saint-didier-en-donjon: à voir - à savoir

    patrimoine

    Le site de l'église Saint-Léger est difficile à définir, entre enclos ecclésiastique et motte castrale, du fait de l'absence d'archives et de bouleversements de la zone. La motte mesure 100 mètres de diamètre, la rue qui entoure l'église recouvre les anciens fossés.

    Fin XIXème-début du XXème siècle, des sarcophages en pierre, des substructions antiques, et des éléments gallo-romains sont trouvés à proximité de l'église.

    En 768, Pépin le Bref la confirme comme église, avant de dépendre de l'abbaye de Mozac, évènement qui peut la faire entrer dans la typologie des enclos ecclésiastiques. Au XIIème siècle, elle devient une chapelle seigneuriale.En 1209, les comtes de Nevers la tiennent en fief de l'évêque d'Autun. Un aveu de 1313 mentionne la motte, la prévôté et une haute, moyenne et basse justice. Mais en 1689, elle est dans un état de délabrement avancé.

    Vue de l'extérieur, elle se compose d'une nef unique prolongée par une travée de choeur et une abside à fond plat. Une chapelle latérale a été ajoutée, à une époque non connue, sur le flanc sud de la nef, au niveau de la première travée. Elle possède une unique baie cintrée au nord, et deux baies très étroites au sud. Au XIXème siècle, une sacristie fut bâtie au niveau de la travée de choeur, sur le flanc sud.

    La façade occidentale est surmontée d'une croix en pierre. Elle est ornée par un portail roman qui possède un tympan nu, encadré par une voussure qui retombe sur des colonnes à chapiteaux sculptés, mais très détériorés. Il est encadré par une archivolte de pierre, moulurée. Au-dessus, une fine baie en plein cintre éclaire la nef.



    Le chevet se compose d'une travée de choeur droite, et d'une abside à fond plat soutenue par deux puissants contreforts à glacis, sur chacun de ses angles. Le choeur est éclairé uniquement par les deux baies de la travée droite. L'abside est percée d'une baie trilobée qui permet d'accéder aux combles et au clocher.

    Le clocher, placé au-dessus de la travée de choeur, a été refait au XIXème siècle. De forme carrée, il est couvert de bardeaux (planches de bois), et surmonté par une flèche octogonale recouverte d'ardoises. Il est seulement percé par deux fines ouvertures sur chacune de ses faces.

    La grille de l'église, des XIVème et XVème siècles, est classée Monument Historique. Elle a été réalisée avec la partie d'un portail par un artisan maîtrisant bien la ferronnerie. Son travail consista à reproduire une multitude de croix ouvragées potencées, fourchetées, en alternant les styles. Un seul défaut de symétrie est relevé sur la deuxième rangée à partir de la gauche, et concernant la cinquième croix à partir du haut dans le vantail.

    La nef est éclairée, de chaque côté, par trois baies étroites fortement ébrasées.

    Elle est couverte par un plafond en lambris, qui repose sur des poutres en bois.

    La nef communique avec le choeur par un grand arc en plein cintre, sans ornement.




    La chapelle latérale est accolée à la première travée de la nef, sur le flanc sud. De plan rectangulaire, elle est ajourée uniquement par une baie cintrée au nord.

       Aujourd'hui, elle abrite un autel dédié à la Vierge Marie (photo ci-dessous).

    Le choeur se compose d'une travée de choeur droite, et d'une abside à fond plat. Il est éclairé par deux baies en plein cintre.

    Le sol de la travée de choeur est recouvert d'un beau carrelage polychrome, composé d'une alternance de deux motifs: une fleur de lys jaune sur fond bleu, et une petite croix jaune incrustée, au centre d'une croix bleue aux extrémités pointues.

    Ci-dessous, des statues en plâtre polychrome, de style saint Sulpice.

    Le curé d'Ars.

    Le Sacré Coeur.

    Jeanne d'Arc.

    Saint Antoine de Padoue.

    Sainte Thérèse de Lisieux.

    Saint Andoche.

    Ci-dessous, quatre statues en bois.

    Saint Roch.

    Saint Joseph.

    La Vierge Marie.

    Saint Didier.

    Tableau de saint Jérôme, du XVIIIème siècle, protégé au titre des Monuments Historiques.

    Ancien bénitier.

    L'Adoration, huile sur toile du XVIIème siècle. Inscrite aux Monuments Historiques.

    Une extrême piété se dégage des personnages. L'Enfant Jésus se tient sur les genoux de sa mère, toute drapée de bleu, avec peut-être l'ange Gabriel agenouillé à proximité. Un personnage, en position centrale, semble volontairement en retrait, rendant difficile son identification. Survolant la scène, des angelots portent la Croix, préfigurant la Crucifixion.

    La maison de la Bazolle (photo ci-dessous), du XVème siècle, est classé Monument Historique en 1982. Il est difficile de définir l'origine de cette maison à pans de bois et torchis. Henri IV y aurait séjourné. Les nombreuses croix de Saint-André des hourdis, semblent indiquer une construction très ancienne. En effet, des forêts importantes permettaient une utilisation conséquente du bois pour la confection de la charpente des murs. Vers la fin du XIXème siècle, la Bazolle était "un énorme bâtiment à pans de bois".

    Le château des Millets

    Comme de nombreux châteaux, les Millets appartiennent d'abord à une famille de ce nom, signalée dans les textes du XIVème siècle.

    En 1710, "la seigneurie des Milets est environnée de murailles, et de fossés, avec granges, estableries, cour, jardin, colombier, chenevière, prés, terres, cinq estangs, un moulin, boys de haute futaye, droseilles, brières......".

    Vendu comme bien national, le château changea plusieurs fois de mains aux XIXème et XXème siècles. Ce bâtiment représente plusieurs périodes de l'histoire de l'architecture dans le département. Il se compose d'un logis unique, flanqué de deux pavillons de plan rectangulaire sur cour, et de deux tours circulaires sur le jardin. Sur une base médiévale, il fut remanié en 1563 et en 1701.

    La porte d'entrée sur cour et la fenêtre qui la surmonte sont encadrées de pilastres cannelés d'ordre dorique aux proportions un peu incertaines, mais qui montrent comment les règles de l'architecture classique pouvaient être interprétées à cette époque. Les nombreux communs, par leur volume, rappellent par leurs hautes toitures la silhouette du château. Le tertre carré de 30 mètres de côté, sur lequel reposait la maison forte, a été arasé et les fossés comblés.