le donjon: patrimoine

    voies romaines et vieux chemins

    La voie Romaine arrivait à Melleray. Aux Anglards, l'Abbé Debeaud signale une dépression de 6 mètres de largeur, qui marque le passage d'une voie Romaine. Une motte fossoyée apparaît en bordure du chemin, citée en 1673 comme jouxtant le grand chemin du Donjon à Lapalisse. Cette motte devait marquer l'emplacement d'un château-fort, siège de la seigneurie de Melleray.

    A l'ouest, sur un promontoire entouré d'un profond vallon, la Boutresse dut être une importante forteresse assurant la surveillance de la voie. Il est possible que son nom soit un dérivé de "bouteria", qui rappellerait le passage d'une chaussée Romaine.

    Le grand chemin, avant d'arriver au Donjon, passait par l'étang des Moulois. La voie primitive n'avait peut-être pas emprunté le même tracé sur ce dernier parcours. En effet, en déchaussant les bas-côtés de la route actuelle (Nationale 491), voici quelques années, il fut découvert sur sa partie rectiligne, à l'est de Fondiau, d'énormes pierres qui pourraient être les margines de la voie Romaine.

    Il est possible qu'à hauteur du Donjon, la voie principale détachait une branche sur Monétay-sur-Loire, laquelle devait passer aux Justices à Liernolles, puis se raccorder à la voie depuis Treteau, pour arriver à Talenne (Coulanges), suivant le "grand chemin ferré".

    Sur la voie principale, il est probable qu'elle suivait le tracé, ou un tracé très voisin de celui de la Nationale 494. Elle devait passer près du château de Contresol, aux Quatre-Vents, aux Millets, en laissant à gauche l'énorme motte oblongue dénommée "camp de César". Cette motte, qui doit être à l'origine Gauloise, a certainement été occupée par les Romains. Elle englobe aujourd'hui l'église du Pin.

    la chapelle saint hilaire

    La chapelle Saint Hilaire (XIIème-XVème siècle) fut certainement l'église primitive de la commune, et est aujourd'hui considéré comme le bâtiment le plus ancien du village. Son utilisation se limite de nos jours à la fonction de chapelle du cimetière.

    En 1606, elle est mentionnée comme une succursale de celle de Melleray. En 1690, la chapelle est décrite comme "étant en ruine", et elle est interdite au culte. En 1788, le cimetière paroissial est transféré autour de l'église Saint Hilaire, affirmant sa primauté sur celle de Melleray.

    Entre 1901 et 1903, la chapelle va bénéficier d'une campagne de restauration importante. Les baies vont être remplacées, et le clocher reconstruit. A l'intérieur, l'édifice va être orné d'un décor peint, et les baies habillées de vitraux colorés.

    Son implantation est sur un point élevé permettant d'envisager un site fossoyé à l'origine. Un pouillé du diocèse d'Autun mentionne Sanctus Hilarus au XIVème siècle. La commune n'apparait comme paroisse que plus tard, lorsque les habitants se regroupent autour du château, dont la chapelle devient église paroissiale.

    La chapelle se compose d'une nef unique, d'une travée de choeur, et d'une abside en hémicycle. La nef, d'époque gothique, comporte deux travées éclairées par des baies en plein cintre. Elle est surmontée par un haut toit en bâtière couvert de tuiles plates et orné d'une corniche à modillons. Son pignon est percé, dans sa partie haute, de baies géminées en cintre surbaissé.

    Au sommet, , un clocher peigne, de facture moderne, couronne l'édifice. La travée du choeur et l'abside, d'époque romane, ont des dimensions plus réduites que la nef. Les parties orientales sont percées de fines baies en plein cintre, de style roman, mais qui ont été remplacées à l'époque moderne.

    La nef est éclairée par un oculus polylobé. La façade est couronnée par une croix en pierre. La façade est percée par un portail moderne. Il comporte un tympan, orné d'une croix, soutenu par deux coussinets, et entouré par une archivolte aux voussoirs réguliers. Elle est encadrée par un cordon mouluré.

    Lors de sa restauration, au début du XXème siècle, le décor intérieur a bénéficié d'un  traitement soigné. L'ensemble de la nef est décorée d'un faux appareillage de couleur crème, délimité par des faux joints rouges. Une partie du choeur était ornée de panneaux peints et de fausses baies trilobées qui rappelaient le décor des vitraux de la nef.

