montcombroux-les-mines

    Superficie de 2342 ha - Altitude de 281 à 414 mètres - 334 habitants environ.

    Le nom de la commune est issu de son établissement sur une colline, le mont Combroux (Montecombrosio). En 1946, il est rajouté "Les Mines". En 966, le vicomte d'Auvergne donne au prieuré de Paray-Le-Monial, l'emplacement de l'église qui dépend du diocèse de Clermont. Plusieurs seigneuries voient le jour au Moyen-Age sur la paroisse: Roudon, Les Certaines, La Cote et Montcombroux. Les prévôtés, titre qui disparaitra au début du XIVème siècle, sont au nombre de quatre: Bois-Mean, La Coste, Blossanges et Arban.

    Des vestiges de murailles existaient encore récemment sur une petite croupe du relief qui porte le nom significatif de Vieux château. Il reste actuellement les vestiges d'une plateforme carrée de 25 mètres de côté, entourée de fossés de plus de 10 mètres de large. Au bourg, il existe également une motte ronde entourée de fossés profonds. Une construction récente y a remplacé le château primitif. Un terrier de 1509 signale la fortification qui comprend "la motte et foussés de Montcombroux, contenant environ une quartelée de terre.... aussi y a dedans icelle motte, l'église paroissiale dudit Montcombroux et partie du cimetière dudit lieu...". Photo ci-dessous: Notre Dame de la Paix, entourée de saint Antoine de Padoue et saint Joseph.

    Photos ci-dessous: ancienne école de garçons, ancienne école de filles, jour de la fête des écoles en 1909, sortie de l'école de filles vers 1910.

    L'exploitation du schiste houiller, vers 1830, modifie complètement la commune. En effet, le bourg se déplace vers les puits d'extraction, créant une fracture au sein du monde paysan, dont une partie devient mineure et épouse la psychologie du milieu ouvrier. Photo ci-dessous: emplacement de l'ancienne mine. De nombreux mouvements sociaux ont lieu dans le bassin minier Bert-Montcombroux, comme par exemple la grève de juillet et août 1896. Un mineur chansonnier local, Ernest Vertuel, dans la première moitié du XXème siècle, adapte les chansons à succès avec des paroles liées aux problèmes de la mine.

    Le charbon commence à être exploité vers 1780, puis de façon industrielle à partir de 1830 jusqu'à la fermeture de la mine en 1934. Toutefois, elle fut rouverte de 1941 à 1950. Cette progression nécessita la construction de nombreux habitats, dont le bâtiment ci-dessous. Celui-ci se composait de deux parties: les bureaux de la mine et les appartements du directeur.

    La maison du personnel d'encadrement (photo ci-dessous), d'un seul tenant, se compose d'une cuisine, une salle à manger et un débarras au rez-de-chaussée. Les chambres sont à l'étage. Dans ces appartements logeaient l'ingénieur, le chef comptable, et le chef mineur.Le jardinier et le chauffeur habitent également dans cet immeuble, mais dans un appartement moins important.

    Les maisons des mineurs (photo ci-dessous) représentent les premiers habitats des mineurs, avec une cuisine et deux chambres.

    Photos ci-dessous: le chevalement de la mine, édifié par l'association "Les gueules noires", en souvenir de la mine et des mineurs du village. Ce monument jouxte le musée.

    Le pont ci-dessous doit sa construction à l'activité de la mine. Il supportait la ligne de chemin de fer qui venait des mines de Bert-Montcombroux, et qui se dirigeait au lieu-dit "Peublanc" pour se raccorder au réseau ferré général, permettant ainsi l'évacuation du charbon. Un embranchement partait en direction de la centrale électrique, ce qui permettait de la fournir en charbon de mauvaise qualité. Ce pont comporte un support en pierres maçonnées sur lequel reposent des poutrelles de fer recouvertes de plaques métalliques boulonnées oui rivetées. Tout près, se trouve une ancienne maison d'ouvrier.

