le château de montaigu-le-blin

    Montaigu-le-Blin est un petit village entouré d'un certain nombre de collines escarpées dont on choisit la plus favorable pour bâtir la château après avoir taillé à pic tout le pourtour de sa déclivité. Le pont-levis franchi, on se trouve, sur un premier palier, en face d'une muraille qui barre le passage. Là encore, il faut affronter une porte, formant une nouvelle ligne de défense,  pour arriver à la partie supérieure.

    Tel était le dernier état des lieux de cette partie du château avant sa ruine. Il est difficile de se rendre compte de ce qu'il était au XIIIème siècle. Tout le côté du pont-levis, et d'une façon générale, tout le côté nord et nord-est de la forteresse, ont été remaniés au XVème siècle. Il n'existe, d'autre part, aucune description du château dans son état primitif, en dehors de cette courte mention relevé à l'aveu fait en 1377, au duc de Bourbon par Jean de Montaigu: "le château de Montaigu-le-Blin, dedans les tranchées et fossés dudit château, avec les appartenances d'iceluy".

    La longue courtine, qui domine le pont-levis, peu élevée par rapport aux tours anciennes, a été accolée à la partie datant du XIIIème siècle. L'encadrement gothique de la porte commandant l'entrée du pont-levis indique approximativement à quelle date. Un plan d'ensemble avait été probablement conçu lors de la construction du château, et il est fort possible que, de ce côté aussi, il y avait des tours semblables à celles qui subsistent au sud et à l'ouest. Une telle disposition était très fréquente au XIIIème siècle. Les murs de la longue courtine, avec saillant à angle droit, qui domine le quartier du pont-levis, ont été construits au XVème siècle et reliés à la grande tour touchant à la tour du guet. Le décollage au point de contact est visible, démontrant ce raccord, postérieur à la construction primitive.

    Telle qu'elle était au XIIIème siècle, la forteresse était formidable pour l'époque. Le système des tours tangentes entre elles, ou séparées par une étroite courtine, permet de protéger les murs de la façon la plus efficace contre la mine et la sape. Les murs y résistent par leur construction même, faisant corps avec les rochers de la montagne dans laquelle ils sont encastrés. La base des tours est en pierres de taille qu'il est extrêmement difficile d'attaquer par la sape.

    Un chemin de ronde fait le tour de la forteresse, suivant le faîte des murailles couronnées de créneaux avec mâchicoulis. Ces derniers sont un nouveau mode de défense, qui a pris naissance vers la fin du XIIème siècle. Ce sont des parapets de pierres en encorbellement, portés sur des consoles. On employait, avant l'usage des mâchicoulis, des charpentes mobiles appelées hourds, qui remplissaient le même objet. Mais, elles n'étaient pas à poste fixe et devaient être hâtivement construites, en cas de siège. Ils présentaient l'inconvénient de s'enflammer facilement, au contact de matières incendiaires lancées par l'ennemi, à l'aide de machines, mangonneau, trébuchet, catapulte, et résistaient mal aux énormes pierres que ces mêmes machines projetaient avec une grande violence.

    Hourds et mâchicoulis permettaient, du haut des remparts, un tir plongeant et des jets de pierres, tout en protégeant l'assiégé des traits de l'assaillant. La base extérieure des tours est construite en plan incliné, ce qui fait rebondir sur les larges pierres de taille les projectiles lancés du sommet, et les rend plus meurtriers pour l'ennemi qui chercherait à pratiquer une sape. Tout a été combiné pour que rien ne manque à ce système complet, conçu d'après les plus savantes, les plus récentes méthodes de l'époque.

    Enfin, le château possédait une demi-lune, ouvrage de défense avec doubles fossés, qui est très caractéristique des fortifications du XIIIème siècle. Elle se trouvait entre les fossés et les arrière-fossés. L'intérieur de l'édifice comprenait une grande salle, des cuisines, une chapelle, un puits, des magasins à vivres, et aussi le corps de logis des Chabannes construit au XVème siècle.