    La nef communique avec le choeur par un arc en plein cintre.  La travée de choeur, très courte, est voûtée en berceau, alors que l'abside est couverte par une voûte en cul-de-four.

     La nef est également couverte d'une haute charpente en forme de carène de bateau renversée, qui repose sur deux entraits transversaux.

    Statue en plâtre polychrome représentant Saint Hilaire, patron de la paroisse.Plus bas, présence de plaques commémoratives de soldats tués lors de la première guerre mondiale.

    Il est à noter la présence de vitraux colorés, réalisés au début du XXème siècle, représentant quelques-uns des saints les plus vénérés par la piété populaire. De haut en bas: sainte Anne, saint Pierre, le Sacré-Coeur, saint Paul.

    la chapelle saint martin

    chapelle saint martin (xiième siècle)

    Ancienne église saint Martin de Melleray avant d'être rattachée à la paroisse du Donjon.

    Le culte y était assuré soit par le curé du Donjon, soit par des cordeliers venus du couvent.

    En 1791, Melleray est rattaché à la paroisse du Donjon. Son église était sous le vocable de saint Martin.

    Des modillons à copeaux ornent l'extérieur du bâtiment. La chapelle se compose d'une nef à deux travées avec un transept saillant surmonté d'une coupole. Deux absidioles en hémicycle se greffent sur l'abside. Une croix templière est conservée à l'intérieur. Une porte du XVème siècle en accolade donne sur l'ancien cimetière qui entoure l'ancienne église (photo ci-dessus). La crypte était utilisée par la famille La Bouttresse comme chapelle funéraire. L'édifice se situe  à proximité d'un enclos fossoyé (photo ci-dessous).

    croix fleurdelisée

    Aux Melleret, en bordure du vieux chemin, une croix fleurdelisée en granit du XIème siècle se dresse à proximité de l'ancienne église de la paroisse de Melleray. Elle repose sur un socle permettant les dévotions. Le Christ, sculpté au centre de la croix, a les bras et les mains disproportionnés par rapport au corps, contrastant avec la facture des fleurs de lis. Une niche est aménagée derrière le Christ, dont la fonction est encore de nos jours ignorée.

    le moulin à vent

    Toujours aux Melleret, le moulin à vent est construit au début du XVIIIème siècle. Un appentis ceinture la partie ouest du moulin. L'intérieur comporte deux étages avec un four à pain au rez-de-chaussée. Les ailes devaient être orientées au sud.

    l'église saint maurice

    A la fin du Moyen-âge, le culte paroissial saint Hilaire fut transféré dans la chapelle castrale, au centre du bourg médiéval. Suite à la révolution, les trois paroisses (Sanctus Hilarius, Melelray et Huillaux) furent regroupées, et le culte paroissial établi dans l'ancienne église des Cordeliers, située au centre du village. La paroisse fut rattachée au diocèse de Moulins, lors de sa création en 1823.

    Au XIXème siècle, l'ancienne chapelle des Cordeliers, trop petite, n'était plus adaptée à l'évolution de la commune et de sa population. Il fut décidé de bâtir une nouvelle église, au centre du bourg. L'architecte Mâconnais, Monsieur Berthier, fut choisi, et il construisit une église néo-romane. L'église Saint Maurice était née (1868). Elle possède un plan assez simple, mais des dimensions importantes. Partout, les formes romanes dominent. L'église comporte une nef à trois travées, prolongée par une travée de choeur, et une abside encadrée par deux absidioles. Cette nef est précédée par une tour de clocher.

    L'édifice est percé de nombreuses baies en plein cintre, et orné d'arcatures aveugles, notamment sur le transept et sur le clocher. Les toitures sont soutenues par d'élégantes corniches en pierre avec modillons.

    La façade est percée de trois portails. Le portail central, le plus important, possède un tympan nu, encadré par trois voussures retombant sur des colonnettes, par l'intermédiaire de chapiteaux sculptés. Au-dessus, une grande rosace éclaire le revers de la façade.

