saint-gérand-de-vaux: patrimoine

    l'église saint gérand et saint julien

    L'église saint Gérand et saint Julien est un édifice composite. Sur une base du début de la Renaissance, le clocher actuel est élevé au XIXème siècle. Au rez-de-chaussée, la pièce est couverte d'une voûte d'ogives sexpartite, à oculus central, dont les nervures retombent sur des petits culs-de-lampe ornés par des angelots.

    A la base du clocher, accompagnant les angelots, les écussons représentent les armes de la famille de La Guiche, et celles , écartelées, des Longaunay et de la famille Aux Epaules, première et seconde épouse de La Guiche. Les mêmes blasons se retrouvent au-dessus de la porte d'entrée de cette chapelle

    Les armes qui ornent le bénitier sont celles de la famille Soreau. Ci-dessous, grand bénitier en marbre du XVème siècle.

    Cette  église à la particularité d'être dédiée à deux saints: Saint-Gérand et Saint-Julien. La nef comporte deux travées. La travée orientale, d'époque romane (XIIème) a été très remaniée. L'autre travée date du XIVème siècle sur une base de la fin de l'époque gothique. Deux chapelles latérales sont construites au XVIème siècle.

    Le visiteur pourra découvrir deux tableaux restaurés: la Nativité et l'Assomption de la Vierge. Trône également une statue de pierre représentant Saint-Georges à cheval terrassant le dragon. Le groupe est vivant: le guerrier est vêtu avec l'armure de l'époque de Louis XI. Il proviendrait du prieuré du Luzeray. Classé Monument Historique en 1933.

    Ci-dessous, les symboles des quatre évangélistes sculptés

    Quelques vitraux en très bon état de conservation.

    le château de saint-géran-le-parc

    Le château de Saint-Géran-le-Parc se compose d'un corps de logis principal et de deux ailes en retour. La partie la plus ancienne est caractérisée par un style qui indique clairement l'époque d'Henri IV, et a dû être construite de 1600 à 1610. Elle s'élève sur les caves du XIVème siècle, seuls vestiges de l'édifice féodal antérieur. Construite dans un appareillage losangé de briques rouges et noires, la bâtisse comporte également des éléments de pierre blanche dans les encadrements d'ouverture. Le pignon de l'aile droite possède deux tourelles d'angle en encorbellement. On y voit encore une copie du bateau Saint-Géran dont le naufrage au large de l'île Maurice inspira à Bernardin de Saint-Pierre Paul et Virginie, aujourd'hui encore en livre de poche. Classé Monument Historique en 1986.

    Le corps de bâtiment conserve également la "chambre de l'enlèvement". En effet, le château a été le théâtre d'un enlèvement d'enfant à la fin du XVIIème siècle. Le petit-fils du maréchal de La Guiche, Bernard, fut victime d'un rapt, sa tante voulant le soustraire à un héritage qu'elle convoitait. Le procès qui suivit a été gagné par la mère de l'enfant, Suzanne de Longaunay, face aux héritiers du maréchal Claude de La Guiche, comte de Saint-Géran et de La Palice.

    Dans les crimes célèbres, Alexandre Dumas a écrit L'enlèvement de Bernard. Louis XIV, venu à Moulins en 1659 avec une cour de trois cent personnes, fut accueilli au palais des ducs, ses ancêtres, par Claude Maximilien de La Guiche, père de Bernard et gouverneur du Bourbonnais. Il saluera Bernard revenu chez ses parents, comme le comte de La Palice, mais il faudra attendre plusieurs années encore avant la reconnaissance officielle, qui interviendra en 1666. Cette pièce est ornée d'une cheminée à volutes, avec une scène peinte d'après,une illustration du Vitruve de Jean Martin (1568), ainsi que d'épisodes de l'histoire de Tobie.

