montaigüet-en-forez

                        

    Les armoiries du village sont composées comme suit: écartelé, au premier d'azur semé de fleurs de lis d'or, à la cotice de gueules brochant, au deuxième et au troisième d'argent aux trois fasces de gueules, au quatrième de gueules au dauphin d'or.

    Superficie de 2243 ha - Altitude de 276 à 465 mètres - 321 habitants environ.

    L'origine du nom de la commune vient de "la haute colline" ou "monts acuetus", sur laquelle est édifié le village, dépendant du Forez.

    Le village est partagé entre deux provinces, le Forez et le Bourbonnais, et dépendait de l'abbaye Cistercienne de la Bénisson-Dieu, sous protection directe du Roi. Guy II, comte du Forez, donne se seigneurie de Montaigüet à la Bénisson-Dieu, au moment de sa fondation en 1138 par saint Bernard.

    En 1611, l'abbaye, occupée jusque-là par des moines, est échangée contre le monastère de femmes de Mégemont. Les religieuses s'installèrent dès cette date à la Bénisson-Dieu et à Montaigüet.

    De nombreuses pièces du Bas-Empire, datées de 270 à 350 sont exhumées aux Avrillons en 1891. La partie haute du village avec la collégiale fait partie du Bourbonnais, alors que le château et le bas du bourg dépendent du Forez.

    Au XVIIème siècle, une partie du bourg dépend de la paroisse de Lenax, et les habitants de Montaigüet doivent passer par cette église pour tous les actes religieux. La situation se compliqua en peu plus lors de la mise en place de la gabelle. En effet, la partie Forézienne en était exempte, alors que la partie Bourbonnaise la subissait. Un système de contrebande s'installa.

    Comme dans beaucoup d'autres communes du canton, de nombreuses traces de communautés sont relevées grâce aux noms pluralisés ou précédés de "chez", influence de la Montagne Bourbonnaise.

    La porte fortifiée, de style gothique, reste le seul élément des anciennes fortifications du village. Elle fut vraisemblablement édifiée à la fin du XVème siècle. La façade côté bourg (photo ci-dessous) ne comporte aucune ornementation. La chambre haute doit être l'ancienne salle capitulaire. De chaque côté, se trouvent les anciens logis des chanoines.

    C'est une construction de forme quadrangulaire percée d'un passage sous arc surbaissé, que surmonte une chambre de garde d'où l'on manoeuvrait un pont-levis. Dans la porte, et en haut de celle-ci, se remarquent les traces d'une herse, et l'emplacement de son mécanisme de fonctionnement. Edifice classé aux Monuments Historiques le 17 janvier 1924. Sur la façade, entre les rainures des leviers du pont-levis, est creusée une niche gothique, encadrée de pinacles,  occupée par une statue pourvue des insignes sacerdotaux. Il s'agit probablement de Pierre de La Fin, dont le blason, du XVème siècle,  est figuré en-dessous.

    Ce blason ci-dessous porte les armes des La Fin, dont deux écus en partie détruits pendant la révolution. L'un a dû autrefois porter les fleurs de lis du Bourbonnais, et l'autre le dauphin du Forez. Les armes des la Fin représentent un écu portant d'argent aux trois faces de gueules, à la bordure engrêlée de même, tombée de la crosse et de la mitre.

    De part et d'autre de la porte, sont accolées deux grosses tours cylindriques dont les toitures ont été rasées. Elles sont équipées de canonnières, et l'une d'elles permettait l'accès à la chambre de garde grâce à un escalier en vis.

    La ferme de la Groule (photo ci-dessous), du XIXème siècle, de caractère Forézien, ne correspond pas à l'architecture rencontrée sur les autres communes du canton.Une cave voûtée en pierre fut aménagée sous les pièces d'habitation. L'encadrement en brique des fenêtres indique des modifications à la fin du XIXème siècle. Plus bas: ancienne bascule, et lavoir du début du XXème siècle.

    Le monument aux morts représentant un arc de triomphe, avec un bouclier placé en son centre, et recouvert des noms des hommes de la commune tués à la guerre. Plus bas, un puits à deux rouleaux et deux manivelles du XIXème siècle, et une pompe à bras.

    La commune possède quelques habitations témoignant d'un riche passé, comme la maison Bardet de Saint-Julien (1ère photo ci-dessous), édifiée au XVIème siècle, de même que la maison voisine dite Maison "Ferret" ( 2nde et 3ème photo ci-dessous). Représentant local de la Bénisson-Dieu, Pierre Bardet de Saint-Julien (1592-1685), éminent jurisconsulte de son temps, fut membre du Parlement de Paris. Photo ci-dessus: blason sur la maison Bardet de Saint Julien.

    Maison Vergnaud. Ci-dessous: maison Mesplain.

    Croix des puits.

    J. M. Ernest Préveraud (1828-1907) prit part à la lutte pour la défense de la Constitution Française, après le coup d'Etat du Président de la République Louis Bonaparte le 02 décembre 1851. Il était accompagné, entre autre, par ses frères Léon et Jules, ainsi que par plusieurs républicains de Montaigüet. Tous furent jugés pour cette action , et J. M. Ernest Préveraud fut condamné à mort. Gracié, il passera alors huit ans au bagne de Toulon, puis dans les prisons de Belle-Ile et du Mont-Saint-Michel. En 1859, à la suite de l'amnistie générale, il rentre à Montaigüet, et vit dans la maison présentée ci-dessous jusqu'à sa mort.

    l'étang du moulin