Vos randonnées dans l'allier autour de molles

    molles

    Superficie de 2689 ha - Altitude de 325 à 495 mètres - 863 habitants environ.

    La commune, lieu de passage qui se trouvait sur la voie Romaine de Vichy-Feurs-Thiers, nichée au coeur de la Montagne Bourbonnaise, tiendrait son nom de la composition de ses sols et de la présence d'un grand nombre d'étangs sur son territoire. D'autres l'attribuent plutôt à la douceur du relief de ses collines. Etymologiquement, Molles est une fenêtre qui s'ouvre sur la Montagne Bourbonnaise, le premier jalon d'une succession de vertes collines qui culminent au Montoncel. Il n'existe pas de livre unique qui rapporte l'histoire de la commune. On trouve seulement des indices ici et là. Quelques fondations d'habitat Gallo-Romain ont été signalées sur la commune, près du bourg et dans le bois de La Buchère. En 1314, le château appartient à la famille Du Vernet. Il passe ensuite aux familles de Rollat, de Seneret et de Saint-Germain. A ce titre, jusqu'à la révolution, la paroisse s'appelle Saint-Germain-en-Molles.

    Un château féodal, dont rien ne subsiste, se dressait sur le mont Peyrou, un autre au bourg. Certains historiens les attribuent à la présence des Templiers dans la région. Le mont Peyrou est une ancienne coulée volcanique qui a servi de carrière, et où coule à ses pieds la cascade du "Gour-Saillant". Elle a en particulier alimenté en bossages noirs les fortifications de Cusset au XVème siècle, qui fut l'une des villes les plus fortifiées de France.

    L'ancien château-fort de Montpeyroux, dont il ne subsiste que quelques ruines, était installé sur un promontoire qui domine la vallée du Sichon. L'enceinte, flanquée de tours rondes, était composée de deux ailes reliées par un bâtiment qui a servi de grange à dîmes. Quelques pans de murs, ainsi que les vestiges d'une tour ronde, où l'on observait, jadis, une canonnière de la fin du XVème siècle, attestaient de la présence de cette fortification qui a été imposante.

    En 1569, la commune comprend deux terres principales: celle de Saint-Germain en Molles et celle de la Bussières-Molles, chacune appartenant à des seigneurs locaux. La terre de Saint-Germain étant beaucoup plus importante, ce nom sera finalement donné à l'ensemble de la commune. Et c'est à partir du XVème siècle qu'apparaissent quelques noms de villages et domaines que nous connaissons aujourd'hui. Durant la période révolutionnaire, la commune sera rattachée quelques temps à celle de La Chapelle sous le nom de Mansan. En effet, les révolutionnaires, imprégnés de la philosophie des Lumières, souhaitaient rompre avec le passé et bâtir une société où la raison primerait sur la tradition et le passé. Ainsi, les communes ne doivent plus comporter dans leur appellation aucune référence à l'église catholique.

    Sous le second Empire, Napoléon III se rend à Vichy pour une cure thermale et fait une visite aux Malavaux, à la suite de laquelle il accordera 17 000 francs à la municipalité pour l'ouverture d'une route desservant la vallée. Le village se développe et, à la fin du XIXème siècle, il connaît une période faste avec une population qui approche les 1 200 habitants. La première guerre mondiale, comme dans nombre de campagnes Françaises, aura un impact fort sur la démographie de la commune, qui baissera à partir des années 1920.

    Le début du XXème siècle voit l'apparition de nouveaux moyens de locomotion. En Montagne Bourbonnaise, une ligne de chemin de fer est ouverte en 1910. Elle supporte le "tacot" de Cusset à Roanne. En 1933, le train au départ de Vichy arrivait à Molles en 54 minutes et terminait à Lavoine après 02h30 de trajet. Les horaires étaient rarement respectés. En ce temps là, Molles était une station-étape où les voyageurs descendaient se désaltérer. La ligne sera fermée en 1949.

    En 1530, Balthazar de Seneret institue quatre foires annuelles, et aujourd'hui encore se tient chaque 01er mai une importante foire aux moutons et fromages de chèvre. La commune profite de cette journée festive pour faire revivre une tradition culinaire plus que centenaire: celle du flan au thym. On recevait la famille le 01er mai, mais à l'époque, la vanille était rare et chère. C'était donc le thym qui parfumait les flans.

