrier franc ou d'un noble sénateur gallo-romain.

    Sur la commune, furent exhumés plusieurs statères d'or et un tétradrachme gaulois au type de Philippe de Macédoine.

    Face à elle, dans l'angle formé par la voie romaine et par celle qui suivait le cours de la Besbre, sur sa rive gauche, se trouvait la paroisse et le prieuré de Marseigne, cité en 1293 comme dépendance de l'abbaye des religieuses bénédictines de Notre-Dame de Nevers. 

    Près de Marseigne, au Champ-Bonnet, furent découverts en 1868 et 1869, un trésor composé de bijoux d'or et un lingot de bronze appartenant à l'âge du bronze.

    Le couvent fut construit sur l'emplacement d'un camp romain chargé de surveiller à la fois l'important carrefour et le passage de la Besbre. Au-delà de Jaligny, le tracé de la voie d'Autun devient incertain.

    l'église saint-hippolyte



    Photos prises grâce à la disponibilité et la gentillesse de Madame AUGER Chantale. D'après la notice d'information que vous pouvez vous procurer à l'intérieur, cet édifice roman du XIème siècle devrait avoir cinq travées, alors qu'il n'en a que trois. Cette église reste donc inachevée.

    Toujours d'après cette notice, les constructions, du fait des moyens d'autrefois, étaient toujours très "longues". On construisait travée par travée, fermant d'un mur provisoire la partie terminée, ce qui permettait de l'utiliser pour le culte. La construction pouvait se continuer derrière ce mur qui était démoli à l'achèvement.

    On ignore toujours pour quelles raisons les travaux ont été arrêtés après la troisième travée. Le pignon ouest a été entièrement reconstruit à la fin du 18ème siècle. A t'il remplacé le dernier mur provisoire? Nul ne le sait.

    Le clocher, de forme octogonale, date du 19ème siècle et a remplacé celui abattu le 16 janvier 1794. L'ensemble de l'église a été restaurée en 1958 par des artisans locaux.

    Le chœur est la partie la plus ancienne et aurait été la chapelle du château. Ce n'est qu'au milieu du 19ème siècle qu'un souterrain fut ouvert faisant communiquer une ancienne sacristie et l'orangerie du château (porte latérale droite). Ce passage est aujourd'hui condamné (photo ci-dessous). Les arcades du chœur reposent sur des piliers cylindriques couronnés de chapiteaux (douze) dont quatre sont ornés de beaux entrelacs. Quatre représentent des personnages ou des animaux. Sur l'un d'eux, on aperçoit l'Agneau Pascal.

    L'autel de chêne, installé après le Concile, est l'œuvre d'un artisan Jalignois. Ses sculptures ont été dessinées par une auxiliaire de la paroisse.Les poissons sont à la fois le symbole très ancien de l'Eucharistie et le symbole de la commune recherchée pour les pêches de sa rivière, la Besbre.

    La coupole est ornée de peintures du XVIIIème siècle. Ci-dessous, Jésus et la Samaritaine. Plus bas, Jésus et Sainte Marie-Madeleine au matin de la Résurrection. Cette femme prend Jésus pour le jardinier: erreur symbolisée par la bêche.

    La voûte de la nef centrale est soutenue par des arcades brisées. Dans les angles, de vastes coquilles Saint-Jacques, sans doute parce que Jaligny était sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle.

    Les statues des quatre évangélistes, occupant les niches du fond du chœur, ont été taillées en 1866 en pierre tendre. Elles sont l'œuvre du sculpteur Moretti, de Moulins. Sous ces statues, et semblant les soutenir, nous pouvons apercevoir les attributs de chacun, tels que les artistes s'inspirant de la première vision d'Ezéchiel, ont coutume de les représenter.

