neuilly-le-réal

    Superficie de 4 697 ha - Altitude de 227 à 293 mètres - 1458 habitants environ.

    La découverte de matériel préhistorique révèle une occupation du site antérieure à l'époque médiévale. Nulli est fondé en 875 par des bénédictins chassés de Noirmoutier par les Normands. Ils s'installèrent dans le monastère de saint Pourçain, et nommèrent ce lieu "Bretaigne", du nom de la province d'où ils étaient originaires, créant ainsi la paroisse de Nulli. Ces faits ont été confirmés de nombreuses fois, notamment par une bulle pontificale en 1105, ou par ordonnaces royales en 871 et 1275. Cette nouvelle communauté a été mise sous la protection de saint Julien.

    Plusieurs hypothèses existent sur l'origine du nom "Nulli". Il trouve son étymologie dans le terme latin "nullus-nulli" qui signifie "où il n'y a rien", ou encore dans la contraction des mots "Novus locus" qui signifient "nouveau lieu, nouveau pays". Ce nom peut aussi tirer ses origines étymologiques des mots Celtes "Noue" (plaine marécageuse) et "Lun" (forêt), mais également de "Nullius", forme de prélature, et de "real", royal, dû à la vogue hispanisante du XVIème siècle.

    Les famines, les épidémies et la corruption contraignent les moines à la résignation en 1660, cédant leur patrimoine. Les Lazaristes qui leur succèdent développent le fermage, le commerce et l'artisanat. Ils construisirent en 1780, à l'emplacement de l'ancienne maison conventuelle, le bâtiment en U présenté ci-dessus.

    Dépendant de l'évêché de Clermont jusqu'en 1823, la paroisse constitue un "nullius", prélature dont le titulaire possède la totale juridiction franche de toute hiérarchie. Enclave Auvergnate, donc royale, elle est exonérée par exemple de la gabelle.

    C'est sous François Ier que le Français fut rendu obligatoire pour la rédaction des actes officiels. Chaque "Nulliacum" devint "Nully", "Neully" ou "Neuilly", et se vit différencié par un suffixe: "Neuilly-sur-.....". Nulli devint Nully-Le-Royal en 1537, et inscrit sur un parchemin du 02 juin 1537, puis sur une carte du Duché du Bourbonnais, probablement en 1595.

    La paroisse initiale est petite, n'occupant en superficie que le tiers de la commune actuelle.  En 1790, la commune de Neuilly-Sur-Sanne est créée par absorption de tout ou partie des quatre paroisses environnantes qu'étaient Souvigny-le-Thion, La Faye Matefay, Longepré, ainsi qu'une fraction de Neuglise. 

    Le nom de Neuilly-Sur-Sanne apparait pour la première fois dans des délibérations municipales le 23 août 1793. Le 25 septembre 1795, pour la première fois, Neuilly-Le-Réal remplace Neuilly-Sur-Sanne. Photos ci-dessous: château Segaud.

    Historiquement à l'écart des grandes voies de communication, le village échappe aux grandes invasions. Néanmoins, à la fin du XVème siècle, les Anglais, maîtres de la France, construisirent le "fortin de Montescott (le mont aux Ecossais,aujourd'hui Montèche)". Cantonnés derrière ces murs, les Anglais pillaient, rançonnaient sans relâche les habitants de Neuilly. Ces derniers allèrent se plaindre au bon duc Louis II, qui vint en 1369 avec une puissante escorte pour mettre un terme aux exactions de l'occupant.

    Neuilly était un endroit silico-argileux, marécageux et insalubre. Mais, les amendements et drainages initiés au XIXème siècle par le député Victor de Tracy ont fait de cette terre inhospitalière un canton agricole prospère.

    Cette profonde transformation, en plus de l'apparition du drainage, est également due aux nombreux défrichements et aux nouvelles méthodes de culture et d'élevage.

    Des exploitations agricoles sont alors créées de toutes pièces avec des bâtiments de caractère plus fonctionnel qui ont marqué leur époque, notamment des granges d'accès facile, des étables avec cornadis judicieusement répartis de chaque côté d'un couloir d'alimentation et stockage de fourrage au-dessus.

    Le premier cadastre officiel de Neuilly est relevé sous le règne de Charles X. Le coeur du village est riche d'enseignements, exception faite du bâtiment en U des Lazaristes, construit une cinquantaine d'années plus tôt. Les restes d'une douve alors nommée "canal" sont nettement visibles et entourent le vieux cimetière, transféré en 1864. L'ancienne chapelle bâtie au IXème siècle est orientée au nord, positionnement rarissime  et contraire aux règles bénédictines "sauf dans les villages de lépreux".

    Cette hypothèse trouve quelque confirmation au vu de la cure et de ses dépendances, précautionneusement situées à l'ouest et à l'extérieur des douves, et ainsi protégées du vent dominant porteur de l'"haleine fétide des impurs". Photo ci-dessous: le presbytère.

    Quelques objets en silex datant du Paléolithique furent mis à jour sur le territoire de la commune. De leur côté, deux bifaces, un racloir, une pointe de flèche, deux haches en pierre polie et un pendentif-aiguisoir peuvent être datés du Néolithique. Toutes ces découvertes témoignent de l'ancienneté de l'occupation humaine sur le site de Neuilly.

