JALIGNY-SUR-BESBRE

    Les nombreuses photos ou informations détaillées sur les pages et différents menus de la commune ont été possibles grâce à l'ai- de précieuse de Madame BOUDONNAT Dominique qui, par ses recherches et sa gentillesse, nous ont permis d'être le plus complet et précis possible. Tous ses efforts et le temps personnel qu'elle a consacré à notre projet méritent nos plus vifs remerciements et notre immense gratitude.

    Superficie de 963 ha - Altitude de 239 à 307 mètres - 598 habitants environ

    Jaligny aurait été fondée en l'an 67, ce qui fait d'elle l'une des plus anciennes villes du Bourbonnais. La commune est connue sous les formes latinisées suivantes: Castrum Gallinici, Jaliniacum, Jaligniacus ou encore Jalenhiacum.

    Après un long et pénible siège, le seigneur de Jaligny vint à bout des Anglais. Il conduisit ensuite une expédition punitive qui le mena jusqu'à Worcester. Au Moyen-Age, en 1110, Elisabeth de Jaligny reprend, avec l'aide de son oncle, la forteresse, pillée par des voisins. Veuve, elle se retrouve avec ses trois fils qui ne s'entendent pas. L'un d'eux, à l'instar de son père, meurt en terre sainte. Un autre meurt assassiné. Sulpice, seul survivant, chasse sa mère. L'amour maternelle sera toujours le plus fort. En effet, elle n'hésitera pas à intervenir lorsque son aîné sera en difficultés. Avant de passer de vie à trépas, elle aura la présence d'esprit d'installer à Jaligny son petit-fils Hugues.

    Jaligny est témoin de plusieurs évènements annuels comme le concours agricole, institué en 1948, qui a lieu le week-end, trois semaine avant Pâques, dont les critères principaux de jugement sont l'état d'engraissement et la conformation des bovins pour la plupart de race charolaise. Capitale de la dinde, la commune organise chaque année, depuis le 16 décembre 1950, sa foire aux dindes. Cette dernière a lieu deux semaines avant Noël, le mercredi. La fête patronale a lieu pour la Saint-Hyppolyte, et la brocante le troisième dimanche d'octobre.

    Les journées littéraires ont lieu le deuxième week-end de juin depuis 1990. A cette occasion, sont décernés le prix René Fallet et le prix Bourbonnais. Ces journées, organisées par l'association "Agir en Pays Jalignois", attribuent le prix René Fallet à un auteur d'un premier roman de langue Française. Celui-ci doit être âgé de 40 ans au plus l'année de la publication de son ouvrage. Le prix du Bourbonnais a été créé dans le but de faire connaître les auteurs, éditeurs et ouvrages Bourbonnais. Toutes les catégories littéraires peuvent y participer. Ci-dessous le monument aux morts avec le coq, depuis malheureusement dérobé (photo transmise amicalement par Madame BOUDONNAT Dominique).

    En plus de posséder de nombreuses demeures historiques que nous vous décrirons dans un autre menu, Jaligny possède, entre autres: une maison aquarium (photo ci-dessous), une base nautique (seconde photo ci-dessous), un parc résidentiel de loisirs, le musée René Fallet (photo plus bas) incluant une médiathèque, et un champ de foire (dernière photo).

    Le père "Para", dans les années 30 et 40, était défini comme un "cheminot". Non pas qu'il travaillait aux chemins de fer, mais plutôt qu'il "traînait" les chemins. Personnage atypique, on menaçait les enfants pas sage de sa venue si ils ne se calmaient pas.

    Traversée et bercée par la Besbre, la commune offre quelques superbes points de vue aux promeneurs qu'il n'est pas rare de croiser, tout comme aux pêcheurs installés paisiblement à l'ombre d'arbres protecteurs. Ci-dessous quelques paysages qui vous donneront peut-être envie de visiter ou de passer quelques temps à Jaligny, tout en observant le ruisseau aux canards (photo ci-dessous).