    Saint-Jean est représenté par un aigle, lui qui s'est élevé au sublime quand il a parlé du Verbe de Dieu. Saint-Luc est représenté par un taureau. Le taureau servait pour le sacrifice et l'évangile commence par le rôle de Zacharie, prêtre et sacrificateur. Saint-Marc est représenté par un lion, sa voix s'élève comme celle du lion: "Préparez les sentiers du Seigneur...". Saint-Matthieu est représenté par un homme, son évangile commence par la généalogie humaine du Christ.

    La statue de Sainte-Bernadette date de 1979, et le crucifix en cuivre, avec émaux incrustés, est monté sur un pied du XVIème ou XVIIème siècle, et est orné d'une statuette de la Vierge en cuivre argenté. La statue de Saint-Hyppolyte a été dérobée en 2011. Elle était en bois polychrome du XVIIème siècle, et avait été restaurée et redorée en 1783.

    Ci-dessus, la statue classée de Saint Jean-Baptiste, en pierre du XVème siècle, reconnaissable par l'agneau: "Voici l'Agneau de Dieu", au sacrifice duquel sa mort a souvent été identifiée. Ci-dessous, la statue classée de Sainte-Barbe, magnifique de jeunesse et de souplesse sous les nombreuses draperies de son lourd manteau, est également en pierre du 15ème siècle. Elle tient dans ses mains la tour où elle fut enfermée de son vivant et la palme de son martyre.

    La nef se termine par une tribune construite en 1955 pour loger la chorale et mettre en valeur les possibilités du bel harmonium. De cette tribune, on a un bel aspect général de l'église. Les murs latéraux présentent de grandes arcades de renforcement, brisées et à faible saillie.



    Phtos ci-dessous de haut en bas: autel surmonté d'une belle Piéta classée du XVème siècle en pierre. Saint-Blaise, en bois polychrome, est le patron du quartier de "Marseigne", situé de l'autre côté de la Besbre. L'ancien maître-autel du XIXème siècle.

    le château de jaligny

    Le château de Jaligny est une propriété privée, non visitable, bâti à la fin du XVème siècle sur l'emplacement d'un édifice plus ancien, qui avait été restauré pendant la guerre de cent ans, et dont il reste un châtelet d'entrée autrefois rattaché à l'enceinte. Il s'élève sur les bords de la Besbre qui lui servait de fossé. Un architecte Canadien s'en est inspiré pour construire, sur son modèle, plusieurs châteaux relais sur la ligne de chemin de fer Canadienne reliant l'Atlantique au Pacifique.

    C'est une construction de plan rectangulaire flanquée aux angles de la façade ouest de deux tours rondes. Sur la face opposée est accolée à l'angle sud-est un pavillon rectangulaire contenant à l'étage une chapelle. Deux tours d'escaliers viennent compléter cette façade. Celle du sud est couverte par une voûte en berceau segmentaire tournant sur le noyeau, dont les doubleaux prennent appui sur des culots sculptés. Celle du nord présente une voûte peinte de nervures en trompe l'oeil.

    Au XVIème siècle, une campagne de réaménagement a agrémenté les toitures de lucarnes Renaissance à fronton triangulaire. L'édifice résista au siège des Anglais en 1363, et il subsiste encore une poterne du XIVème siècle, rare élément du château primitif. Pendant la seconde guerre mondiale, les corps de deux soldats Allemands, tués au Donjon, furent ensevelis dans la cour, à gauche en arrivant, le long du mur, sous les platanes, et non devant l'entrée de la demeure comme il était prévu. Leurs dépouilles furent exhumées après la fin de la guerre pour être transférées dans leur pays natal.

