nizerolles: patrimoine

    l'église saint-blaise et saint-barthélemy

    Cette église est à la présentation du prieuré de Châtel-Montagne et desservie par les moines de cette commune. Une première construction, dont seuls le choeur et l'abside sont conservés, date de l'époque romane. L'édifice de style néo-roman est reconstruit dans la seconde moitié du XIXème siècle. Un clocher carré est alors élevé, avec sa tour d'escalier. Il relie l'abside à une nef moderne flanquée de bas-côtés.

    la fontaine du lion

    La fontaine du Lion trône fièrement devant les maisons du hameau du même nom. L'origine de ce nom se perd dans la nuit des temps. En revanche, les habitants se souviennent que l'eau qui coule sur le granite provient d'une source captée dans un pré voisin. Une réserve d'eau centrale, en forme de borne coiffée d'un dôme, est entourée de plusieurs "bachasses" auxquelles un bétail nombreux peut venir s'abreuver. Il paraît même que les femmes venaient aussi y laver leur linge. Les barres métalliques parallèles posées sur l'auge permettent aux femmes de caler leur seau pendant qu'elles le remplissent. Une fontaine dans un hameau, comme un four à pain, était un lieu de ralliement, d'instants communs de vie. Ce petit patrimoine, qui comprend aussi les croix et les puits, est la mémoire de la vie quotidienne des femmes et des hommes du temps passé. Il ponctue le paysage et il faut prendre soin de ne pas le laisser disparaitre.

    l'ancienne voie du tacot

    Cette ligne à voie métrique avait un écartement de rails de 1000mm. Elle fait partie des "voies étroites", propre aux lignes secondaires, aux réseaux de tramways urbains.. Elle est réputée être plus économique que la voie normale (1435 mm), car elle utilise du matériel plus léger. Elle occupe moins de place au sol, accepte des courbes plus serrées, nécessite moins d'ouvrage d'art. 1435 mm, ce chiffre n'est pas des plus simples pour installer des voies. Il s'agit de la conversion en mètre de la nomenclature Britannique: 4 pieds 8 pouces et demi. Cet écartement a été établi en fonction des chevaux, qui avant la locomotive, tractaient les wagons, et ils avaient besoin de cette place pour circuler librement 2 par 2.

    Son empreinte est inscrite dans le paysage. On trouve des déblais de roche, des remblais... On marche encore sur le ballast destiné à maintenir les traverses ou "poutraisons", servant de nos jours de clôture. Les acacias, plantés afin de maintenir le talus en place, bordent notre passage. Ces lignes, créées d'après des plans longuement discutés, suivaient le plus souvent routes et chemins, ne s'en écartant que lorsque la pente devenait trop forte ou que le terrain ne le permettait plus.. Les croisements avec les autres axes de communication étaient très nombreux. Tout au long de cette ligne, une multitude d'ouvrages ont vu le jour pour se jouer du relief escarpé et de bâtiments participant à son bon fonctionnement. Une ligne téléphonique, posée le long de la voie, permettait de relier toutes les gares.

    Les métiers spécialisés sont pris en main venant souvent de loin: maçons d'art, tailleurs de pierre, mineurs, mécaniciens, forgerons. Pour ces employés, ce fut un travail difficile, les journées étaient plus souvent de 12 heures, car la voie devait être construite rapidement. Ils logeaient au plus près du chantier, dans des campements fait de planches goudronnées. les paysans riverains assurent, en dehors des périodes de moissons et fenaisons, les charrois de matériaux avec leurs boeufs. Certains succombèrent à des accidents. Une fois la ligne ouverte, le service "voie et bâtiment" se chargeait de son entretien. les cantonniers travaillaient 6 jours sur 7 à l'entretien des voies. Ils avaient une "draisine", machine qui roulait sur rail et qui pouvait tracter une remorque de bois et le personnel. Elle possédait un système hydraulique qui permettait de dérailler la machine à l'approche d'un train.

    Les premiers wagons du convoi étaient destinés aux passagers. L'accès se faisait par des plates-formes aux extrémités, avec marchepieds en bois et balustrades de fer. Ils étaient habillés aux fenêtres de rideaux. Des lampes à pétrole étaient suspendues au plafond. Le chauffage était assuré par un poêle situé, soit au centre de la voiture, soit au niveau de la cloison séparant les 1ères et 2èmes classes. En premières, les banquettes étaient rembourrées, celles en seconde étaient constituées de lattes de bois.

    Les utilisateurs du tacot étaient nombreux: visiteurs, hommes d'affaires, commerçants, fermiers, maquignons, journalistes, représentants, militaires... Certains l'ont pris une seule fois pour aller passer un examen d'étude. D'autres le prenaient régulièrement, voir quotidiennement et possédaient des cartes d'abonnement. Les passagers ressentaient les secousses et vivaient le cheminement de la locomotive et de ses wagons épousant la voie ferrée et se balançant parfois d'un côté à l'autre, ce qui rendait le déplacement fatiguant. De plus, c'était assez bruyant et salissant du fait de la fumée noire qui se dégageait de al cheminée de la locomotive.

    Dès que le coup de sifflet retentissait, le train s'ébranlait dans un bruit de ferraille. Les voyageurs ne montraient aucun signe d'impatience ou d'ennui, les discussions allant bon train. Les utilisateurs nouaient connaissance avec les voisins. Certains disputaient des parties de cartes, d'autres entretenaient le feu, et parfois faisaient cuire des châtaignes sur le poêle. L'hiver, cette ambiance était accentuée par la lueur des lumignons. Parfois aussi, on démontait les banquettes pour se faire une piste de danse. Certains jouaient de l'harmonica, d'autres de l'accordéon... Lorsque la pente était élevée, il arrivait aux passagers de descendre du train comme pour l'aider dans son ascension. Le voyage était long. Il a tout de même permis le transport de voyageurs qui allaient travailler, étudier à Roanne ou Vichy, et qui rentraient le week-end chez eux. La jeunesse de Vichy se rendait le dimanche en hiver jusqu'à Lavoine où l'on commençait à pratiquer le ski.

    Le tacot fut le moyen d'excursion privilégié des curistes de Vichy, devenue "reine des villes d'eau", grâce à l'empereur Napoléon III. La ligne passait d'ailleurs sous un pont "le chemin de l'empereur" au lieu-dit "La Tuilerie", en souvenir de la promenade favorite de Napoléon III en cure à Vichy. Surnommé aussi "le passeur", il fût apprécié durant les sombres années de l'occupation et de restriction lors de la seconde guerre mondiale. Certains estimaient que "c'est lui qui nous a nourris". Les habitants descendaient en ville pour vendre leurs produits fermiers. Le mouvement eut tendance à s'inverser et se furent les citadins qui "montèrent" dans la montagne pour s'approvisionner.

    la besbre

    La Besbre prend sa source, tout près du Montoncel, qui culmine à 1287 mètres d'altitude. Elle est un influent de la Loire qu'elle rejoint entre Diou et Saint-Aubin-sur-Loire après une centaine de kilomètres. De nombreux pêcheurs connaissent la rivière pour être très poissonneuse. Les truites et les ombres communs apprécient ces eaux peu polluées. La Besbre est une rivière à débit important, comme la plupart des rivières qui prennent leur source sur les hauteurs de Massif Central.