MONTAIGÜET-EN-FOREZ: patrimoine

    le château de montaigüet

    Au XIIème siècle, le domaine de Montaigüet appartient aux moines de La Bénisson-Dieu, qui y possède une grange (grangia de Montaigu), en fait un véritable ensemble monastique. Au XVème siècle, l'abbé Pierre de La Fin fait reconstruire le château, autour de l'ancienne grange. Les moines vivaient en autarcie, et fabriquaient le pain et le vin. Ils vivaient également de l'élevage des chevaux et des vaches. Les communs n'ont encore aujourd'hui ni eau ni électricité. Bâtiment inscrit aux Monuments Historiques le 13 juin 1927.

    Le château se compose de murs de deux mètres d'épaisseur, d'un haut logis rectangulaire avec des fenêtres à croisillons et de quatre tours d'angle accolées au bâtiment central, orientées selon les points cardinaux. Une tour isolée, aujourd'hui disparue, permettait par un pont-levis, de franchir le fossé d'eau qui, à l'origine, entourait le château.

    Quelques meurtrières percent des tours circulaires de diamètres différents. Elles varient donc de forme: si deux sont rondes, une autre est carrée, et la dernière à pans coupés. La charpente est posée sur une couronne de corbeaux. La tour sud, plus petite, contient l'escalier à vis permettant d'accéder aux étages.

    Le corps de logis n'est pas divisé, et comporte une pièce unique par étage, agrémentée d'une cheminée. Les pièces aménagées dans les tours présentent des plans différents: circulaire, rectangulaire, ou hexagonal. Un dallage aux armes de Pierre de La Fin se trouve dans l'oratoire de la tour est. Les toitures prennent appui sur les modillons des mâchicoulis qui supportaient autrefois un chemin de ronde crénelé, sauf pour la tour nord qui a perdu son couronnement. Au-dessus des cuisines, voûtées en berceau, s'élèvent trois niveaux planchéiés, éclairés par des fenêtres à croisillons. Plâtrées à la révolution, les fresques de la chapelle furent mises à jour deux siècles plus tard. On peut reconnaitre les quatre Evangélistes: Mathieu et son ange, Jean et son aigle, Marc et le lion, Luc et le taureau.

    l'église sainte anne

    La paroisse, dès le XIIème siècle, dépend de l'abbaye cistercienne de La Bénisson-Dieu, située dans le Forez. Pierre de La Fin, abbé de La Bénisson-Dieu, fonde un chapitre collégial qui compte quatre chanoines. En 1496, l'église saint Marc, construite pendant cette période, est dédiée à sainte Anne. Le clocher fut reconstruit au début du XXème siècle.

    La nef possède une charpente en châtaigner, en carène de bateau, qu'un plafond cache. Le choeur à deux travées est voûté d'ogives nervurées qui retombent sur des culs-de-lampe. Le chevet plat possède une large baie à meneaux. A l'origine, des tuiles émaillées jaunes et vertes recouvraient la toiture, et un jubé séparait le choeur de la nef. Aujourd'hui, l'église est couverte par une imposante toiture à deux pans, habillée d'ardoises.

    La façade principale comporte le portail d'entrée, encadré par deux hauts contreforts à double ressaut. Un ancien oculus est aujourd'hui obstrué. Le chevet plat est percé par une baie à remplage, et soutenu par deux contreforts d'angles.

    Son intérieur est très sobre, et ne possède comme mobilier que quelques consoles sculptées dans le choeur, et une grande baie à remplage au fond de l'abside, qui a conservé dans sa partie supérieure, l'ancien vitrail où figurent deux anges portant les instruments de la Passion du Christ (XVème siècle).



    Les travées du choeur et de la nef sont percées, latéralement, par des baies en plein cintre fortement ébrasées. La nef unique est couverte par un plafond lambrissé qui masque la charpente. La nef communique avec le choeur par un grand arc en cintre brisé.

    La première travée de la nef est couverte par une imposante tribune, probablement construite au XIXème siècle, pour accueillir les nombreux paroissiens (891 habitants en 1852).

    Certains culs-de-lampe sont sculptés de figures animales: le taureau pour saint Luc.

    Le lion pour saint Marc, ancien patron de l'église.

    Son intérieur est très sobre, mais présente tout de même un mobilier abondant. Dominant l'imposante tribune, construite en 1903, une statue en pierre polychrome du XVème siècle représente la Sainte Trinité (classée Monument Historique).

    La collégiale était placée sous l'invocation de la sainte Trinité, confirmée par la présence de cette statue. L'Abbaye de La Bénisson-Dieu possède une sculpture semblable, mais de taille plus petite. Beaucoup de parties manquent par mutilation sur cette oeuvre à la suite de concile de Trente qui interdit de faire figurer le Père, le Fils et la Saint-Esprit ensemble. Ceci explique l'absence du crucifix dans la main droite, et la colombe dans la main gauche. La figure du Père Eternel se distingue par son attitude pleine de majesté, ainsi que par son habit cistercien.

    La croix pattée du XVème siècle ci-dessus rappelle l'existence de l'ancien cimetière groupé autour de l'église. Elle surmonte un autel, et est décorée de moulures. En général, les croix funéraires, présentes dans tous les cimetières, ont disparu lors du déplacement de ceux-ci au XIXème siècle.

    La pierre tombale, du XVème siècle, est coupée en deux dans sa longueur pour servir de banc à l'arrière du choeur. Elle est considérée comme faisant partie de la sépulture de Pierre de La Fin. Mais, il est fort à parier que le corps de l'abbé repose plutôt à La Bénisson-Dieu. Classée Monument Historique.

    les vitraux

    statues en bois doré fin XVIIIème - début XIVème siècle