le breuil

    Superficie de 3455 ha - Altitude de 290 à 510 mètres - 550 habitants environ.

    La commune est située sur l'ancienne voie Romaine, allant de Decize à Roanne, qui passe par Lapalisse pour ensuite rejoindre Arfeuilles. Jadis existaient trois fiefs: La Chaise, Beaupoirier et Le Breuil. La Chaise, dont il ne reste rien, appartient en 1380 à Henri Chantelot, vassal de Louis Aycelin de Montaigut-Listenois, seigneur de Montgilbert du Breuil. Sa famille le garde jusqu'au XVIIIème siècle.

    A Beaupoirier, en lieu et place du château, ne reste qu'une maison du XVIIIème siècle (photos ci-dessous). Le Breuil abritait un ancien château, dont les contours s'aperçoivent encore par endroits. Le village est surtout reconnu pour la chapelle des Aycelin de Montaigut. Le Breuil devient une commune à la Révolution. Son économie est fondée sur le commerce de proximité et l'agriculture.

    A Dugand, ci-dessous, la ferme est constituée d'une maison ordinaire entourée de quatre ou cinq petits bâtiments dont une grange. L'un des petits bâtiments contient, chose rare, une cuisine sarrasine. Il n'en existe que trois ou quatre exemplaires en France. Cette cuisine, dont le feu est au sol, est constituée de murs coniques débouchant sur une cheminée verticale.

    Au XIXème siècle, le vieux château du Breuil couronnait une motte artificielle, qui porte maintenant l'ancienne église paroissiale et sur laquelle, notamment, se reconnaissent des vestiges de murailles. Tout autour et jusqu'à la cure (photo ci-dessous), se distinguaient en outre, à divers endroits, les restes des talus et des anciens fossés.

    L'eau du petit puits ci-dessous couvert d'un chapiteau, s'écoule dans un bassin ovale d'environ trois mètres de long, qui servait autrefois d'abreuvoir. Le célèbre bandit Mandrin y fait boire ses chevaux le 22 décembre 1754, après avoir traversé Lapalisse, puis s'arrête avec ses hommes dans une auberge du Breuil. Avertis de son passage, les gendarmes les attaquent. Cinq de ses hommes y trouvent la mort, mais Mandrin réussit à prendre la fuite avec le reste de sa bande.

    Ci-dessous, le moulin de Montciant, se trouvant au bord du Barbenan. Toute la machinerie, intacte, fonctionne toujours, et permet de découvrir les techniques anciennes. A l'extérieur, se trouvent deux grandes roues encore en bon état, qui actionnent l'ensemble des machines. Photo plus bas: moulin du Breuil.

    Sur la route d'Arfeuilles à Cusset, par La Bruyère, point stratégique et passage à gué sur le cours de la Besbre, l'ancien château de Pont-Clavel dominait et surveillait la vallée de la Besbre du haut de son promontoire. Ce site défensif naturel a conservé le nom de Rez-des-Cars, et a fourni plusieurs vestiges d'occupation: traces d'habitations anciennes et vieux murs épais qui pourraient être les restes d'une fortification. Photos ci-dessous: le lieu-dit "Pont-Clavel" en 2017 et l'ancien abattoir.

    Au tout début du XXème siècle, la mairie s'oppose à la restauration de la chapelle romane. Devant ce refus, la population collecte les fonds nécessaires pour bâtir une nouvelle église sur un terrain offert par un particulier. L'église Saint-Blaise est élevée. La pose de la première pierre fait l'objet d'une cérémonie religieuse le 21 mai 1911. Cette pierre, posée à la croisée du coeur et du transept, contenait une bouteille en verre blanc renfermant une sorte de parchemin écrit en latin.

    Certains passages sont devenus, à cause de l'usure du temps, illisibles. Néanmoins, il a pu être traduit le texte suivant: "Bénédiction de la première pierre de l'église paroissiale du Breuil, don des paroissiens envers Dieu tout puissant, la bienheureuse Vierge Marie, Saint-Blaise grâce exécuté. A été bénie et posée par le révérend vicaire général Jacobus Henry, Emile Lobbedey, évêque de Moulins, Jean-Baptiste Penon évêque de Moulins nouvellement élu, Barthélémy Jonnier (pasteur ou prêtre), Jacques d'Allier, Jean Barge, prêtre de l'église, Jésus de Brya, prêtre de l'église Saint-Pierre, le docteur Brisson qui a donné le terrain sur lequel s'élèvera l'église, Madame Arnaud bienfaitrice, Michel Mitton architecte et M. Rambert maître d'oeuvre. Jonnier 21 mai 1911".

    Mais l'instabilité du terrain fragilise l'édifice. L'église est fermée au public suite à l'effondrement de sa voûte, en mai 1998, au lendemain d'une messe. En 2012, une partie de ses vitraux sont récupérés, répertoriés et stockés. Ses cloches sont déposées et déplacées pour retrouver une nouvelle vie sur l'ancienne église Notre-Dame. L'église Saint-Blaise est finalement détruite en 2013. Ci-dessous, lieu où était érigé l'édifice.

    Deux de ses vitraux sont exposés à l'église Saint-Anne. L'un d'eux représente Saint-Blaise, patron des bouviers et de la paroisse. Il se fête le 03 février. Il était médecin à Sébaste, en Arménie, sa ville natale, puis évêque sous l'empereur Romain Dioclétien. Ne voulant pas renoncer à sa foi, il fut décapité en 316 environ. Ses reliques ont ramenées en Arménie par des pèlerins revenant de Palestine en 1120. Il est invoqué pour les maux de gorge et les maladies des enfants. Le second vitrail est représente Saint-Anne. Son visage est celui de la grand-mère d'Antoinette, l'arrière grand-mère d'un certain Monsieur René Taillardat.

    Une de ses cloches, la plus grosse, pèse 593 kgs et est visible à l'intérieur de l'église Saint-Anne. Elle fut bénie en octobre 1911 et inaugurée solennellement le 19 novembre 1911.