    Une grande partie du château est inscrite depuis le 29 février 1972 à l'inventaire des monuments historiques. A l'extérieur, ce sont les façades et les toitures du château et de la poterne, la tourelle d'escalier sud avec sa voûte en palmier. A l'intérieur, sont inscrits: au rez-de-chaussée: le grand salon avec son décor (à l'exception des colonnes), la salle de billard avec son décor, la cheminée de la salle-à-manger, le plafond à solives peintes de l'office, et au premier étage, les deux cheminées en pierre des tours nord et sud.

    le château du lonzat

    Le château du Lonzat est une propriété privée non visitable. Il date de la première moitié du XVIIème siècle et présente une ordonnance très soignée. Un corps de logis rectangulaire à étage est flanqué dans les angles ouest de deux tours carrées placées dans la diagonale, alors qu'au centre de la façade est accolée une troisième tour carrée construite au XIXème siècle. L'autre façade donne sur la cour d'honneur fermée sur trois côtés.

    L'habitation est encadrée par deux ailes en équerre contenant les communs à un niveau, coiffés de toits brisés et terminés par deux hautes tours quadrangulaires. Le parc et le château, ses décors intérieurs (salle à manger, salon, escalier à ferronnerie, chambres à cheminées et trumeaux), ses communs et dépendances, chaumière, allée d'honneur, avant-cour et cour d'honneur sont inscrits depuis le 10 novembre 1997.

    le manoir de marseigne

    Le manoir de Marseigne est un ancien prieuré bénédictin de moniales, Marseigne est connue dès 1293 comme dépendant de l'Abbaye des religieuses de Notre Dame de Nevers. Malgré un incendie des bâtiments au XVIIIème siècle, il subsiste une belle demeure restaurée. C'est un logis à double-corps, dont l'étage est à colombages en croix de Saint-André et croix Grecques. Un avant corps hexagonal est pris en oeuvre en façade.

    la maison forte des matrats

    La maison forte des Matrats est construite au XVème siècle. Elle est accolée au bâtiment actuel, aux combles très pentues, une tour carrée à trois niveaux. C'est à cet endroit que Roger Gouby (voir paragraphe "Personnalités") travaillait et vivait à la fin de sa vie.

    la vieille tour

    La vieille tour est le vestige des fortifications de la ville, antérieures au XIIème siècle. Elle aurait été construite entre le XIIème et le XIIIème siècle, et aurait servi de prison.

    En partie détruite pendant la guerre de cent ans, elle est le dernier élément d'un mur d'enceinte qui en comptait sept autres.


    personnalités

    GUILLAUME DE JALIGNY

    Historien Français, secrétaire du Duc Pierre II de Bourbon, il était également chroniqueur du règne de Charles VIII.

    Il est connu pour avoir été, de tous les historiens contemporains, celui qui a le plus fidèlement rapporté toutes les intrigues de ce règne.

    MADELEINE ROBINSON (1917-2004)

    Actrice Franco-Tchèque, elle possédait une maison à Marseigne. Elle fut mariée avec l'acteur Robert Dalban, puis avec Guillaume Anestoy. Elle eut une relation avec Jean-Louis Jaubert, chanteur des Compagnons de la Chanson, et vécut également avec l'écrivain Espagnol José Luis de Villalonga. Naturalisée Suisse, elle vécut de nombreuses années à Montreux.
     Elle reçut une victoire du cinéma Français 1952, une mostra de Venise 1959, le prix du syndicat de la critique 1965, et un molière d'honneur en 2001. Elle tourna 80 films pour le cinéma, et dans de nombreux feuilletons et téléfilms. Elle connut aussi une belle carrière au théâtre. Les films et pièces notables où elle apparut sont: Tartarin de Tarascon, A double tour, le gentleman d'Epsom, Camille Claudel......

    Photo plus haut à droite, datant des années 1975-1978, lorsqu'elle donna une représentation avec Robert Lamoureux à l'Elysée à Vichy.

    Rue où Madeleine Robinson possédait une maison.

    DIDIER DERLICH (1965-2000)

    Né à MOULINS, c'était un astrologue et voyant très médiatique dans les années 1990.

    Il décéda du SIDA dont il déclara être atteint en direct sur l'antenne de RTL, en octobre 1995, où il animait chaque jour une émission.