    En 1439, Guichard de Montaigu vendit le château à Jacques Ier de Chabannes. Celui-ci l'agrandit beaucoup, et en fit une place forte favorite. c'est là, loin des routes suivies, qu'il mettait à l'abri des surprises, ses prisonniers et sa famille. C'est ainsi qu'après le combat de Nolay, en Bourgogne, y fut enfermé avec ses compagnons d'armes, Jehan de Granson, seigneur de Pesmes, dont s'était emparé le frère de Jacques Ier, Antoine de Chabannes, comte de Dammartin.

    Ce fut pour se venger de cette captivité que, au printemps 1443, le seigneur de Pesmes vint enlever les deux fils de Jacques Ier, Geoffroy et Gilbert de Chabannes, pour les emmener prisonniers à Dijon. Malgré des échanges parfois vifs, c'est Isabeau de Portugal, duchesse de Bourgogne qui régla le différent, et les deux jeunes de Chabannes furent rendus à leur père le 09 mai 1443.

    Cependant, Guichard de Montaigu était mort sans que Jacques de Chabannes lui eût jamais payé le prix convenu lors de la vente du château. Après de vaines réclamations, ses deux fils, Jean et Jacques de Montaigu résolurent de reprendre de vive force leur ancien domaine. Ce qu'ils firent. Dès que Jacques de Chabannes fut informé de ces évènements, il réunit une grande troupe d'hommes et vint mettre le siège devant son château pour le prendre d'assaut et faire pendre ceux qui l'occupaient, qui finirent par se rendre.

    Après la mort de Charles VII, Montaigu-le-Blin connut encore un moment de célébrité lors de la Ligue du Bien Public. Ce fut, en effet, à Montaigu que se réunirent la plupart des conjurés, notamment le duc de Bourbon, le duc de Nemours, l'évêque de Bayeux, le sire d'Armagnac et Antoine de Lau qui projetaient de faire enlever Louis XI qui venait d'arriver au château de Montluçon. Après l'échec de ce complot, le château fut pris par les troupes du roi, et en partie démantelé.

    En 1651, lors de la Fronde, le château, occupé par le baron de Queille au nom du prince de Condé, fut assiégé et pris par les troupes royales. Il est probable que la ruine du château date de ce siège.

    la catastrophe ferroviaire du 01er août 1922

    Pourquoi raconter une si sinistre histoire? Tout simplement parce qu'elle impacte directement la commune de Montaigu-Le-Blin. L'émoi particulier qu'elle a provoqué tient à la fois aux circonstances singulières dans lesquelles elle s'est produite, au nombre de morts (33), et à la qualité des victimes, toutes issues du Bourbonnais et se rendant à Lourdes. Parmi les passagers, le curé de Montaigu-Le-Blin, l'abbé Giraudet.

    Pour assurer le transport des quelques 2 000 fidèles participant à son pèlerinage annuel à Lourdes, le diocèse de Moulins avait affrété trois trains spéciaux partis le 31 juillet 1922 de diverses gares du département de l'Allier. L'une des locomotives donnait des soucis aux trois cheminots qui l'avaient en charge, et qui devaient faire face à des avaries affectant à la fois l'injecteur et la pompe à air des freins. Ainsi, au fil des kilomètres, l'avance sur le convoi suivant s'était progressivement amenuisée.

    Disposant  probablement d'une force de traction amoindrie par la production de vapeur insuffisante de sa chaudière, et patinant sur les rails rendus glissant par la brume matinale, alors que ses sablières fonctionnaient mal faute de pression d'air, la locomotive tomba rapidement en détresse. Mécaniciens et chauffeur effectuèrent plusieurs tentatives pour redémarrer, allant jusqu'à descendre de leur cabine pour répandre des graviers sous les roues motrices. Leurs efforts leur permirent de gagner quelques centaines de mètres par à-coups, mais ils échouèrent à peu de distance du sommet d'un raidillon, la machine s'avérant définitivement incapable d'y hisser son train.