    En 1816, furent exhumés les bustes d'"Auguste" et de "Livie", statuettes en bronze qui seraient des "ex-voto" honorant le couple impérial d'Auguste et de Livie, qui régna 28 ans avant Jésus-Christ, et 14 ans après.

    Il fut également récupéré, au cours de travaux de restauration, une plaque de cheminée. Outre sa datation, estimée à 1780, deux doubles marques disposées en diagonale sont visibles et suggèrent une symbolique plutôt complexe du spirituel et du temporel. D'une part, un ostensoir encadré de deux glaives peut traduire l'état sacerdotal et le droit seigneurial des maîtres des lieux, à savoir les Lazaristes, ou bien le sacrifice et la puissance de Dieu. D'autre part, la fleur de lis est symbole royal, et les quatre étoiles qui l'entourent, dont deux sont digitalisées, peuvent évoquer les quatre Evangiles, ou les quatre éléments que sont l'eau, le feu, l'air et la terre.

    L'étang des Coins, par son ancienneté, confirme la présence de nombreux étangs au Moyen-Age, probablement créés pour beaucoup d'entre eux par les communautés familiales agricoles très présentes dans les environs. En plus de points d'eau, ces réserves fournissaient un apport de nourriture non négligeable dans une région où la famine sévissait périodiquement. Cet étang est caractérisé par une digue en terre battue avec système de vidange recueillant les eaux pluviales du bassin versant.

    La position dominante de l'éminence de terre ci-dessous, dite de Chambord, sur la vallée de la Sonnante atteint 10 à 15 mètres de dénivellation sur son pourtour immédiat, et a pu être le siège d'une motte castrale à l'époque féodale, occupant de 3 000 à 3 500 m2 à son sommet. Devenue le siège de l'importante paroisse de Souvigny-le-Thion, ainsi nommée parce qu'elle a dépendu du prieuré de Souvigny, elle comportait de nombreuses maisons dont certaines construites en pans de bois traduisent l'ancienneté.  Son église, érigée au sommet, était entourée du cimetière et a disparu à la révolution. Selon la tradition locale, ses cloches auraient été jetées dans l'étang voisin du moulin de Coulpied, dans le but de les soustraire à la fureur des révolutionnaires.

    De retour de sept années passées en otage en Angleterre, le duc de Bourbon Louis II dit "Le Bon" rassemble ses troupes et procède à l'élimination des bandes armées Anglaises qui occupent encore trois places fortes dont "Montescoth", en raison de l'intérêt stratégique de sa position. Courant janvier 1369, Montèche est attaquée, et les trente ennemis qui y sont retranchés sont capturés après un siège de onze jours.

    Après cette bataille, le fief semble avoir été délaissé et son siège transféré à l'emplacement actuel du château de l'Ecluse (photo ci-dessus). Il subsiste le tertre ci-dessous de forme carrée de 35 à 40 mètres de côté, entouré de fossés de 5 à 7 mètres de largeur et de 1 à 1,80 mètre de profondeur (Photo ci-dessous issue du "patrimoine des communes de l'Allier", page 928)

    Le lieu-dit "La Bruyère" était le siège d'une ancienne paroisse et d'un fief disparu: Matefray. Il en subsiste une motte circulaire fossoyée qui atteint par endroits 15 mètres de hauteur. Siège d'une ancienne paroisse, Longepré a été aussi une seigneurie dont il reste de nos jours la motte féodale. L'église fut détruite en 1797.

    Pendant la seconde guerre mondiale, la commune est une zone frontière entre la France libre et occupée. Ses forêts, qui représentent 30% de son territoire, ont camouflé bon nombre de passagers clandestins. Le tan, poudre obtenue en pulvérisant des écorces, surtout de chêne, était utilisé pour préparer les cuirs. L'écorce de chêne, autrefois broyée dans les mailleries de l'étang Curon, était ensuite expédiée aux tanneries de Moulins.

    La Sonnante est un cours d'eau qui prend sa source dans la commune de Saint-Voir, et débouche naturellement des plateaux boisés pour traverser le bourg de Neuilly, puis se jeter dans la rivière Allier. L'existence des vieilles mailleries Bourbonnaises sont oubliées. Ces moulins à chanvre écrasant la graine de chènevis produisaient une huile qui permettait de faire sécher en très peu de temps les couleurs auxquelles on la mêlait. Le chanvre faisait autrefois l'objet de soins attentifs, bon nombre d'habitants possédant une chènevière. Des moulins servaient à carder le chanvre sur des ruisseaux pour faire la toile. Les moulins à foulon avaient pour but d'augmenter la solidité du drap. Une chute d'eau actionnait des maillets qui battaient violemment l'étoffe trop molle et trop lâche fabriquée par le tisserand.

    Vous pourrez observer durant votre visite l'ancien poids public ci-dessous de 1880 puis, plus bas, l'ancienne école publique de 1889. Le bourg possède également de nombreuses jolies demeures. Photo ci-dessus: Saint-Julien.

    quelques bâtiments au bourg de neuilly-le-réal