    La nef est éclairée par des fenêtres hautes. Elle communique avec les bas-côtés par de grandes arcades en plein cintre. La croisée du transept est encadrée par quatre hauts arcs surbaissés. L'abside et ses absidioles prennent une forme semi-circulaire, caractéristique de l'époque romane.

    Les travées de la nef et des bas-côtés sont couvertes de voûtes d'arêtes.

    Malgré les nombreuses ouvertures, l'intérieur de l'église est assez sombre.



    L'édifice a conservé plusieurs statues de style Saint Sulpice représentant quelques-uns des saints les plus vénérés par la piété populaire. Plusieurs d'entre eux sont également représentés sur les vitraux du choeur. Ci-dessous, Vierge en bois du XVIIIème siècle, et Christ en bois, également du XVIIIème siècle.

    Photo ci-dessus: saint Pierre en bois des XIVème et XVème siècle. Il est représenté assis sur le trône de Rome, les clefs du Paradis dans la main gauche, la tiare papale sur la tête, une grande croix rouge sur la chasuble, la main droite gantée et levée. Tous les attributs du fondateur de l'église Chrétienne apparaissent. Protégé au titre des monuments historiques. Ci-dessous, de haut en bas, saint Jean l'Evangéliste en bois doré, une piéta en bois, et saint Roch également en bois. Ces trois statues sont du XIXème siècle.

    l'ancien monastère des cordeliers

    Le Père Etienne Charelon, natif du Donjon, crée au XVème siècle le monastère des Cordeliers. Le premier couvent des Cordeliers voit donc le jour en 1450. La permission fut accordée par une bulle papale en 1449, après l'intervention de la duchesse de Bourbon. La donatrice, Louise d'Amboise, sera enterrée en habit de cordelier au milieu du choeur.  Après une prospérité évidente au XVIème siècle avec la création d'un noviciat, la décrépitude atteint le monastère au XVIIème siècle. Dès 1619, seules quatre religieuses sont mentionnées, et des querelles perpétuelles s'instaurent entre elles et les curés du Donjon. En 1638, c'est un couvent de femmes de l'ordre des urbanistes qui voit le jour.  Le couvent est mis en vente comme bien national, et est aujourd'hui la gendarmerie de la commune.

    le château des plantais

    Le château des Plantais possède deux tours à l'est présentant la particularité d'être moitié en cul-de-lampe, et l'autre moitié de reposer réellement sur le sol. C'est un corps de logis rectangulaire à rez-de-chaussée surélevé, étage et niveau de comble. Il est éclairé par de belles fenêtres à meneaux, et coiffé d'un toit d'ardoise, éclairé par des lucarnes à pignon, encadrées de pinacles.

    La façade postérieure est flanquée dans les angles de deux grosses tours rondes, alors que la façade principale est encadrée de deux fines tourelles, dont une moitié seulement repose sur le sol, l'autre étant en surplomb. Un escalier, à deux volées courbes convergentes et garde-corps ajouré, donne accès à deux portes-fenêtres.

    La voûte de la cuisine constitue l'une des parties les plus anciennes du château. de la motte primitive, il ne reste rien. Une restauration complète du château est réalisée au milieu du XIXème siècle.

    le château du plessis

    Actuellement la Mairie, le château du Plessis, du XIXème siècle domine un parc d'agrément et un bassin. C'est un corps de bâtiment à deux niveaux et niveau de comble, assis sur une terrasse, bordées de balustres, et coiffé d'un toit à la Mansart. L'accès par l'escalier central s'ouvre sur un avant-corps en forme de tour hexagonale.

    A l'arrière, une verrière que supportent des éléments métalliques avec volutes, protège une terrasse, bordée de balustres. Au premier étage, toujours derrière le bâtiment, une cloche règle la vie de la maison. Des soupiraux, sur le côté de la bâtisse, assurent l'aération d'un sous-sol, dont deux portes placées sur le côté de la terrasse permettent l'accès.

    La tour hexagonale est engagée dans la maçonnerie, et est surmontée d'une terrasse à balustres. Les ouvertures, fenêtres et lucarnes sont décorées d'angles moulurés, et de linteaux à rosaces. La façade, abondamment ouvragé par des rosaces et des moulures au-dessus des fenêtres, s'orne des initiales du propriétaire d'origine.