    un petit peu d'histoire

    Côté historique, lors du coup d'Etat du 02 décembre 1851 (qui ne rencontra que peu d'opposition dans la région), un médecin et un pharmacien, notables républicains, réussirent à soulever une petite partie de la population. Le 04 décembre, ils firent prisonnier le Maire et le gardèrent prisonnier jusqu'au lendemain. Après avoir distribué des fusils, de la poudre et des balles, ils se rendirent ensuite de commune en commune pour recruter des artisans et paysans. Ils furent rejoints par quelques-uns des insurgés du Donjon, qui s'étaient distingués par de nombreuses exactions: investissement de la Sous-Préfecture de Lapalisse, séquestration du Sous-Préfet, assassinat de 4 gendarmes, et pillage du château du Donjon. La petite troupe décida de marcher sur Moulins, mais fut stoppée par la garde nationale qui procéda à des arrestations. Le 7, le calme était revenu.

    Au cours de travaux, fin 1934, des terrassiers exhumèrent dans le bourg des débris d'ossements de mammouth, dont une molaire bien conservée. Elle fut définie comme appartenant à l'Elephas Primigenius Blum. La position stratigraphique du fossile se trouva précisée comme étant liée à une terrasse ancienne de la Besbre. Une deuxième molaire fut découverte en 1938.

    Marseigne était une commune à part entière, dont le nom ancien, Marsinha, pouvait être un dérivé du latin Martis Signa (enseigne de Mars). C'était une paroisse placée sous le patronage de Saint-Blaise. Un prieuré était connu sur ce territoire en 1293, et le monastère aurait été construit sur l'emplacement d'un ancien camp Romain.

    Les bâtiments furent détruits par un incendie au XVIIIème siècle. L'église fut démolie au début du XIXème siècle, et la paroisse supprimée à la révolution. Il ne subsiste qu'un beau logis à double corps nommé "Le Couvent" (photo ci-dessus).  La commune de Marseigne fut rattachée à celle de Jaligny en 1792.

    La croix des mineurs (photo ci-dessus) délimite la fin du domaine des "Mineurs" qui débutait au carrefour des quatre chemins. Avant 1772, Jaligny n'était accessible que par deux voies: par le chemin de Fontbaudon ou en passant par les Moreliers, le Moulin de la Chaume, et les Turiers. Les deux côtés se rejoignaient derrière le château. La route a été construite avec les pierres des remparts détruits en 1772.

    Une grande partie de ce château est inscrite depuis 1972 à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.

    En juin 1940, après la percée de Sedan, le groupe d'armée n°4 de l'armée Française, commandé par le général HUNTZIGER (photo ci-contre issue d'internet), établit son quartier général au château

    Il fut exhumé plusieurs statères d'or et un tétradrachme Gaulois au titre de Philippe de Macédoine.

    A  Marseigne, de nombreux vestiges Gallo-Romains furent découverts à ses abords.

    Le trésor de Marseigne, mis à jour en 1868 et 1869, était composé de bijoux d'or et d'un lingot de bronze, le tout datant de l'âge de bronze.

    En plus de la fontaine (photo ci-contre), vous pourrez observer  les restes d'une tour (photo ci-dessous), vestige des fortifications de la ville , et des maisons à pans de bois du XVIème siècle.        

    Nous vous conseillons également la visite de l'église Saint-Hippolyte, édifice roman du XIème siècle, paroisse de l'ancien diocèse de Clermont à la présentation du Prieur du Saint Sépulcre de Moutier-Les-Jaligny, monastère bénédictin aujourd'hui disparu.

    le trésor de marseigne

    Comme vu plus haut, au lieu-dit "Champ Bonnet", des découvertes importantes ont eu lieu, dont deux squelettes, un anneau d'or et une lame de bronze. La sépulture du chef Gaulois contenait, de plus, deux torques en or hélicoïdal à crochets coniques, un crochet conique en or, un quart d'un très gros culot de bronze fondu de forme hémisphérique, un gros bracelet d'or, une agrafe de même métal, et une lame d'or enroulée "en ressort à sonnette" de 1cm de largeur

    Quelques temps plus tard, tout près de ce lieu, furent mises à jour des agrafes de bronze de l'époque Mérovingienne. Les sarcophages, de forme trapézoïdale, appartiennent à cette même époque.

