montcombroux: patrimoine

    la chapelle sain Jean-baptiste

    Les photos de l'intérieur de la chapelle ont pu être réalisées grâce à la disponibilité et à la gentillesse de Madame Etienne.

    L'église et la paroisse sont placées sous le vocable de saint Jean-Baptiste (mort vers 29), le prophète qui annonça la venue de Jésus de Nazareth, et qui le désigna comme "l'Agneau de Dieu". La tradition prétend qu'il fut délivré du péché originel et sanctifié dès le sein de sa mère. Il baptisa le Christ sur les bords du Jourdain, et subit le martyre sous Hérode Antipas. Sa vie, comme précurseur du Christ, est décrite dans les quatre évangiles. On atteste la présence d'une église dédiée à la Vierge sainte-Marie dans un document où il est fait mention du don de l'an 966 par Bertrand, vicomte d'Auvergne, au prieuré clunisien de Paray-le-Monial. Ce chef de la paroisse de Montcombroux, ainsi que la motte qui le portait relevait directement de la chastellenie de Chavroches en 1569. La paroisse faisait partie du diocèse d'Autun, jusqu'à la création du diocèse de Moulins en 1823.

    A la fin du XIXème siècle, le développement de l'activité houillère entraîna la création d'un nouveau bourg, situé à quatre kilomètres de la chapelle. Ce bourg fut doté d'une église (1857) et d'un cimetière. L'église du Vieux-bourg et son cimetière ne perdirent pas leur statut paroissial. Le village fut donc divisé en deux: le bourg des paysans et celui des mineurs. La chapelle Saint-Jean-Baptiste, du XIIème siècle, est l'un des rares édifices à être encore entouré de son cimetière, bénéficiant également d'un cadre paysager préservé. Les notables reposent dans l'église près du choeur, dont les seigneurs de Roudon et de Montcombroux de chaque côté. Les représentants  des puissantes communautés familiales Croizier et Meilheurat reposent à proximité. L'interdiction de 1776 mettra un terme à cette pratique.

    Reconstruite au XIIème siècle, cette chapelle a conservé de l'époque romane une nef rectangulaire unique de deux travées prolongées par une courte travée de choeur droite, et par une abside en hémicycle. Les murs latéraux de la nef n'ont pas conservé d'ouvertures de l'époque romane. La nef est éclairée par une baie de chaque côté, et s'ouvre par une porte au sud. La travée de choeur a conservé une fine baie en plein cintre de chaque côté. Elles sont identiques aux fenêtres qui éclairent le fond de l'abside. L'église a fait l'objet d'importantes réparations en 1993, et est inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.

    Le campanile de Montcombroux, dont il ne reste la colonne centrale, a été remplacé au XVIIème siècle, par un clocher carré qui domine le choeur. Il est percé sur chacune de ses faces, par une large baie en plein cintre, à l'exception de la face est, qui comporte une baie géminée en cintre légèrement brisé, retombant sur une colonnette centrale. La cloche fut fondue en 1848. elle s'appelait Anne-Gabrielle. Elle avait été offerte par Anne Gabrielle Meilheurat des Prureaux.

    La travée de choeur est voûtée en berceau plein cintre avec doubleau (arc faisant saillie) sur pilastre à impostes.

    La façade est percée d'un portail massif plaqué sur la maçonnerie. Le tympan est encadré par une archivolte bien appareillée qui retombe sur des colonnes par l'intermédiaire de chapiteaux à la sculpture très abîmée. Il porte un décor à entrelacs, usé par l'incrustation d'une pierre armoriée. La porte principale s'ouvre dans un avant-corps, sous deux voussures reçues par des colonnes.

    Ci-dessous, le chapiteau de droite porte un décor de pommes de pin ou de grappes de raisin stylisées.

    Les entrelacs, ainsi que le tracé en fer à cheval de l'archivolte peuvent laisser supposer que ce portail remonte à l'époque carolingienne. De par ce dernier, l'église porte témoignage de l'existence d'un sanctuaire antérieur à l'époque pré-romane. Le labyrinthe ci-dessous est gravé de chaque côté d'un serpent qui se dresse, symbolisant l'initié qui a acquis la connaissance de la Lumière divine.

