rongères

    Superficie de 895 ha - Altitude de 242 à 305 mètres - 587 habitants environ.

    La région traversée par la voie antique fut très peuplée à toutes les époques, ainsi que l'attestent les innombrables vestiges retrouvés. Près du bourg de Rongères, furent trouvés les substructions d'une importante villa Gallo-Romaine, des restes de piscines cimentées, des conduits, des débris de bronzes, un statère d'or et une belle épingle de chlamyde.

    Au cours de travaux réalisés vers 1895, dans un taillis défriché, on exhuma un trésor composé de 229 monnaies d'argent du Haut-Empire. Les plus nombreuses étaient aux effigies d'Hadrien et d'Antonin le Pieux. En 1911, un trésor composé d'objets en or, de l'âge du bronze, est découvert. Le terroir de l'Hôpital (photo ci-dessous), dont le nom figure sur la carte de l'Etat-Major, est jonché de débris antiques et le sol, paraît-il, s'effondre sous les pas des boeufs. 

    Au Moyen-âge, Rongères possédait une annexe de la Commanderie de la Racherie et un hôpital. Cet établissement hospitalier, situé à 1 200 mètres au sud-est du bourg, était encore mentionné en 1537. Il avait sans doute remplacé un de ces "Hospicium Dei" qui jalonnaient si souvent les anciennes chaussées, encore fréquentées.
    Au bas du bourg, près d'une fontaine dénommée Font-Madeleine, s'élevait la chapelle de la Madeleine qui dépendait de l'hôpital. Il est fort probable que cette chapelle ait été un de ces sanctuaires qu'il était d'usage d'offrir à la piété des voyageurs, près des sources qui leur permettaient arrêt et repos.

    Sous l'Ancien Régime, plusieurs fiefs se partagent l'actuel territoire de la commune: le fief du Méage, le fief du Péroux, qui est rattaché au Méage à la fin du XVIIème siècle, et enfin la commanderie hospitalière de Redan, depuis nommée l'Hospital. La paroisse jouit alors d'une certaine importance, et accueille, avec l'agglomération de Montoldre, des foires réputées dans la région. La population de la commune, modeste au début du XVIIIème siècle, progresse au cours du siècle suivant. En effet, elle passe de 180 habitants en 1714 à 512 habitants en 1851. Ci-dessous, pigeonnier rond agrémenté d'une margelle d'envol en pierre.

    Pierre Tridon, curé de Rongères, joue un rôle politique à l'échelle de la province. Il est en particulier membre de l'assemblée provinciale en 1788. Elu en 1789 représentant du clergé aux Etats généraux, il refuse, l'année suivante, de prêter serment à la Constitution civile du clergé. Ses biens seront vendus en l'an II. La croix ci-dessous représente en son centre le Christ ressuscité, sortant de son tombeau, et passant au-dessus des soldats endormis. Tout autour se trouvent des motifs végétaux.

    Un couvent des Ursulines est fondé au milieu du XIXème siècle par la soeur Henrion et le curé Bouchard. En 1971, ses bâtiments sont vendus à la commune. A la fin du XIXème siècle, le maire de Rongères, Joseph-Edouard Choussy, se rend célèbre pour sa proposition de modification du Code Civil adressée à la Chambre des députés, et visant à empêcher les abus en matière de bigamie.