neuilly-le-réal: patrimoine

    le moulin

    Le moulin, que l'on devine ci-dessous a été restauré au XXème siècle, et dépendait autrefois de la seigneurie de l'Ecluse. Il concentrait ses activités à la fois sur la farine et sur une maillerie. Onze moulins de ce type étaient placés sur les 10 kms de la vallée de la Sonnante. Vous pourrez mieux l'apercevoir durant votre randonnée.

    logis à pans de bois

    Le type d'habitation ci-dessous en pans de bois relève est due à l'absence de pierre, et les habitants ne pouvaient utiliser que le bois de leurs chênes, l'argile de leur sous-sol pour les murs en torchis, et la paille de seigle pour les toitures en chaume.

    Ce logis était à l'origine la maison d'habitation d'une communauté, suffisamment importante pour posséder le moulin , probablement en fief ou à cens de la seigneurie proche de l'Ecluse. Les bâtiments du moulin ont été restaurés et transformés en habitation à deux corps de logis et trois cheminées. L'ancienne maison de la communauté, elle aussi restaurée, est une maison basse et allongée à pans de bois, avec croix de Saint-André et écharpes.

    le logis henri iv

    Le logis Henri IV est une construction du XVIème siècle à deux niveaux, à pans de bois garnis de briques et de torchis, et couverte d'un toit à tuiles plates. Les croix de Saint-André dominent un rez-de-chaussée surélevé. Il est aussi le théâtre d'une légende, qui en fait était un rendez-vous de chasse du Vert-Galant. Celui-ci y aurait rencontré la belle Gabrielle d'Estrée, laquelle s'y serait fait conduire en char à boeufs depuis son château de Chapeau. Cette version est contestée par bon nombre d'historiens.

    Néanmoins, le bâtiment existait au temps du roi, étant représentatif de l'époque XVIème-début XVIIème siècle, sans que n'en soit attestée la date de construction. Mais le roi a t'il vraiment séjourné à Neuilly-Le-Réal. Il fit un premier séjour à l'âge de douze ans, avec Catherine de Médicis qui cherchait la réconciliation entre catholiques et protestants. Elle avait entamé un  tour de France du 13 mars 1564 au printemps 1566 afin de reconquérir ses sujets en leur présentant Charles IX, futur Henri III. A cette époque, étant enfant, le jeune Henri n'a pas pu rencontrer une hypothétique maîtresse à Neuilly-Le-Réal.

    Le second voyage attesté du roi dans l'Allier date de 1599. Henri IV assiste au décès de sa première maîtresse, Gabrielle d'Estrée. Il tombe alors fou amoureux d'Henriette d'Entragues contre l'avis de son conseil, Sully, qui négocie alors un mariage avec Marie de Médicis pour apaiser les relations entre protestants et catholiques. Ne sachant que faire, le roi se réfugie dans les bras de Babou de la Bourdaisière, dame de compagnie de la reine Louise de Lorraine, veuve d'Henri III, qui habitait alors au château de Moulins. C'est en 1600 qu'il aurait croisé cette dernière à Moulins alors qu'il partait en campagne pour récupérer le marquisat de Saluces au duc de Savoie. Mais tout cela n'est que pure supposition.

    le château des vayots

    Le château des Vayots, ci-dessous, est un logis de la fin du XIXème siècle, situé dans un parc boisé, amis le portail de pierre du XVIIème siècle témoigne de l'ancienneté de la propriété. De part et d'autre du porche, le mur de clôture est construit en briques polychromes à appareillage losangé.

    Son porche, surmonté d'un fronton et se poursuivant par le mur d'enceinte, constitue les vestiges d'un petit fief et formait, avec les communs, la cour intérieur d'un château Louis XIII à deux tours carrées. Ce porche est composé de pierres à bossage alternativement en grès rouge et en calcaire blanc. L'édifice est démoli à la fin du XIXème siècle et remplacé par une maison bourgeoise.

    la gentilhommière des gazons

    Ci-contre et ci-dessus, la gentilhommière des Gazons est une maison longue et basse à deux entrées sur perron.

    Elle est ouverte par sept fenêtres en façade et couverte d'un toit en croupe, éclairé de deux lucarnes, et surmonté de quatre cheminées

    Inscrite aux Monuments Historiques en 1983, elle est couverte par un toit de petites tuiles plates en croupe et possède de vastes ouvertures en grès  du Bourbonnais.


    maison bourgeoise du XVIIIème siècle

    Cette maison bourgeoise du XVIIIème siècle ci-dessous se distingue par sa façade en briques polychromes, rouges et noires, composition fréquente dans le Bourbonnais. Deux lucarnes et des entourages de fenêtres en pierre ornent la façade.

    maison des messieurs de saint-lazare

    C'est en 1660 que les Lazaristes succèdent aux bénédictines de Saint-Pourçain dans la seigneurie de la paroisse. Fondé en 1625 par saint Vincent de Paul, la Société des Prêtres de la Mission doit cette désignation abrégée à l'ancienne léproserie Saint-Lazare de Paris, qui fut leur siège avant de devenir prison d'état. Il convenait de les appeler Messieurs. La tradition populaire fit la confusion avec les chevaliers de Saint-Lazare qui auraient fondé une maladrerie. Il n'y eut à Neuilly ni chevaliers, ni léproserie, mais plus probablement un village de reclus lépreux.