    Il était aussi l'astrologue de référence, en plus de RTL, des émissions de "Sacrée Soirée" animées par Jean-Pierre Foucault sur TF1.

    Il acheta une maison à Jaligny (photos ci-dessous), mais il n'en profita guère, succombant à la maladie.

    René FALLET (1927-1983), est né à Villeneuve-Saint-Georges où son père, originaire du Bourbonnais, était cheminot. Il quitte assez tôt l'école, mais obtient tout de même le certificat d'études en 1940. Il s'engage, alors qu'il est encore mineur, en 1944. Il écrit lui-même au maréchal Pétain pour obtenir la libération de son père, incarcéré pour avoir écrit ou tenu des propos communistes. Il l'obtient et c'est un pas décisif dans sa prise de conscience du pouvoir des mots. Photos ci-dessous issues du musée René Fallet.

    Démobilisé en 1945, Blaise Cendrars croit en ses capacités, repère ses premiers poèmes, et le fait entrer à Libération. Il travaillera par la suite au Canard Enchaîné, visitera Londres, voyagera au Liban, et rencontrera Brassens en 1953. En plus de la littérature, il se consacrait du temps à la pêche, à la pétanque et au cyclisme. Il est fait citoyen d'honneur des villes de Villeneuve-Saint-Georges, Jaligny, et Thionne, et chevalier du mérite agricole en 1965. Il décède le 25 juillet 1983, et repose au cimetière de Thionne. Photos ci-dessous issues du musée René Fallet.

    Dix livres de René Fallet ont été adaptés au cinéma dont: Le Triporteur (1957) avec Darry Cowl, Les Vieux de la vieille (1960) de Gilles Grangier avec Jean Gabin, Noël-Noël, et Pierre Fresnay, La Soupe aux choux (1981) de Jean Girault avec Louis de Funes et Jean Carmet. Il participa également à l'écriture du scénario de Fanfan la Tulipe avec René Wheeler, et joué par Gérard Philippe. Photo ci-dessous: sa maison à Marseigne.

    De gauche à droite: Michel Audiard, Jean Carmet, René Fallet, et Georges Brassens.

    Avec son grand ami Georges Brassens.

    Un film mérite d'être cité à part: "Un idiot à Paris", issu du roman du même nom, inspiré directement d'un personnage réel ayant vécu à Jaligny. Il s'agit de Roger Gouby, '"idiot du village", dont Fallet s'inspira pour l'écriture de son livre. Ce "berdin" ou "bredin" était une figure locale dont on s'amusa, et dont on profita aussi parfois. Né à Vichy le 17 novembre 1906, célibataire,  il exerça la profession d'ouvrier agricole. Il connut une fin tragique par noyade à l'âge de 55 ans. Son corps fut retrouvé le 15 mars 1962 au lieu-dit "La Plage Lezé", mais sa mort fut estimée au 29 janvier de cette même année. Son décès affecta beaucoup René Fallet qui lui dédia un "Chant funèbre pour un ami bredin". Photo ci-dessus: Roger Gouby - photos ci-dessous: René Fallet et Roger Gouby, article retraçant le tournage d'"Un idiot à Paris", texte du "chant funèbre pour un ami bredin".


    René Fallet pris la plupart de ses idées de roman à l'"Hôtel de France", chez "L'Aimée" (photo ci-dessous).

    L'"Hôtel de France" ou chez "L'Aimée", où René Fallet prenait régulièrement ses quartiers, et où Jean Carmet, Georges Brassens, Guy Béart, Jean Lebfèvre ou encore Antoine Blondin vinrent se "désaltérer".

    Photo de classe plus bas, année 1934, où Aimée est assise au premier rang, la cinquième à partir de la gauche. Elle avait l'habitude de répondre aux visiteurs qui lui demandaient leur chemin: "si tu sais pas où tu vas, t'as qu'à rester chez toi!".