    Le portail d'entrée a nécessité un an de travail à deux artisans du Donjon à la fin du XIXème siècle. Si les rosaces, gueules de lion vissées sur les bases du portail, proviennent d'une usine, les nombreuses volutes et grilles sortent de l'atelier de ces deux artisans. Au sommet, sont forgées les initiales du propriétaire, et l'année 1881, qui se lit aussi bien devant que derrière. Un contrefort, réalisé avec minutie, sculpté de nombreuses volutes, s'appuie derrière les piliers centraux. Le château et les grilles proviennent de la famille Gantheret.

    Deux guérites se trouvent dans le parc du château. La première (photo ci-dessous à gauche), dont le toit est décoré d'un épi de faîtage en poterie vernissé, n'est pas restaurée. Elle se compose d'un tronc de chêne d'une hauteur de trois mètres environ, pour six mètres de circonférence. Une couverture en petites tuiles plates, parfois en chaume, avec bordure en zinc, recouvre la charpente en bois. Elles servaient d'abri aux châtelains surpris par la pluie au cours de leur promenade.



    La mare communale était autrefois le point de baignade favorite de la famille présente au château. Aujourd'hui, elle est un point d'eau paysager doublé d'un précieux réservoir de secours en cas d'incendie.

    Elle comporte une roselière à Massettes, des lisières humides à grandes herbes, et surtout des herbiers flottants à Potamot crépu et Renouée Amphibie.  Elle est également riche de 43 espèces végétales, et attire la faune sauvage, dont la poule d'eau, 8 espèces communes de libellules, ainsi que des crapauds et grenouilles.

    le château de contresol

    Le château de Contresol  se dresse sur une éminence, et est bâti sur deux niveaux en briques bicolores dans le style du XVème siècle entouré d'un grand parc. C'est un bâtiment en équerre, comprenant un soubassement en pierre de Volvic, et coiffé d'un haut toit d'ardoises percé de lucarnes sculptées, fenêtres à meneaux entourées de pinacles, et bordé d'un garde-corps ajouré.

    Parmi les sculptures qui ornent la façade du château, figure une tête de Bourbonnaise avec son chapeau à "deux bonjours". La totalité du château est classé aux monuments historiques depuis le 21 mars 2005, et définitivement classé le 27 mars 2006. Cela comprend les décors et les aménagements intérieurs, le parc avec son système hydraulique et ses fabriques, la chapelle, le château dit "vieux Contresol", et les communs.











    A la jonction du corps principal, et de la courte aile en retour, terminée par un mur en pignon, la façade antérieure est dotée d'une tour porche octogonale, surmontée d'un fin clocheton. L'extrémité opposée de cette face est terminée par un avant-corps en légère saillie. La façade postérieure est encadrée par deux avants-corps à mur pignon. Celui de gauche est pourvu d'une logette à claire-voie, et flanqué d'une tour polygonale à étage supérieur en retrait. A celui de droite, est accolé un gros donjon circulaire couronné de mâchicoulis.

    Le Vieux Contresol est un ancien manoir remanié vers 1750, et est composé de trois corps de logis entourant une petite cour carrée dont le quatrième côté est fermé par une bâtisse du XIXème siècle.

    personnalité(s)

    Prosper Terrier (1805-1876), médecin, Maire du Donjon en 1847, député en 1848, repose au cimetière de la commune, avec Bernard Honoré Prévéraud (1823-1920), juge de paix, élu au Donjon. Il est inscrit sur la pierre tombale: "proscrits tous les deux en 1851 et compagnons d'exil de Victor Hugo". Lors du coup d'état de Napoléon III en 1851, tous les deux, bourgeois libéraux, participèrent activement au soulèvement du canton du Donjon contre l'usurpation du pouvoir. Cela les conduisit en exil à Bruxelles, puis à Jersey avec Victor Hugo.

    Au revers, sur la pierre tombale d'origine, relevée et encastrée dans des éléments de garnit, est gravée la mention: "expulsés de France le 14 janvier 1852" (photo ci-dessus). Un poème de Prosper Terrier, intitulé "Réconciliation", apposé sur la tombe, indique son souhait "que la nature sauvage et libre reprenne ses droits sur sa sépulture" (photo ci-dessous).