lavoine

    Superficie de 1753 ha - Altitude de 636 à 1287 mètres - 159 habitants environ.

    La commune semble être occupée dès l'époque Gallo-Romaine. le château de Pyramont, sur le rocher de Saint-Vincent, est successivement aux mains des sires de Bourbon, de Saint-Gérand puis de Montgilbert. Construit au XIème siècle, ce château occupait une formidable position dominant la vallée du Sichon et fut utilisé très tôt pour le contrôle de la haute vallée du Sichon et la surveillance du trafic entre les provinces du Bourbonnais, du Forez et d'Auvergne dont les limites s'enchevêtraient de façon fort imprécise dans l'immense zone forestière que formait la région. 

    Le nom de Fontbelle vient de la contraction de Font-Belle qui signifie belle fontaine. Proche de ce site se dressait jadis un château. Quelques murets, vestiges du château, sont encore visibles. Celui-ci était dans l'alignement du Rocher Saint-Vincent au nord-est et du Chatelard au sud-ouest qui était le lieu de refuge pour les abbesses de Cusset lors des guerres de religion. On peut aisément imaginer que ces trois sites se communiquaient certaines informations de visu par signaux.

    De part et d'autre de cette croupe montagneuse passaient en effet le grand chemin de Cusset à Saint-Priest-la-Prugne, ce dernier bourg relevant des comtes de Forez et la route de Thiers qui constituaient les principales voies d'accès et de pénétration entre les trois provinces. Supplanté dans ce rôle de surveillance des voies de communications des confins du Forez par le château de Montgilbert, Pyramont dut être abandonné, et était déjà en ruine au XVème siècle. Photos ci-dessous:  vue pendant le circuit du Roc Saint-Vincent, ruines du château de Pyramont et pierre druidique.

    La baronnie de Griffier dépend des sires de Châtillon et passe, en 1411, à Etienne de Norry. Elle reste attachée à Ferrières jusqu'à la révolution. L'histoire de la commune est en fait liée à celle du village des Pions, dont la population montre un fort esprit d'indépendance. En 1764, un huissier de justice escorté par deux soldats se rendit au village Pion. Un des habitants de cette communauté, pour ne pas avoir honoré une dette, devait être saisi. Des coups de bâton et des injures fusèrent sur les trois hommes quand ils eurent forcé la porte du logis. Ils fuirent, mais l'un d'eux mourut de la suite de ses blessures. Photos ci-dessous: village Pion.

    Après de nombreuses péripéties et un procès à Moulins, cinq villageois furent condamnés à mort. En 1793, les membres de cette même communauté refusèrent d'un bloc de répondre à la conscription. Entrés en clandestinité, ils créèrent dans les montagnes environnantes un important mouvement de révolte parmi les paysans. En 1800, les recherches pour retrouver les insurgés restèrent infructueuses. Aujourd'hui aux Pions, une statue de la Vierge est installée dans une cavité creusée à la main dans un bloc de granit (trois premières photos ci-dessous).

    La vaste forêt des Bois-Noirs sert de refuge aux habitants des Pions, ainsi qu'aux maquisards lors de la Seconde Guerre Mondiale. A 1 287 mètres d'altitude, le Montoncel est le sommet des Bois-Noirs et le point culminant de l'Allier. L'exploitation de la forêt des Bois-Noirs s'intensifie au XIXème siècle. La sapinière, autrefois exploitée pour la production de bois de feu et de charbon de bois, fournit maintenant des planches et des bois de charpente et de menuiserie. La hêtraie est entièrement exploitée par les charbonniers venus d'Auvergne et par les sabotiers. Les multiples opérations permettant de transformer un rondin de hêtre en sabot nécessitent l'utilisation d'outils spécifiques: la chole, sorte d'herminette, la couduire, qui est une grosse mèche, les taraires ou cuillères à creuser, la curette et le butoir pour traiter la chausse et le talon, le racloir, le tranchet et la percette pour achever l'ouvrage. Photos ci-dessous: vues depuis le Montoncel.

