neuilly-en-donjon

    Superficie de 2502 ha - Altitude de 258 à 326 mètres - 218 habitants environ.

    Neuilly est attesté sous la forme Nulhi au XIVème siècle, archétype gallo-romain fréquent, composé du nom de personne Novellius ou Nobilis, et du suffixe acum. Le complément du nom de Neuilly-en-Donjon vient de la châtellenie du Donjon dont la commune dépendait.

    Avant les invasions normandes des VIIIème et Xème siècle, le village voisin d'Avrilly était une véritable ville grâce aux voies romaines et à la Loire. Mais, lorsque les vikings ont remonté la Loire, ils détruisirent les villes et ports se trouvant sur leur passage, dont Avrilly. Les populations, pour échapper au massacre, s'enfuirent dans les immenses forêts du voisinage, et fondèrent Neuilly-en-Donjon. Plus tard, ils bâtirent une église en s'adressant aux constructeurs de la rive droite. C'est pourquoi il existe encore de nos jours un simple édifice orné par un portail finement taillé et sculpté.

    La présence gallo-romaine est prouvée par la mise à jour au XIXème siècle de plusieurs statuettes de bronze représentant Cérès, Mars et Hercule, de culots de bronze, et de résidus de fabrication qui peuvent indiquer l'existence d'un atelier de fondeur.

    Le village dépend à l'origine du diocèse d'Autun et du prieuré de Marcigny. L'influence Bourguignonne se remarque jusque sur le tympan de l'église romane. Le lieu n'est pas mentionné dans la liste fragmentaire du XIème siècle des possessions de ce diocèse, la "cartulaire rouge", ce qui signifierait que l'établissement de l'église se fit plus tard. On trouve néanmoins, dans un pouillé de 1312, une église de Nuilliacus, située dans l'archiprêtre de Pierrefitte, et sous le patronnage du couvent des bénédictines de Marcigny.

    La mention ecclesia de Nulleyo se trouve également dans un compte du XIVème siècle, ainsi qu'en 1569, où la commune est citée comme dépendance de la châtellenie de Moulins.

    Neuilly est située dans la plaine vallonnée de la Loire, au paysage de bocage, jadis appelé "les Basses Marches du Bourbonnais". Autour d'elle, se dressent les Monts de la Madeleine et les vallées de la Vouzance et du Crésançon. Coulent aussi de nombreuses rivières et ruisseaux restés sauvages où faune et flore s'épanouissent. La rivière de la Vouzance faisait tourner deux moulins: celui de la Vernelle et celui de Coudray. Un autre moulin, appelé le "Vieux Moulin", existait mais fut démantelé avant le XIXème siècle. Il subsiste la digue d'une hauteur de 3m, et l'emplacement du bâtiment sur le côté.

    Les seigneuries qui se partageaient le territoire de Neuilly ont pratiquement toutes disparues. Il ne reste que des mottes, que seul un oeil avisé pourra repérer. La construction de mottes de terre fortifiées fut due à la période mouvementée du Moyen-Age.

    La motte des Abbés (photo ci-contre issue d'internet) est de forme carrée, totalement nivelée, et se situe au point culminant de la colline sur lequel s'est développé le bourg de Neuilly.

    Son positionnement devait en faire un lieu de défense idéal, et fut  peut-être l'emplacement d'un  monastère qui aurait doté l'église de son si beau portail.

    Aucune preuve de l'établissement d'un ordre religieux n'a été découverte.

    Les terriers anciens mentionnent à la limite de Neuilly et de Luneau, une chapelle de saint Fiacre-de-Fol située sur une motte carrée, à la lisière du bois. Les bénéficiaires, qui tenaient des sires du Donjon cet édifice qui, dès 1717, était déjà en fort mauvais état, ne l'entretinrent pas. Les tuiles étaient presque toutes tombées, et le choeur menaçait de s'effondrer. En 1761, un inventaire signale que la chapelle est en ruine.