    Le bâtiment disposé en U, encadre une cour, fermée par un beau et monumental portail, à piliers de pierre et plusieurs entrés. Il s'inscrit dans un carré de 25 mètres de côté. Couvert en petites tuiles plates, il est bâti en petites tuiles polychromes disposées en losange, et sert de modèle à l'église construite un siècle plus tard. Les bâtiments s'organisent autour d'un long logis principal avec deux ailes en retour, qui se terminent par deux pavillons carrés en forme de tours.

    l'église saint-julien

    L'église Saint-Julien a été construite à la fin du XIXème siècle dans le style néo-gothique en briques polychromes, et sur l'emplacement de l'ancienne chapelle bénédictine. Comme sa devancière, elle est orientée en direction du nord. Elle possède une nef de quatre travées, une abside à cinq pans, et un clocher de façade. Les murs sont tous décorés de peintures à la gouache contrecollées sur toile ou marouflées, réalisées de 1890 à 1898 par l'abbé Taconnet.

    Vue générale depuis l'entrée principale.

    Vue générale depuis le choeur.

    Chaire.

    Piéta.

    Le tableau de saint Roch et saint Sébastien s'inscrit dans le style de la Renaissance, et dans la mouvance du Maître de Moulins. Bien que séparés par plus de dix siècles, les deux saints sont symboliquement réunis pour une invocation contre la peste. Roch, mort en 1327, est représenté sans son chien traditionnel, en pèlerin de Compostelle, porteur d'un bubon à l'aine que scarifie un ange. Sébastien, officier Romain martyrisé en 288, est percé de flèches, en position de Christ à la colonne.

    Les murs de l'église sont tous décorés de peintures à la gouache contrecollées sur toile ou marouflées, exécutées de 1890 à 1898 par l'abbé Taconnet. Dans le choeur, surmonté par un vitrail représentant saint Julien, cinq grands tableaux relatent la vie de Jésus, que nous pouvons décrire comme, de haut en bas, la naissance de Jésus, Jésus choisit douze disciples, la cène, Jésus sacrifié et descendu de la croix, résurrection et ascension de Jésus.

    De même, huit tableaux marouflés sont fixés tout au long de la nef, quatre à l'ouest qui racontent la vie des saints, et quatre à l'est illustrant les saintes femmes.

    Les fondateurs de l'église.

    Les martyrs.

    Les docteurs.

    Les confesseurs.

    Les vierges martyres.

    Les vierges en paix.

    Les dames de foi.

    Les bienheureuses.

    Saint Julien était un militaire avant de se convertir et de mourir supplicié en 286 à Brioude. Ce fut l'un des saints les plus honorés en Gaule, et plus particulièrement en Auvergne. Il devint et demeure le saint patron de Neuilly-Le-Réal. La statuette ci-dessus le représente en soldat Romain.

    Un bassin, désormais abattu, était accolé à l'ensemble, et son eau était réputée laver les yeux. Les fidèles y faisaient des neuvaines, et saint Julien était porté en procession afin que la pluie tombât. La tradition rapporte qu'il y eut deux saints superposés. Au-dessous se trouvait saint Augustin, évêque et Père de l'Eglise, que dans les grandes occasions on revêtait d'un habit violet. Tombant en poussière, la statuette fut incinérée dans les années 1950. En automne, on décorait les deux saints de grappes de raisin, sans doute pour protéger le vignoble voisin aujourd'hui disparu, mais dont témoigne encore le toponyme du chemin de Vinatier.



    le château de l'écluse

    Dès son retour de captivité en Angleterre, le bon duc Louis II effectua la reconquête de son duché. Les Anglais opposaient une forte résistance. Y ayant perdu ses deux châteaux, la seigneurie de Montesche se transporta au château de  l'Ecluse (photo ci-dessous). Le bâtiment de cette époque avait, comme toute construction militaire, quatre tours reliées par des courtines. Transformé au XVIIème siècle, il est composé de briques aux losanges noirs et rouges se reflétant dans de larges douves en eaux qu'enjambe un pont de bois.

    Ce château est un corps de logis à deux niveaux, de plan rectangulaire, flanqué de quatre tours rondes. Un pavillon carré et une petite tour circulaire sont également édifiés en bordure de l'eau. La chapelle, dont le parement est constitué lui aussi de briques polychromes, reçoit une porte à encadrement mouluré, surmontée d'un fronton orné de pots à feu. Cette porte, comme les dispositions générales des bâtiments, indique la première moitié du XVIIème siècle.

    le château de frêne

    Le château de Frêne, ci-contre, est mentionné dès 1401. Les communs délimitent une vaste cour carrée. On y découvre une construction élégante dans le ton de l'architecture du XVIIème siècle. Très pittoresque, avec son corps de bâtiments en briques roses et noires, et ses toits en tuiles plates, le Frêne est le seul spécimen de construction de l'époque dans la région. Photos issues d'internet.

    Il se compose d'une demeure et d'un bâtiment de communs délimitant une vaste cour carrée. Il comporte un corps de logis rectangulaire à deux niveaux, flanqué de tours à l'est et de pavillons inégaux à l'ouest. Celui du nord est plus étroit et plus élancé que celui du sud. Deux autres pavillons ont été rajoutés au nord, alors qu'un second pavillon et une tour ronde au diamètre important, mais de faible hauteur, terminent le bâtiment au sud. Le commun à un seul niveau conserve lui aussi une tour à l'est et une à l'ouest. L'ensemble des volumes sont terminés par des toits à quatre pentes ou en cônes. Peu de décor, à part l'appareil polychrome, et quelques sculptures ornant la fenêtre centrale du premier étage de la façade sur cour du château, ainsi que l'encadrement de la porte.

    la gentilhommière de belle-fontaine

    La gentilhommière de Belle-Fontaine, ci-dessous, est une maison caractéristique du Bourbonnais, à pans de bois et écharpes. Elle est constituée d'un corps de logis de plan rectangulaire, avec deux ailes en retour. Un pigeonnier carré, lui aussi à pans de bois complète cette demeure du XVIIIème siècle, qui a été le siège de l'ancienne mairie de Souvigny-le-Thion.