    L'accès au château du Parc se faisait par un porche dont le caractère monumental indique l'échelle du domaine et montre la puissance du propriétaire. De fait, le château possède un parc de 440 hectares, clos de murs, avec douze allées. Le portail tire sa composition d'un modèle issu du Libro Straordinario dessiné par Serlio. Sa disposition par rapport au château est insolite, car le rapport qu'il entretient avec le bâtiment n'est pas évident. L'axe qui lie la porte du bâtiment est rayonnant et s'intègre au tissu formé par les autres structures du parc.

    Le portail se compose d'une grande porte ouvrant sous un arc en plein cintre, flanqué de deux colonnes engagées soutenant un entablement surmonté d'un fronton triangulaire. A côté de l'ouverture principale, une porte piétonne crée un lien entre le mur de clôture et l'entrée. Derrière, se trouve encore la conciergerie, bâtiment de taille réduite dont la façade est ornée d'un cadran solaire et la lucarne d'un fronton cintré. Classé Monument Historique.

    La façade latérale, côté cour, est munie d'une entrée à laquelle on accède par plusieurs marches. Cette entrée se compose de deux portes jumelles en plein cintre, séparées par de fins pilastres d'ordre dorique au fût non cannelé et couronnées d'un attique, le tout s'imposant dans la façade de briques colorées. Les portes donnent accès à un grand escalier. Classée Monument Historique en 1986.

    Un escalier aux marches larges et basses traverse l'aile de part en part. Surmonté d'une voûte, il est composé de quatre volées droites avec un palier et deux repos. Le premier d'entre eux est pavé de tommettes en terre cuite, alors que le palier donnant sur divers appartements comporte un dallage de pierre. Il est possible que l'ensemble ait été initialement prolongé vers le haut par des lucarnes qui auraient disparu lors d'un remaniement du volume du toit. Classé Monument Historique en 1986.

    La cheminée monumentale qui se trouve dans la vaste salle du rez-de-chaussée du corps du logis central s'élève du sol au plafond. Son manteau est orné des armes des propriétaires successifs du domaine. Le décor sculpté consiste essentiellement en colonnes doriques sur les piédroits et la hotte. La peinture qui couvre celle-ci représente au premier plan, sur un fond de forêt, un personnage grandeur nature, dans un costume d'époque Charles IX, tenant un chien de grande taille. Au second plan, le même chien suit une piste que son maître lui indique de la main.

    Le corps de ferme ci-dessous, et les terres attenantes, appartenaient au domaine du château. A ce titre, les cultivateurs dépendaient du seigneur de Saint-Gérand, et les motifs décoratifs du château se retrouvent sur la façade de ce bâtiment. Il se conforme, par ailleurs, au modèle de ferme forte de la Limagne.

    Plus bas, cette dépendance fait partie intégrante du domaine du château, au même titre que la ferme. Le droit de colombier n'est pas obligatoirement un droit féodal. Cependant, seul le seigneur pouvait posséder un pigeonnier à pied comme celui présenté, c'est-à-dire une construction séparée du corps de logis principal. De plus, le bâtiment ne devait être utilisé que pour l'élevage des pigeons.

    le château de royet

    Le château de Royet s'apparente aux constructions de plaisance du XVIIIème siècle. L'édifice, assez vaste, comporte un corps de bâtiment unique à un seul niveau, couvert d'un toit à croupe percé de lucarnes, flanqué de deux tours circulaires. La travée centrale, où est ouverte la porte d'entrée, est surmontée d'un mur pignon à fronton triangulaire. La cour d'honneur, en regard de la façade, est bordée de communs dont les angles nord-ouest et sud-ouest sont flanqués de deux tours polygonales. Les abords, caractérisés par de nombreux bâtiments de communs, ainsi qu'un parc paysager avec plusieurs pièces d'eau, confèrent à l'ensemble un aspect typiquement Bourbonnais.

