montoldre: patrimoine

    logis des échelettes

    Construit sur un soubassement ancien datant du XVIème siècle, le logis des Echelettes, de conception classique, répond à un besoin de confort que le château médiéval ne pouvait plus offrir.

    Sa construction de plein-pied, sans étage, lui confère une certaine allure de modestie. Sa principale particularité réside dans sa toiture très haute, comme cela se faisait traditionnellement dans la région jusqu'au XVIIIème siècle.

    Un autre long corps de logis, à rez-de-chaussée et combles élevés, avait été transformé au XVIIème siècle. Siège d'un ancien fief, rapidement englobé dans les dépendances des seigneurs de Gayette, les Echelettes devaient posséder quelques fortifications au Moyen-âge.

    Photos issues de l'ouvrage "Le Patrimoine des Communes de l'Allier" - éditions Flohic - page 1034.

    A la fin du XIXème siècle, l'ancien château est déjà détruit, à l'exception d'une tour carrée, défendue par une meurtrière, ornée d'une ouverture ronde sculptée à remplage en forme de quadrilobe, et percée d'une porte dont les bases sont à moulures prismatiques. Cette tour a été intégrée dans les bâtiments plus récents. De même, inséré entre deux bâtiments, un pigeonnier de forme traditionnellement carrée se distingue par la forme de son toit en pavillon. Il est frappé aux armes des Gabard, famille ayant possédé Les Echelettes au XVIème siècle.

    château de gayette

    Le 24 février 1694, François Pingré de Farinvilliers et sa femme font don du château, occupant le sommet d'une faible colline autrefois entouré d'étangs sur trois côtés, et des terres de Gayette aux religieux de l'ordre de Saint-Jean-De-Dieu de La Charité, à deux conditions: les religieux doivent y recevoir et y loger les malades de la contrée, et quatre frères au moins, dont un prêtre, doivent résider en permanence à Gayette. Les religieux organisent l'hôpital, mettent en valeur le domaine et construisent un grand bâtiment et une salle-terrasse au-dessus des jardins.

    La légende voudrait que la donation ait eut lieu suite à la pendaison d'une chambrière accusée d'avoir dérobé des bijoux. Plus tard, en abattant des peupliers, on aurait retrouvé les diamants dans un nid de pie. Les châtelains, pris de remords et d'épouvante, auraient, pour racheter ce crime, fait don de leurs biens en faveur des pauvres et des nécessiteux de toutes es paroisses au-dessus desquelles aurait pu voler la pie. Inscrit à l'Inventaire des Monuments Historiques en 1988. Photo ci-dessus, propriété de l'Ehpad-Gayette.

    Le donjon (1425-1445), photos ci-dessus et ci-contre, est le dernier vestige du château féodal. De forme quadrangulaire, il est particulièrement élevé, puisqu'il comporte cinq niveaux au-dessus des caves, et est flanqué sur chacune des grandes façades d'une tourelle rectangulaire, contenant au sud-est l'entrée et un escalier en vis desservant les étages, et au nord-ouest, à chaque niveau, une pièce voûtée d'arêtes. Classé Monument Historique en 1925. Propriété privée. Ne se visite pas. Photo ci-contre, propriété de l'Ehpad-Gayette.

    C'était une citadelle, mais également une habitation jouissant d'un certain confort. Les pièces sont spacieuses, pourvues de cheminées assez grandes pour chauffer efficacement, et de larges fenêtres dont les lignes annoncent la Renaissance. Une cheminée se trouve au premier étage. Elle est timbrée d'un écusson consciencieusement mutilé. Sur sa taque, un écusson ovale, timbré d'une couronne de comte, est inscrit dans un cartouche de style Louis XV (photos ci-dessous).

    Le troisième étage est occupé par un premier grenier qui donne accès au chemin de ronde en surplomb sur mâchicoulis à corbeaux de pierre, qui ceint le sommet du donjon. Leurs ouvertures sont fermées par des trappes, et leur parapet, construit en pans de bois hourdis de torchis est percé d'archères-canonnières. Cet étage du donjon servait de grenier pour entreposer les grains après la moisson.

    Pièce qui servait de grenier.

    Le grain y était entreposé après la moisson.

    Le second grenier est recouvert par une très vaste ferme en carène renversée (photo ci-dessous). Il était autrefois augmenté de deux chambres de guet situées au-dessus des tourelles rectangulaires. Des graffitis sont également encore visible le long de l'escalier à vis (photos plus bas).


    Les photos présentés ci-dessous et ci-contre comprennent, de haut en bas:

    -écusson au-dessus de la porte d'entrée du donjon (photo propriété de l'Ehpad-Gayette),

    -pièce avec deux cheminées,

    -une petite chapelle,

    -la cave,

    -la prison,

    -une vue extérieure du chemin de ronde.