    Lorsqu'elle s'efforça d'immobiliser le convoi pour l'empêcher de repartir en sens inverse, l'équipe de conduite ne put que constater que le frein à air se révélait lui aussi défaillant par épuisement du réservoir de commande. Le mécanicien donna bien les coups de sifflet réglementaires demandant le serrage des freins à mains des deux fourgons, mais le garde-frein du fourgon de queue l'ayant quitté pour couvrir le convoi, seul celui de tête put s'exécuter. Mais, son intervention, limitée à un seul véhicule au demeurant léger, ne suffit pas à enrayer la dérive de la lourde rame, qui commença à reculer dans la pente qu'elle venait de gravir péniblement.

    Durant ces évènements, le mécanicien du train suivant fut averti des difficultés du convoi le précédant par le grade-frein resté en couverture. Il observa alors une prudente marche à vue en guettant dans la pénombre du petit jour les fanaux du fourgon de queue qu'il apercevait parfois à un détour de la voie. Lorsqu'il constata que ceux-ci non seulement ne progressaient plus, mais même se rapprochaient rapidement, il comprit que le train redescendait, et que le tamponnement était inévitable. Il opéra donc un arrêt d'urgence qui immobilisa son convoi.

    Ce furent les trois derniers véhicules, à caisse entièrement en bois, qui en s'écrasant contre le train à l'arrêt, le refoulant d'un mètre, amortirent à eux seuls le choc. Le fourgon de queue fut d'abord littéralement désarticulé par les deux dernières voitures, l'une de troisième et l'autre de deuxième classe, qui s'y encastrèrent en projetant ses parois latérales contre les barrières du passage à niveau, et vinrent ensuite se fracasser contre la masse d'acier de la locomotive, ne lui causant au demeurant que des dégâts insignifiants. Il était 4h50.

    La collision ne fit aucune victime parmi les cheminots et voyageurs du train tamponné. En revanche, sur les 600 pèlerins du train défectueux, ceux de la tête et du milieu ressentirent à peine les effets du choc. Celui-ci s'avéra meurtrier dans les compartiments disloqués des deux dernières voitures, dont beaucoup d'occupants furent broyés et déchiquetés en plein sommeil. Seuls ,quelques-uns, dont l'évêque de Moulins, ne subirent que des contusions sans gravité. Le curé de Montaigu faisait partie des victimes. Ci-dessous, le transport des victimes.

    Après plusieurs décès survenus les jours suivants l'accident, son bilan a été définitivement établi à 33 morts et 32 blessés, dont la plupart provenaient des mêmes villes ou avaient des liens de parenté, compte tenu de la composition des trains de pèlerins. Ainsi, une famille de Vichy perdit sept de ses membres dans la catastrophe.
    Les manifestations de compassion furent à la mesure des circonstances et de la qualité des victimes, qui devaient donner aux témoignages de solidarité suscités par le drame une caractère particulier mêlant intimement le civil et le religieux.

    Deux stèles commémoratives de granit en forme de croix furent érigées, l'une sur les lieux du drame (photo ci-contre), l'autre à Lourdes.

    la pierre des bénitiers


    Au bois de Beaurepierre se trouve la "pierre des bénitiers". C'est une pierre à légendes possédant deux orifices: le bénitier du Bon Dieu et le bénitier du Diable.

    Elle n'est actuellement plus visible, se trouvant sur une propriété privée, et cachée par les herbes hautes et les ronces.

    Il se dit que lorsque le vent souffle (nous ne pouvons vous dire de quel côté précisément), la pierre se met à chanter ou à siffler.

    le camp de césar

    Au lieu-dit "Peunémin", proche de la voie Romaine, se distingue le sommet arasé du promontoire de Chassemiane, qui est l'emplacement d'un ancien oppidum ou, l'endroit où César aurait établi son camp. Les photos ci-dessous sont sous réserve de l'emplacement de ce promontoire.

    vues pendant votre circuit