    En 1847, passa un phalanstère de fouriéristes, disciples du philosophe et sociologiste Français Charles Fourier. Ce dernier avait dressé le plan d'une cité harmonieuse où l'homme s'épanouirait dans le travail, devenu l'expression profonde de chacun. Malgré leur bonne volonté, ses disciples ne réussirent qu'à ruiner la terre de Royet. En 1871, leur chef prendra part à la Commune avant de mourir dans la misère à Lyon.

    le château d'hauterive

    Placé au sommet d'une colline, le château d'Hauterive est une construction de plaisance aux dimensions inhabituelles que justifient à la fois l'immense fortune de Gabriel-Jacques de Farjonel, et sa volonté d'y installer pour les jeunes nobles de la province une école d'élèves officiers de cavalerie, qui ne fonctionne finalement que pendant un temps très court. Les dépendances comportent à cette fin, au-dessus des écuries voûtées, de nombreuses petites chambres. Mais, la révolution arriva. Accablé de charges excessives et de tracas en tous ordres, Gabriel-Jacques de Farjonel est arrêté et emprisonné à la Mal-Coiffée à Moulins où il meurt misérablement en 1796.

    Après bien des vicissitudes, le château est acheté en 1815 par un vieux soldat de l'Empire, personnage pittoresque qui se fera enterrer à côté de son cheval, tout près du château. Ses héritiers eurent l'interdiction de le vendre pendant trente ans. Le château a obtenu le prix Europa Nostra et est inscrit à l'Inventaire des Monuments Historiques en 1973.

    Le château comprend également une grange dîmale aux dimensions impressionnantes, qui était faite pour recevoir la dîme. Situé dans un cadre rural verdoyant, le château se compose d'un grand corps de logis rectangulaire à deux niveaux, avec deux ailes de communs en retour. La grande cour est fermée par une grille et, à droite de celle-ci, s'étend une ancienne ferme présentant tous les caractères de l'architecture rurale Bourbonnaise. L'ensemble formé par la cour, la maison d'habitation, le jardin, les communs et la ferme a conservé beaucoup d'homogénéité, ayant été peu remanié depuis sa construction. Les matériaux, brique polychrome, chaînage et encadrement en pierre, ardoises et tuiles, y sont variés et harmonieux, et les volumes pittoresques s'accordent avec la douceur du paysage Bourbonnais.

    le château des guichardeaux

    Le château des Guichardeaux est un édifice néo-Renaissance comprenant une tour d'angle ronde, ainsi qu'une tour carrée crénelée en relief du mur principal. Il subsiste des vestiges d'une ancienne motte castrale qui confirme une occupation noble du domaine dès l'époque féodale, bien avant la construction du XIXème siècle. Le corps de logis, rectangulaire, comporte un soubassement taluté en pierre de taille, deux niveaux de fenêtres à jambages harpés en brique, et un toit d'ardoise à deux versants, percé de lucarnes à pignon sculpté.

    La façade antérieure est flanquée d'une tourelle d'angle cylindrique en brique, et d'un pavillon hors-oeuvre rectangulaire de deux travées, avec un niveau supplémentaire en surplomb. Dans l'angle rentrant, un porche abrite un perron en pierre de Volvic donnant accès à la porte d'entrée encadrée de moulures croisées. L'autre façade offre quatre traverses entre une tourelle semblable à celle de l'autre face, et une petite aile en retour d'équerre.

    la maison du notaire royal couppery

    Entièrement refaçonné en 1820 sur une construction plus restreinte du XVIIIème siècle, la maison du notaire royal Couppery fut, de 1870 à 1925, le siège d'un équipage de chasse à courre, un vautrait, c'est-à-dire de chasse au sanglier. L'escalier est garni de trophées de chasse, amis aussi de têtes des chiens qui, tués par un sanglier, ont été admis au champ d'honneur. Ensemble homogène et symétrique, avec des dépendances: fermes, chenils, pressoir, étables, granges et fours. Il est un temps pas si lointain où les fermiers venaient encore y presser leur vin. Le parc à l'Anglaise d'une dizaine d'hectares avec des arbres remarquables tels des cèdres du Liban et des cyprès chauves sur l'étang.