    En 1891, dans une fosse aux parois d'argile, furent exhumés aux Berthelots et aux Certaines, des milliers (3000 environ) de débris de bracelets de schiste, un polissoir et une trentaine de nodules. Les bracelets, notamment, constituaient peut-être les éléments d'une pratique religieuse ou bien d'une ornementation. Toutes ces découvertes peuvent être datées de la Tène finale d'après les scientifiques. Des couteaux en silex, trouvés dans le secteur des Berthelots-Chauvets, prouvent la longue occupation humaine sur ce territoire. Ils pourraient être datés du Paléolithique supérieur, mais rien ne peut le confirmer à titre sûr.

    La demeure seigneuriale du Roudon remplace une maison forte du XIVème siècle. Les armoiries de la seigneurie, représentant les armes des Chargères, sont gravées dans une pierre au-dessus de la porte d'entrée: azur en lion passant d'or, cousu de gueules avec trois trèfles d'argent. Un document mentionne Thomas Béchiners comme écuyer le 25 juin 1425. La motte féodale de Roudon était installée sur l'éperon de confluence de deux petites vallées. Entourée de fossés alimentés par les ruisseaux qui faisaient tourner un moulin, elle supportait un château qui fut abandonné au XVIIème siècle.Comme beaucoup de sites médiévaux, un moulin était bâti près de la motte. Cette dernière, partiellement conservée, mesure 20 mètres de côté, avec des fossés de 11 mètres de large. Photo ci-dessous: l'église saint Jean-Baptiste.

    Photos ci-dessus et ci-dessous: logis Bourbonnais de la fin du XVIIIème siècle.

    ancienne ferme au vieux bourg

    l'atelier et autres découvertes de montcombroux

    Le texte présenté ci-dessous est en grande partie issu du livre de L. FANAUD, "L'Age du bronze en bourbonnais", les imprimeries réunies de Moulins - 1965.

    C'est en 1892 que fut découvert sur le sommet de la colline de Malbruno, commune de Montcombroux, dans le champ Montgiraud, appartenant au domaine des Berthelots, un atelier de fabrication de bracelets de schiste. Sur ce sommet émerge un affleurement de la couche de schiste qui recouvre le bassin minier de Bert. C'est en faisant arracher un arbre, situé près de trois sources, que M. A. de Bure, propriétaire du domaine, découvrit dans une fosse quadrangulaire de 1.9m de côté et de 1m3  de volume environ, aux parois revêtues d'argile, un dépôt de près de 3 000 débris de bracelets, de même forme, mais de diamètre variables, en schiste ouvré. Ces débris étaient mêlés à des fragments de vases et à des silex taillés. Depuis longtemps déjà, l'attention du propriétaire avait été attirée par des rondelles de schiste uniformément taillées sur les bords, trouvées çà et là, dans le voisinage.

    Il était clair qu'un atelier avait été mis à jour où, à côté de simples ébauches, on pouvait reconnaître les bracelets à tous les stades de leur fabrication: les uns simplement tracés au compas ou à l'aide d'un instrument en faisant office (certains disques laissant en effet apparaître les points marquant leur centre), d'autres, ébauchés sur une seule face, et encore d'autres dont les noyaux ou nodules sont complètement détachés. Les diamètres intérieurs moyens mesurent 8 à 9 cms. Aucun bracelet poli n'a été trouvé. En effet, le bracelet achevé étant destiné à la vente, était retiré de l'atelier. La fosse ne refermait que des rebuts.

    La taille de ces schistes dut être faite à l'aide d'un outil de silex, au biseau fin et tranchant, capable de produire des "enlevages". L'expérience a prouvé qu'il est difficile d'entamer la matière avec un outil d'acier et qu'à fortiori, c'eût été impossible avec un instrument de bronze. Mais, compte tenu de la régularité et de l'obliquité des entailles, aussi bien sur les bords du bracelet que sur les faces biseautées du noyau, il est possible que l'artisan ait utilisé le tour à pied.

    Plusieurs fragments de vases de grande dimension ont été trouvées dans la fosse. L'un des vases pouvait mesurer 60 cms de diamètre. Comme les autres, il était fait à la main. La pâte peu travaillée avait été séchée au soleil. Il fut recueilli, en outre, dans la fosse, un grattoir arqué en silex, un beau polissoir en grès fin de 26 cms de longueur "à cinq rainures étroites, très profondes et longitudinales produites par le frottement des bracelets au cours du polissage extérieur. Le polissage intérieur était obtenu à l'aide de petits morceaux du même grès, de 7 à 8 cms de longueur, sur 2 à 3 cms de largeur."

