le breuil: la fontaine mandrin

    Louis Mandrin est né le 11 février 1725 à Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs dans le Dauphiné. Son père est négociant-marchand. Aîné de huit frères et soeurs, il connaît une enfance sans histoire. Fait rare à l'époque, il sait lire et écrire.

    Le 30 mars 1753, au cours d'un affrontement entre deux bandes rivales, il participe à un double meurtre. Quelques mois plus tard, le 21 juillet 1753, le parlement de Grenoble le condamne par contumace à être roué vif, le même jour où son frère Pierre est pendu sur la place publique pour faux-monnayage. Pourchassé par la police, Mandrin décide alors d'entrer dans une bande contrebandiers dont il devient très vite le chef.

    A Dompierre-sur-Besbre,Mandrin et sa bande arrivent le 21 décembre 1754 et se trouvent nez à nez avec quatre cavaliers de la maréchaussée, contenant des hommes qui veulent les massacrer. Ils se contentent de les dépouiller de leurs armes et de leurs chevaux. Le même jour, ils passent à Vaumas et s'arrêtent pour dormir à Floret, actuellement Trézelles.

    Le lendemain, dimanche 22 décembre, la petite troupe arrive au Breuil. Trente-cinq hommes la composent, ensanglantés et farouches. Ils s'arrêtent dans une auberge. Mais, une femme les reconnaît: "voilà les contrebandiers! Il faut aller chercher la brigade de Vichy qui est chez Arpaja!" Arpaja, c'est le cabaretier.

    Utilisant cette information, les margandiers se ruent vers l'auberge, y pénètrent en trombe et abattent deux employés des fermes qui buvaient paisiblement et en tuent deux autres dans un champ voisin. Le capitaine de la brigade, Gilbert Bourage, est grièvement blessé et mourra quelques jours plus tard. Le registre d'état civil du Breuil témoigne de ce tragique incident. Il n'est plus question de quartiers, bien que plusieurs gâpians implorent la vie à genoux.

    Mandrin est ivre, à tel point qu'il tient à peine sur son cheval. Il ne commande plus, il vomit. c'est Bertier qui prend les décisions. Et elles sont sanglantes. Et c'est donc à la fontaine présentée ci-dessus et ci-dessous, qui depuis porte le nom de "Fontaine Mandrin", que la tradition orale prétend que les contrebandiers ont fait boire leurs bêtes. Ensuite, la bande de brigands trouva refuge à Châtel-Montagne pour panser les blessés et acheter deux chevaux.

    Le 12 mai 1755, Mandrin est arrêté au château de Rochefort en Savoie. Conduit à Valence, il est jugé et condamné à mort le 24 mai dans la soirée. Le lendemain étant un dimanche, il faut attendre le lundi 26 mai 1755 pour que le greffier lui lise son arrêt de mort. L'exécution aura lieu dans la foulée.

    Il est environ 17h lorsque Mandrin sort de prison. Il y a foule (6 000 personnes) jusque sur les toits. On peut même louer pour douze sous les gradins construits spécialement pour l'occasion.

    Des patrouilles ont été placées dans les rues de Valence et les portes de la ville sont fermées. Mandrin est nu en chemise, la corde au cou. Il porte un écriteau sur lequel est écrit en gros caractères "Chef des contrebandiers, criminels de lèse-majesté, assassins, voleurs et perturbateurs du repos public". Il tient dans ses mains une torche de cire ardente, du poids de deux livres. Tout en gardant son air fier et martial qu'il avait lorsqu'il se battait, il s'agenouille devant la cathédrale de Valence et dit alors: "Je demande pardon à Dieu, au roi et à la justice, de tous mes crimes et attentas...". Il est conduit ensuite à la place des clercs de Valence où se dresse l'échafaud.

    On lui donne de l'eau de vie ainsi qu'au confesseur qui s'évanouit. Il endure sans un cri son supplice. Il a les bras, les jambes, les cuisses et les reins rompus vifs. Il est placé ensuite sur une roue, la face tournée vers le ciel pour y finir ses jours. Sur avis de l'évêque de Valence, sensible à son repentir, le juge ordonne au bourreau de l'étrangler au bout de huit minutes.

    Son corps est accroché au gibet et sera exposé durant trois jours où, tel des pèlerins, de nombreuses personnes vinrent pour lui rendre un dernier hommage tant sa popularité s'était accrue. Sa mort marque la fin des agissements de sa bande, amis aussi le début d'une légende tant l'homme marqua les esprits de ses contemporains.

    le breuil: quelques vues pendant le circuit