    La première travée de la nef est surmontée d'une tribune en bois. La nef communique avec le choeur par une grande arcade en plein cintre.

    Ci-dessous, sépultures de la famille Croizier et de la famille Meilheurat.

    La nef est couverte d'une voûte en berceau plein cintre. Les murs latéraux de la nef sont creusés par des grandes arcades qui font office d'arcs formerets. La travée de choeur communique avec l'abside, voûtée en cul-de-four, par un arc en plein cintre. Il subsiste dans l'abside une peinture murale de style néo-roman, dans un très mauvais état (photo ci-dessous).

    En 1860, existait encore, au-dessus de l'ancien banc jadis réservé aux seigneurs de Roudon, un fragment de vitrail armorié, fascé d'argent et d'azur à trois roses d'argent rangées en chef. Peut-être étaient-ce les armes des La Rouzière, seigneurs de Roudon. Par ailleurs, lors d'une réparation du choeur, il a été trouvé une pierre sculptée du XVIème siècle, et qui porte un écu à trois masses d'armes rangées deux et une. Ces armoiries n'ont pu être attribuées. Vendue le 9 Germinal An VII pour 2 000 Francs à Pierre Meilheurat des Prureaux, l'église restera dans la famille jusqu'à la deuxième moitié du XXème siècle. Elle en fera don à l'évêché de Moulins.

    L'édifice a conservé un mobilier abondant, dont de nombreuses statues en plâtre polychrome de style saint Sulpice (XIXème et XXème siècle).

    Sainte Thérèse de Lisieux

    Saint Louis, Roi de France

    Saint Antoine de Padoue

    Sainte Jeanne d'Arc

    Le saint Curé d'Ars

    Saint Joseph

    Saint Michel

    Saint Roch

    Photo ci-dessus: saint Jean-Baptiste. Il est fréquemment représenté comme un ascète, vêtu d'un manteau rugueux, et se penchant sur un agneau. Il s'appuie habituellement sur un bâton orné d'une croix. Photo ci-dessous: vue depuis la tribune.

    Photos ci-dessous, de haut en bas: Statue en bois de la sainte Vierge du XIIIème siècle, Statue en bois doré de saint Joseph, Statue en bois doré de sainte Anne.

    le château des prurots

    Le château des Prurots, de la seconde moitié du XIXème siècle, est composé d'un corps principal de bâtiment de forme rectangulaire à trois niveaux, anglé d'une tourelle ronde à toit conique. Une tour hexagonale, prise en maçonnerie, sert d'accès au centre de la façade. Des chaînages de pierre moulurés agrémentent la façade.

    Dans la salle du château, une cheminée en bois, avec colonnes ouvragées et limiers sculptés, s'harmonise avec un plafond à la Française orné de blasons sous chaque poutre maîtresse.

    Les communs datent du XVIIIème siècle, et comprennent écuries de chevaux et four à pain. Une réserve d'eau sert  de vivier, et des drains souterrains amènent l'eau à la basse-cour. Un étang était autrefois aménagé, notamment pour le rinçage du linge. Il existe également une glacière au coeur du parc.

    la chapelle du bourg

    La chapelle fut construite en 1857 dans le nouveau bourg, à proximité des puits d'extraction, assez loin de l'ancien. Pendant longtemps, la population est séparée entre paysans et mineurs, les premiers continuant à fréquenter l'ancienne église, et à être enterré dans son cimetière.

    A l'intérieur, tout évoque la vie du mineur, comme par exemple les lampes de mineurs sur ou à proximité de l'autel. Les mineurs entraient par la porte principale. Une petite porte permettait de prendre place directement dans  la partie réservée à son intention.

    Photo ci-dessous: Statue en bois du XVIIème siècle de sainte Barbe, patronne des mineurs. Les drapés de cette statue sont taillés avec un réalisme surprenant. Le 04 décembre, une procession se déroulait avec la statue dans les rues du village, suivie d'une messe. Inscrite aux Monuments Historiques.

    maison bourgeoise dans le vieux bourg

    Dans le vieux bourg, se trouve une maison bourgeoise avec une tour carrée à lanternon accolée à un logis remanié avec communs de la fin du XVème siècle. La photo ci-dessous a été cédée gracieusement par Aristos Bouïus et Gerrit Schelling, et réalisée par Aristos.