    M. P. Abauzit, dans son ouvrage paru en 1962, "Revue Scientifique du Bourbonnais", apporte quelques renseignements complémentaires intéressants. En effet, c'est au sommet du coteau, en pente légère, au lieu-dit "Champ-Bonnet", que furent exhumés, en 1864, des sarcophages, et en 1866, des squelettes. Au cours du premier semestre 1868, furent successivement recueillis: un bracelet d'or, une spirale, un torques à tige torse et à extrémités coniques.

    En 1869, dans le haut du champ, un autre sarcophage fut découvert et, à côté, des fragments de trois crânes humains, ainsi que des débris de poteries grossières, faites à la main, complétés par un fragment de torques en or et un lingot de cuivre.

    Le torque hélicoïdal mesure environ 50 centimètres de longueur, et est formé d'une tige à section cruciforme, tordue sur elle-même et dont les extrémités coniques sont lisses.  Il est maintenant admis que les torques d'or étaient utilisés au début de la période IV du bronze (-1300 à -900), mais aussi quelques siècles plus tôt.

    L'origine des torques est Irlandaise. Le Bourbonnais était donc influencé, à cette époque, par un courant commercial d'origine Irlandaise. Et pour reprendre les termes de L. Fanaud, dans son ouvrage "L'Age du Bronze en Bourbonnais" page 14: "bien que l'épithète d'Aurifera Galliae ait été attribuée à la Gaule, le véritable Eldorado, à l'âge du bronze, pour l'Europe occidentale, était l'Irlande".

    A Jaligny, l'existence de ces torques peut s'expliquer par le voisinage de la grande voie fluviale de la Loire, ouverte aux influences de l'ouest et du nord-ouest, et aussi par celui d'un chemin proto-historique, qui suivait le cours de la Besbre, et gagnait le couloir Rhodanien, par Lapalisse et Roanne, en suivant l'un des deux tracés, soit par Arfeuilles, soit par Saint-Martin-d'Estreaux (L. Fanaud - L'âge du bronze en Bourbonnais - pages 14 et 15).

    patrimoine et belles demeures

    La partie de cette maison datant du XVème siècle, est entièrement exécutée avec des pans de bois, y compris du côté du pignon. L'ensemble arbore deux sortes de motifs, à savoir des croix de Saint-André, inscrites dans des carrés, ainsi qu'un motif plus simple, qui n'utilise qu'une décharge oblique. Le torchis d'origine est remplacé par un assemblage de briques, plus résistant. Quant au soubassement de pierre, il obéit à la pente, et présente un niveau d'élévation irrégulier.

    Photos de haut en bas: l'ancien hôpital  aujourd'hui l'école primaire de la commune. Les anciens bains-douches, devenus par la suite les vestiaires du club de football, et actuellement bâtiment de rangement. L'ancien moulin, ancienne propriété de Monsieur TURAUD.

    Photos de haut en bas: l'ancienne gendarmerie, aujourd'hui logements privés. L'ancienne cure, aujourd'hui transformé en logements, et occupée par les unités Allemandes lors de la seconde guerre mondiale. La ligne de démarcation passait au nord de la commune. L'ancienne maternité, devenue propriété privée.

    L'ancienne gare du Tacot (photo ci-dessous). Le Tacot fut mis en service le 26 octobre 1893, ligne entre Dompierre et Lapalisse. Le trajet durait 2h30 pour 42 kilomètres. L'hiver, un poêle était installé au centre du wagon. Ce dernier était éclairé par une grosse lampe à pétrole. Dans les côtes, il arrivait que les voyageurs soient priés de descendre afin de pousser ou de remettre une voiture sur rail.L'arrivée des autobus et voitures après la guerre de 14-18 fut le début du son déclin, jusqu'à sa fermeture le 04 mai 1938.

    les drames de la seconde guerre mondiale

    Au lieu-dit Marseigne, au croisement de la D480 et de la D989 (photo ci-dessus), allant de Lapalisse à Dompierre, se trouvait le café-restaurant-hôtel "Aux quatre Chemins", tenu par les époux Cantat (photo ci-dessous).

    Un résistant local, peut-être du maquis de Montaigüet-en-Forez, décida d'effectuer une mission de reconnaissance avec quelques hommes, afin de connaître l'importance des troupes Allemandes en forêt de Jaligny. Sur place, ils trouvèrent un stock de munitions gardé par un soldat qu'ils abattirent, et quittèrent les lieux.