    Dans la cour du château de Gayette, au pied du donjon, se trouve un puits en pierre de taille travaillée (photo ci-dessous). Fait assez rare, il a conservé son mécanisme ancien en bois. Il est surmonté d'un auvent couvert de bardeaux de châtaigner. Le mécanisme de la roue est en bois, ferré sur l'extérieur. Classé Monument Historique en 1925.

    Le décor est simple. Quatre petits médaillons représentent les quatre Evangélistes, accompagnés de leurs symboles, disposés chacun à un angle de la chapelle sous la protection de la colombe du Saint Esprit au-dessus de l'autel.

    L'ancienne chapelle ayant été transformée en apothicairerie, une nouvelle est édifiée, à l'extrémité est de l'aile du XVIIIème siècle.

    Ses dimensions sont inhabituelles. En effet, elles se présente sous la forme d'une vaste salle presque carrée.

    La décoration de panneaux en stuc encadrés de moulures de style rocaille, ainsi que l'autel, les confessionnaux, les grilles du choeur et de la tribune sont d'époque.

    Elle est composée d'une nef unique à chevet plat et est ornée de boiseries. Classée Monument Historique en 1989. Propriété privée. Ne se visite pas.

    Photos ci-contre et ci-dessous, propriété de l'Ehpad-Gayette.

    Saint Jean, ci-dessus, rédige son Evangile sur un parchemin, sous l'oeil de l'Aigle qui lui fait face. A la demande de l'évêque d'Ephèse, il écrit son Evangile contre les hérésies. Après la dispersion des Apôtres, il part prêcher en Asie et se fixer à Ephèse.

    Saint Marc, ci-dessous à gauche, rédige son Evangile sous le regard du lion. Il compose le second Evangile, le plus court des quatre, à la demande des romains, et peut-être sous la direction de Pierre. Il aurait été premier évêque d'Alexandrie. Saint Luc, à droite, rédige son Evangile sous le regard du boeuf. Il est l'auteur du troisième Evangile, celui des actes des Apôtres. Il a réalisé plusieurs portraits de la Vierge Marie.

    La croix ci-dessous, de style néo-gothique, se trouve au centre du jardin de Gayette. Sa base est ornée d'une représentation de la Vierge tenant l'Enfant Jésus dans ses bras, de saint Jean-Baptiste enfant, à ses pieds, la regardant, ainsi que des saintes femmes.

    L'aile construite en 1728 par les religieux de l'ordre de Saint-Jean-de-Dieu de La Charité s'élève en retour d'équerre sur la façade sud du donjon, à l'emplacement de la courtine ouest (photo ci-dessous). Eclairée de nombreuses et larges fenêtres, cette aile abritait des salles de soins, un laboratoire, la chapelle et la pharmacie. Les vitrines de la pharmacie étaient garnies d'une importante collection de mortiers en bronze du XVIIème siècle, de pots, pichets et plats en faïence de Nevers et de Moulins. Photo ci-dessous, propriété de l'Ehpad-Gayette.

    En 1791, un arrêté du directeur du département de l'Allier décrétait le transfert à Gayette de l'hospice des femmes de Varennes, et confiait les services ainsi réunis aux soeurs de Saint-Vincent-de-Paul, sous le contrôle des officiers municipaux de Varennes. Inscrit à l'Inventaire des Monuments Historiques en 1988.

    De nos jours, le château de Gayette est un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). C'est un établissement public autonome, mais reste privé, et ne se visite pas. Les photos ont été prises grâce à l'aide et l'autorisation de Madame DOUNIAU-FRANCOIS. Merci également au personnel de l'établissement qui prit le temps de servir de guide pendant la prise des clichés.

    50, Route de Montoldre - BP 8 - 03150 MONTOLDRE

    Tél.: 04-70-47-75-00 - Fax: 04-70-47-76-99 - email: reception@ehpad-gayette.fr

    église saint-éloi

    L'église Saint-Eloi, de style néo-gothique de 1847, est doté d'un pignon élevé peu habituel, puisqu'il est surmonté d'un clocheton comportant deux cloches. Elle est dédiée à saint Eloi, patron des orfèvres, des forgerons et de toutes les professions se rapportant aux chevaux. Orfèvre de formation, saint Eloi est successivement trésorier du roi Clotaire II, conseiller de son fils Dagobert, puis prêtre et évêque de Noyon.

    L'action qu'il mène dans son diocèse, en particulier en faveur des pauvres et pour la rachat des esclaves, lui vaut la sainteté. Sa réputation se répand très vite dans l'ensemble de la France, et même à l'étranger. De très nombreuses églises lui ont été dédiées. Photo ci-dessous: saint Eloi.

    Le cadre ci-dessous du Coeur de Jésus a été offert à la commune en 1985. Il est constitué par deux mille écailles de pin, que le grand-père maternel de l'abbé Joseph Tilleux, a patiemment cueillies, une par une. L'image date de la fin du XIXème siècle.