    La motte des Bertaux (photo ci-contre issue d'internet), à la plate-forme bombée, est décrite comme suit dans un terrier de 1665: il y a, dans le tènement de Fontemilan, une motte fossoyée de toutes parts, appelée la Motte Monin, et où il y avait jadis une place forte: toute en bruyères, buissons, bois de haute futaye et seignats, joignant de bise le grand chemin tendant à Neuilly à Borlecomte.

    Il s'y dressait une maison forte en position dominante. Cette motte avait une dimension de 40m de côté, et un fossé de 10m de large.

    La motte de l'ancien fief de la Follye se situait à gauche de l'actuelle maison d'habitation, au bord de la voie communale qui relie Neuilly au Bouchaud. Sur le plan cadastral de 1836, il est mentionné la présence d'eau et de fossés, attestant son existence et son implantation. Il s'agissait d'une maison forte de 20m de côté, entourée d'un fossé de 12m de large et 1.5m de profondeur. Elle fut entièrement rasée en 1989.

    La motte Jollard (photo ci-contre issue d'internet) était encore entourée de ses fossés plein d'eau à la fin du XIXème siècle. Une partie de la terre  des fossés permit d'édifier cette dernière, haute de 2.50m. Elle avait des dimensions de 35m de long et de 25m de large. Une maison forte y était bâtie, et ses fossés avaient 8m de large et 3m de profondeur.

    Il pourrait s'agir, à l'origine, d'un ancien camp romain installé à proximité d'une voie romaine reliant Mâcon à Bordeaux.


    En effet, à la fin du XIXème siècle, une tranchée fut creusée, et des éléments gallo-romains, provenant d'un habitat de l'époque, furent mis à jour. Ce dernier, situé à proximité de la motte, a vu certains de ses éléments réutilisés lors de l'édification de la fortification de terre. Elle se situe  en lisière du bois Picard. Ce domaine possédait, à la fin du XVIIème siècle, une maison bourgeoise.

    Le sous-sol de la commune se compose de couches d'argile alternées à des bancs de sable, permettant ainsi l'utilisation de cette matière première comme élément de construction (torchis, pisé, brique ou poteries). L'implantation d'une tuilerie au milieu du XIXème siècle en découlera.

    Elle produisait des tuiles plates ou mécaniques, de rive, de fronton, des briques pleines et creuses et des drains permettant le drainage dans les fermes. Au meilleur de son activité, l'usine employait 10 à 20 ouvriers répartis sur deux allées de four. Elle cessa son activité en 1970, et fut entièrement détruite en 2007. Il ne reste, comme témoin de cette époque, que ce bâtiment en briques ci-dessous.

    A l'annonce du coup d'Etat du 02 décembre 1851, le maire de la commune, Georges Gallay (photo ci-contre issue d'Internet), soulève les habitants, qu'il mène au chef-lieu de canton.

    Tout le canton s'étant soulevé, celui-ci est rapidement aux mains des insurgés.

    C'est ensuite la sous-préfecture, Lapalisse, qui tombe après quelques combats, avant que la nouvelle de la réussite du coup d'état ne fasse rentrer chacun chez soi.

    La répression est sévère et des dizaines d'arrestations eurent lieu dans le canton.

    Cette maison ci-dessous, du XIXème siècle, a été réalisée avec des briques pleines de la tuilerie de Neuilly. Elle supplante, en partie, une ancienne maison à pans de bois et torchis. Elle comporte encore quelques briques moulées à la main. Il a été apporté un grand soin, et une belle créativité dans les formes géométriques, la conception des linteaux au-dessus des fenêtres, où la pierre taillée se marie harmonieusement avec les briques. Un lambrequin assure une finition soignée.

    Tout comme au Bouchaud, le monument aux morts est décoré d'un support en fer avec feuilles de laurier, présentant les photographies des jeunes hommes tués lors de la première guerre mondiale. Sur chaque plaque, il y est apposé la photographie du soldat tué, son âge, la date de sa mort, le lieu, et son régiment d'appartenance.

    Curiosité du village, cette tombe, sous forme de sculpture funéraire, représente l'ancien maire de la commune entre 1892 et 1899, André Charpin. Il était régisseur de Georges Gallay. Son tombeau est en marbre.