    La paroisse de Lavoine est créée en 1851. En 1880, la commune naît d'une partition de celle de Ferrières-sur-Sichon. Elle compte alors un peu plus de sept cent habitants. les activités essentielles sont la polyculture associée à l'élevage et le travail du bois. A la fin du XIXème siècle, les premières scies à eau installées sur le Sichon et la Besbre dès le Moyen-âge, se modernisent rapidement grâce à l'apparition de scies circulaires qui fonctionnent  grâce à l'utilisation de la force motrice de l'eau. Photos ci-dessous: scierie à eau.

    L'étang du Charrais, ci-dessous, est à l'origine une réserve d'eau pour faire fonctionner la scierie à eau présentée ci-dessus. Sa deuxième vocation est de faire bénéficier de ses eaux aux pêcheurs amateurs de carpes, brochets, tanches, perches, truites, friture dans un cadre naturel verdoyant et ombragé.

    Les scieries communautaires des Bois-Noirs produisent beaucoup, se spécialisant notamment dans les caisses d'emballage pour les bouteilles d'eau de Vichy, et débitent des sapins jusqu'à la fin des années 1950. Par la suite, les tronçonneuses, puis les tracteurs débardeurs feront le travail. A cette époque, les scieries quittent les bois pour se rapprocher des villages et bénéficier de l'électricité. Les tronçonneuses remplacent progressivement les passe-partout, et les tracteurs débardeurs supplantent les chars à boeufs. Ci-dessous: bachasse, imposante croix, panorama et ancien lavoir.

    Le rocher Saint-Vincent est un site privé composé de plusieurs blocs distincts. Très apprécié des promeneurs et des grimpeurs, plusieurs châteaux auraient été construits à son sommet. Les vestiges qui restent aujourd'hui sont vraisemblablement ceux d'une simple tour de guet. Après quelques minutes de marche, la récompense est à la hauteur des efforts fournis: une vue impressionnante s'offre aux courageux qui admirent un panorama sur les Bois-Noirs et le nord de la plaine de la Limagne. Deux statues de la Vierge Marie se trouvent au sommet dont celle de Notre-Dame-d'en-Haut (photos ci-dessous), installée en 2012.

    Guidés par une table d'orientation, vous pourrez également admirer le bassin Vichyssois, la chaîne des Puys, mais aussi la région de Bourges et les Alpes du Sud. Lieu d'escalade par excellence, le rocher Saint-Vincent est chargé d'histoire, avec les ruines du château de Puyramont, et de la chapelle dédiée à Saint Vincent Ferrier qui y prêcha il y a 600 ans, durant la guerre de Cent Ans. Aujourd'hui disparue, une statue dédiée à Notre-Dame de la Montagne (photos ci-dessous) se dresse à la place de cet édifice. Ce site, pour sa qualité exceptionnelle, est inscrit au Ministère de la Culture et de l'Environnement depuis 1974.

    La maison de Fau présentée ci-dessous est construite en pierre locale maintenue avec de la chaux de Ferrières-sur-Sichon. Aujourd'hui rénovée, elle regroupait jadis, d'un seul tenant l'habitation, la grange, l'étable et l'abri à bois. A la fin du XIXème siècle, la construction d'un chemin de fer économique à voie étroite ouvre la Montagne Bourbonnaise. A partir de 1910, les planches de bois, auparavant acheminées à l'aide de chars vers Cusset ou Vichy, sont expédiées par le tacot. Celui-ci est supprimé en 1949. La route prend alors le relais. Photo plus bas: ancienne gare ferroviaire et maison du Puy.

    Le monument ci-dessous est érigé en souvenir des habitants du pays qui se sont réfugiés dans les Bois-Noirs. Certains de ces maquisards ont été exécutés. Le monument aux morts présenté plus bas est construit en granit de la Montagne Bourbonnaise. Il commémore les disparus de des deux guerres mondiales.

    Le Champ-des-Rocs, au village de Matichard, est couvert de petits menhirs et de grosses pierres, que l'on dit avoir été jetés par le dieu Romain Tanaris Lithobole (Lithos: pierre, Bolos: lancer), à moins que ce ne soit par Gargantua... Ci-dessous, vue du rocher saint Vincent depuis le bourg et foyer de ski de fond du Montoncel.