    En raison de l'absence d'outils en métal et de la présence de silex taillé, cet atelier peut être daté de l'époque morgienne, c'est-à-dire de la période II du bronze de Déchelette. Mais cette hypothèse semble douteuse, car l'absence d'outils de bronze s'explique très bien puisqu'ils ne pouvaient être utilisés pour ce travail. Il est donc difficile de dater exactement cet atelier. En effet, des bracelets de schiste étaient fabriqués au néolithique, et cette fabrication s'est poursuivie à l'âge de bronze et aussi plus tard. Cet atelier semble toutefois appartenir à l'âge du bronze. L'étude des poteries recueillies aurait sans doute permis de le dater exactement.

    Une autre découverte a été faite au début de l'année 1928, à 50 mètres de l'emplacement de l'atelier cité ci-dessus, par Monsieur Bouillot, cultivateur à la Cure. En défonçant un champ, il trouva, assemblées à 40 cms de profondeur, dans une terre non remaniée, 8 nodules, 6 fragments de bracelets identiques à ceux découverts en 1892 et un bracelet ébauché. Ce dernier avait été façonné dans une plaque de schiste circulaire de 10 cms de diamètre, travaillée sur une seule face. Une cassure survenue au cours de la taille dut le faire rejeter. Certains spécialistes estiment, qu'à la vue de traces aussi nettes et rectilignes, l'outil utilisé ne peut être qu'un burin de silex. En effet,  à leur connaissance, aucun d'eux ne présente un tranchant rectiligne aussi large (soit 34 mms, largeur d'une entaille). De plus, un burin de silex n'enlève par raclage que de simples copeaux, seul un burin de métal "peut laisser par frappe une taille aussi nette, aussi profonde et en décrochement avec la précédente". Ces considérations permettraient de dater les bracelets de Montcombroux, soit de l'âge du bronze, soit des premiers âges du fer, et non de l'époque néolithique. Mais, d'autres scientifiques contestent cette conclusion. Ces derniers estiment plutôt que les bracelets étaient taillés à l'aide d'outils de silex, et non pas avec un tour, d'ailleurs inconnu à cette époque.

    Toujours à Montcombroux, d'autres trouvailles ont été faites, dont, en 1932 au cours d'un labour près du bois de Peublanc, sur l'emplacement d'une butte nivelée, un nodule percé au centre et portant sur les deux faces des traits décoratifs disposés en étoile. Un autre nodule a été ramassé dans une vigne, située à la Buse, près des Turiers. Cinq ans auparavant, fut découverte dans un champ, au domaine de la Côte, une cachette renfermant un double décalitre de bracelets et de nodules. Près du puits d'extraction du charbon, aux Mandrins, une cinquantaine de nodules furent recueillies, mais aussi près du hall des machines. Sur l'emplacement de l'atelier des Berthelots, fut mise à jour une hache polie, en grès bleuté, qui a pu servir de burin pour la fabrication des bracelets. L'extrémité coupante de cette hache présente un bec de burin, et sur le talon opposé,  se remarquent des traces très nettes de percussion. Cette hache présente également une série de signes gravés qui rappellent ceux de Glozel (Ferrières-Sur-Sichon). Deux débris de poterie de pâte très grossière ont aussi été trouvés sur le même emplacement. Le plus de ces fragments possède un rebord intérieur identique aux découvertes de Glozel.

    Furent également trouvés des noyaux polis, et d'autres percés d'un trou de suspension. Certains portaient en latin une inscription en graffiti: Ave Bella, Ave Dia, Ave Urinata. Deux autres furent recueillis dans la Montagne Bourbonnaise: un sur le territoire de La Prugne, et l'autre à l'Assise, dans le champ des Tomberinos. Il est donc possible que ces noyaux furent utilisés comme amulettes jusqu'à l'époque gallo-romaine.

    belles maisons à montcombroux