    En début d'après-midi, deux d'entre eux entrèrent dans le café, et informèrent de leur acte toute l'assistance présente à ce moment là. Une heure plus tard, des véhicules Allemands sont aperçus, venant par la route de Neuilly-Le-Réal, et par le lieu-dit "Godet". Ce fut la panique. Tout le monde chercha à fuir.

    Madame Cantat et son fils gagnèrent une chambre où elle se mit derrière le rideau de la penderie, et son fils derrière la porte. Le grand-père et le petit-fils gagnèrent le grenier à foin, accompagnés de deux gendarmes de Jaligny qui se trouvaient dans le café. Dans le clapier aux lapins, trois autres personnes parviendront à se dissimuler, un autre laissera tomber son pistolet en enjambant un mur.

    Dès leur arrivée, les Allemands perquisitionnèrent et, dans la chambre, voyant bouger le rideau, un soldat ouvrit le feu. La grand-mère s'effondra, les deux bras et la poitrine percés par une balle.

    De leurs recherches, les Allemands trouvèrent six hommes, qui furent alignés contre un mur en vue d'être fusillés. De plus, il fut annoncé que le café allait être brûlé. Et c'est à cet instant que cet épisode de la seconde guerre mondiale tourna au tragique. 

    Au même moment, deux véhicules du maquis FTP "Guy Môquet" de Dompierre-Sur-Besbre, groupe dirigé par Monsieur Clusel, médecin et communiste, arrivaient par la route de Vaumas. Les Allemands se disposèrent de façon à couvrir tous les accès de la commune, et laissèrent s'approcher le groupe de résistants, puis ouvrirent le feu.

    Le premier véhicule alla s'écraser dans le fossé, et le second réussit, par une manœuvre audacieuse, à prendre la fuite. Dans la voiture criblée de balles, il fut dénombré six cadavres: Talon, Melon, Rigoudet, Cuissinat, Blanc et Mary.

    Le médecin de la commune, Monsieur Gilbert Dom, au mépris du danger, arriva à bicyclette pour tenter de sauver la grand-mère. Il fut prévenu par le forgeron Louis Gaillard. Sa réactivité sauva cette dernière. En effet, malgré un état très critique, les soins du Docteur Carteret, ainsi que du personnel de la clinique Jeanne-d'Arc à Vichy, lui permirent de vaincre un combat  de huit mois contre la mort.

    Amputée du bras droit au coude, infirme de 50% du bras gauche, la poitrine labourée, elle fut par la suite déclarée mutilée de guerre, et reprit sa place au café dès qu'elle quitta la clinique.

    Les Allemands libérèrent ensuite la population estimant les représailles suffisantes, et surtout, ils se rendirent compte qu'elle n'y était pour rien. L'arrivée des maquisards avait donc sauvé la vie d'une partie de la population de Jaligny.

    Ces derniers étaient stationnés à la sortie nord de Vaumas, et leur conduite outrancière (vol, alcoolisme, pillage....) n'était pas du goût des villageois. Leurs corps furent exposés dans l'église avec le produit de leurs vols, et la population refusa leur inhumation au cimetière communal.

    Il fut d'ailleurs découvert, dans une poche d'un des cadavres, une chaîne et une médaille en or, qui furent remises quelques temps plus tard, de manière anonyme dans un petit paquet déposé sur l'autel de l'église, à son propriétaire, victime des exactions des maquisards.

    On installa tout de même une plaque commémorative au lieu où ils avaient été abattus (photo ci-dessus). Celle-ci fut déplacée par la suite de l'autre côté de la route, le long du mur de l'actuelle gendarmerie. L'Arac commémore chaque année l'évènement, sans jamais associé la famille Cantat.

    Un nom y a été ajouté dans les années quatre-vingts, celui de Michelet Paulette. Née en 1930, elle succomba d'une balle perdue, le 05 septembre 1944. Ce jour-là, Paulette était avec Madame Fort, qui lui enseignait la couture. Une colonne de maquisards stoppa au carrefour. La fillette s'approcha. Au même moment, un soldat manipula maladroitement sa mitraillette. Le coup partit, et tua Paulette.

    et aussi quelques paysages