le mayet de montagne

    Superficie de 2903 ha - Altitude de 415 à 880 mètres - 1457 habitants environ.

    Le bourg, point de passage obligé entre la vallée de la Besbre et celle du Sichon, occupe une place stratégique dans la Montagne Bourbonnaise, et semble être habité depuis fort longtemps. Au Moyen âge, Le Mayet de Montagne appartient aux comtes d'Auvergne et ce, jusqu'en 1589, lorsque Henri IV, ratifiant le don fait par Catherine de Médicis à son petit-fils Charles de Valois-Angoulême, fils de Charles IX, modifie les limites du Bourbonnais. Un château féodal, réuni à la baronnie de Montgilbert en 1334, devient la résidence principale des Saulx-Tavannes au XVIIème siècle.

    Jean-Louis des Bravards d'Eyssat, dernier seigneur et aussi premier maire du Mayet, possède presque toute la Montagne Bourbonnaise à la veille de la révolution. En 1790, Le Mayet devient chef-lieu de canton. Au XIXème siècle, c'est un bourg prospère, essentiellement agricole, aux nombreuses foires renommées. Deux gros ateliers textiles fonctionnent. Les écoles de filles, de garçons et du cours complémentaire publics sont créés.

    Au XXème siècle, Le Mayet, qui voit sa population baisser, reste cependant le centre le plus actif de la Montagne Bourbonnaise, développant notamment la taille industrielle du granit qui occupe jusqu'à cent ouvriers. Différents outils sont nécessaires à la coupe d'un bloc de granit: les trous sont commencés avec la broche carrée, puis approfondis avec le raffineur, enfin le burin permet une perforation manuelle.

    Photo ci-contre: jardinier du Mayet-de-Montagne

    La vannerie est une activité rurale, souvent pratiquée en famille ou pendant les veillées, et permettant de fournir un revenu d'appoint. Les bois de noisetier et de châtaigner, la paille et l'osier sont tressés pour la fabrication d'objets utilitaires. Un panier, par exemple, sert notamment au transport des provisions aux champs, et les volailles y sont également placées les jours de marché. Photos ci-dessous: étang des Echaux.

    Plusieurs autels druidiques existent dans la région. Celui du Rez-Chatelus, ci-dessous issu du "Patrimoine des communes de l'Allier" page 679, parfaitement conservé, est un énorme rocher taillé de cuvettes circulaires et de bassins reliés entre eux par des rigoles. Il aurait servi à des sacrifices humains. Les victimes étaient sans doute brûlées dans une très grande cuvette à l'avant de l'autel, tandis que le sang peut remplir les cuvettes à l'arrière et s'écouler au nord par un déversoir. Une sorte de tribune se trouve légèrement en contrebas. Le nom de Courtine viendrait du latin Cortina, trépied ou autel des sacrifices. Ces pierres à cupules dite de "Courtine" étaient vénérées par la population. Elles coupaient les nuages et empêchaient la grêle de tomber sur le bourg.

    Les croix du Mayet datent de différentes époques. Modestes ou ouvragées, elles sont en pierre, en bois ou en fer. Traditionnellement, une croix est dressée dans chaque village. Une croix de pierre, située à l'entrée du cimetière (photo ci-dessous), date de 1700 ou 1732. Sans doute endommagée par plusieurs déplacements, elle porte des traces de réparation.

    Le Jolan prend sa source sur le territoire de la commune à 614 mètres d'altitude, dans la cave d'une ferme au lieu-dit "Les Echaux". Il coule pendant 25 kilomètres jusqu'à Cusset où il se jette dans le Sichon. Le Jolan est un ruisseau pouvant se montrer paisible ou agité, son débit étant très irrégulier. Il varie, à Cusset, de plusieurs dizaines de milliers de litres par seconde en période de crues à seulement quelques litres à la seconde en période de sécheresse. Les truites Fario apprécient ses eaux fraîches. Ci-dessous: oratoire et chapelle saint François.

    Le hameau de "Chez Guerrier" (photos ci-dessous) est sur un versant de la vallée du Vareille, au sommet du coteau qui fait face à Glozel (Ferrières-sur-Sichon), au nord-est. C'est en décembre 1927, au cours du labour d'un champ, que Claude Mercier y fait la première découverte. Il s'agit d'un galet poli aux extrémités et gravé d'un avant-train de cheval associé à une inscription d'une vingtaine de signes semblables à ceux de Glozel. D'autres explorations et fouilles permirent de découvrir de nouvelles pièces. Ce site fut le site le plus prolifique des sites périphériques de Glozel. Il a livré une trentaine de pièces, essentiellement des galets gravés et inscrits.

    Léon COTE (1888-1966)

    Né au Mayet-de-Montagne, Léon Côte est ordonné prêtre en 1912. Après la grande guerre, il obtient une licence de Lettres classiques et enseigne à Moulins pendant près de 20 ans. C'est de là qu'il est témoin de la bruyante contreverse de Glozel, à travers d'abord les échos qu'en donne la Société d'Emulation du Bourbonnais, dont il est membre. Parent de la famille Fradin qui découvrit le site, sa connaissance minutieuse de cette affaire lui permet de publier des ouvrages fondés sur une instruction solide et intelligente du dossier. Ses chroniques montrent le sérieux des études faites à Glozel et dénoncent les manoeuvres de nombreux adversaires qui ne songeaient, pour la plupart, qu'à une gloire personnelle. L'archéologie ne serait-elle pas une science où l'on bafouille plus qu'on ne fouille?

    Le lac des Moines (photos ci-dessus) tient son nom des moines de Montciau qui l'auraient créé. Ce plan d'eau de sept hectares, classé en première catégorie piscicole, fait le bonheur des pêcheurs. A proximité, et à côté du camping municipal (60 places, chalet bois et mobile-home), de multiples installations sportives et de loisirs ont été installés pour les touristes et les habitants de la commune: piscine chauffée, courts de tennis, beach volley... (photos ci-dessous).

    La coulée verte, aménagée, ci-dessous, permet de rejoindre le centre du Mayet sans avoir à emprunter  la route départementale.

    Reliant Vichy à Lavoine, le tacot, comme on disait à l'époque, fit son premier voyage en 1910. Cusset, Molles, Le Mayet-de-Montagne, Ferrières-sur-Sichon et enfin Lavoine étaient les principales étapes de ce petit train. Deux fois par jour, la cheminée de la poussive locomotive tirant ses wagons défraîchis laissaient échapper dans l'air un long panache blanc. A une époque où les liaisons routières étaient quasiment inexistantes, et où les automobiles créaient encore l'étonnement sur leur passage, le tacot de la Montagne-Bourbonnaise était un lien indispensable entre les habitants des vallées et ceux de la ville. Il permit au Mayet-de-Montagne, avec ses foires et sa production de granit, de devenir un carrefour économique important. Le tacot fit son dernier voyage le 22 avril 1949. Photos ci-dessous: le calvaire.