    Le bâtiment qui abrite la mairie est très homogène. Le corps central à deux niveaux est encadré par deux corps latéraux symétriques d'un seul niveau. Les encadrements des ouvertures sont soulignés de briques.

    La croix pattée ci-dessous porte pour seules inscriptions "JHS" pour "Jésus Sauveur des Hommes", et la date de son érection.

    Le monument ci-dessous porte la mention suivante: "Jean Zay, 1904-1944. Ancien ministre de l'Education Nationale mort pour la France assasssiné au Puits du Diable le 20 juin 44 par les complices de l'ennemi."

    Cet avocat, député du Loiret, secrétaire d'état à la présidence du conseil, a été ministre de 1936 à 1939. Engagé volontaire en 1939, il est arrêté en 1940, interné à Clermont-Ferrand puis à Riom, avant d'être abattu par la milice dans le bois des Malavaux.

    Le site exact n'existe plus, éventré par l'avancée de la carrière. Plus bas, le chemin que gravit Jean Zay pour aller au supplice.

    Le site de "La Couronne", ci-dessous, occupe l'extrémité d'un éperon rocheux culminant à 395 mètres d'altitude. Des fouilles archéologiques, réalisées à la fin du XIXème siècle, ont permis la découverte d'un vaste bâtiment, occupé aux périodes Gallo-Romaine puis Mérovingienne, et de mobiliers remarquables: lapidaire antique et mérovingien, sarcophages mérovingiens, monnaies, céramiques... L'importance avérée du site rendait nécessaire un état des lieux de la documentation existante, puis de reprendre les investigations de terrain. Il a révélé la présence d'un lieu de culte siégeant probablement au sein d'une petite agglomération de hauteur. Il a également permis d'identifier les différents états d'aménagements de l'édifice, depuis le IVème siècle jusqu'au début du XIème siècle.

    Le premier état se caractérise par la présence d'un grand bâtiment rectangulaire dont la façade ouest est appareillée en épis (opus spicatum). Ce grand édifice, pouvant dater des IIIème/IVème siècles, n'était vraisemblablement pas isolé et fonctionnait peut-être au sein d'un petit regroupement d'habitations délimité par le rempart. Le second état correspond à l'installation du sanctuaire chrétien, au début du Vème siècle. Les traces d'un autel reliquaire, caractéristique des premiers exemples chrétiens, ont été repérées au centre du choeur. Elles sont matérialisées par quatre négatifs de base de colonnettes encadrant une fosse ovale dans laquelle étaient entreposées les reliques saintes.

    Une barrière de chancel a également été aménagée dans l'extrémité orientale de la nef, permettant ainsi la stricte séparation entre le choeur liturgique, réservé aux officiants du culte religieux, et la nef, réservée à l'assemblée des fidèles. Six imposantes citernes maçonnées ont été construites contre l'église au sud. Celles-ci permettaient d'irriguer les terrasses situées en contrebas, mais également d'alimenter la population du plateau en eau. Le troisième état de construction de l'église se traduit par l'adjonction, contre le choeur de l'église, de deux annexes latérales, pour lesquelles on peut envisager une vocation funéraire.

    Enfin, le dernier état repéré correspond à des réaménagements ponctuels de l'église au début du XIème siècle. Le site de "La Couronne" constitue une découverte exceptionnelle pour l'Antiquité tardive et le Haut Moyen-âge en Auvergne (IVème-XIème siècles). La première campagne de recherches a permis de démontrer que l'état de conservation des vestiges ouvrait de larges perspectives en terme de recherche et de valorisation. Le potentiel archéologique du site est cependant mis en péril par la pratique avérée de prospections au détecteur de métaux, laquelle s'inscrit totalement en dehors du cadre légal imposé par le code du patrimoine.

    La plaque funéraire ci-contre a été découverte lors des fouilles réalisées à la fin du XIXème siècle. Elle était à l'origine incrustée dans le couvercle d'un sarcophage mérovingien associé à l'église du site. elle a pu être datée de la fin du VIème/début du VIIème siècle par le style épigraphique.

    "in hoc tumulo requiescet in pacae bonae memoriae maria portans annus sept(m) et mensis quinque notavi die XVIIII K(a)l(endas) febarias"

    "Dans cette tombe repose en paix Maria de bonne mémoire, parvenue à l'âge de sept ans et cinq mois. J'ai noté le dix-neuvième jour des calendes de février".

    Les photos sont issues du site officiel de la commune de Molles.