saint-gérand-le-puy: la grande guerre

    Dans un courrier daté du 14 août 1914, un monsieur craint fortement que la guerre ne soit longue. Il ne s'est malheureusement pas trompé. Néanmoins, ce citoyen tient à montrer concrètement son patriotisme. Cet homme fit la guerre de 1870 mais, souffrant et âgé de 70 ans, il ne peut prendre place parmi les défenseurs de la Patrie pour ce conflit. Aussi, il tient à la disposition de la municipalité de Saint-Gérand-Le-Puy la somme de 10 000 francs pour venir en aide, pendant la guerre, à toutes les personnes nécessiteuses de la commune, et plus particulièrement aux femmes et aux enfants des soldats qui se trouveraient dans la gêne ou le besoin. C'était pour lui le moyen de servir la France. En 1915, les élèves des écoles communales ont demandé que la somme de 100 francs, destinée à l'acquisition des livres de prix par la municipalité, soit employée au soulagement des soldats blessés. C'est l'institutrice qui se chargea d'envoyer du linge et des objets de première nécessité aux hôpitaux de Vichy.

    saint-gérand-le-puy: 2ème guerre mondiale

    Il en passait beaucoup des véhicules Allemands, notamment des motos, en juillet 1940. Et ce n'était pas le défilé du 14 juillet.... L'occupant fit abattre les platanes qui longeaient la nationale, puis ils ordonnèrent à la population masculine de moins de 26 ans de creuser des tranchées de 3 mètres de long sur 1 mètre 80 de profond, de loin en loin sur les trottoirs et ce, jusqu'à Périgny. Les habitants pensèrent alors que celles-ci pouvaient leur servir de protection en cas d'attaque alliée sur la route. Mais, elles restèrent en l'état durant toute l'occupation, se transformant en fosses pleines d'eau par temps pluvieux. Les barrages se formaient, à partir de 22h, soit à l'heure du couvre-feu, au niveau du chemin sous les vignes. Il y eut beaucoup de passage, notamment des familles de réfugiés Belges ou Polonaises qui repartirent après la guerre. A la libération, c'est un autre défilé que celui de juillet 40. Ce fut celui des Américains, puis des FFI.

    saint-gérand-le-puy: le pétrin sanglant

    Le jeune Brochon, âgé de 24 ans, est embauché depuis peu chez les époux Rochut, boulangers à Saint-Gérand-Le-Puy. Mais, pétrir la pâte à long terme n'est pas dans les projets futurs du jeune homme. Son objectif à court terme est de s'emparer de la caisse de ses employeurs et de disparaître au plus vite. Mais plus facile à penser qu'à faire. Les clefs du "magot" sont accrochées à la blouse de la patronne, et celle-ci se méfie de son jeune ouvrier. Qu'importe.... A la première occasion, Brochon est bien décidé à passer à l'action.

    Le jeune homme se relève..... les mains ensanglantées, qu'il essuie sommairement sur un gilet qui traîne. Sa patronne gît à ses pieds, la tête fracassée, difforme et méconnaissable. Il jette le corps, non sans mal, dans le pétrin dont il referme le couvercle. Il fouille toute la maison, et s'enfuit avec 2 500 francs en billets et pièces. Malgré toute la rapidité de son forfait, le jeune malfrat ne se doute pas que la clientèle de la boulangerie ne tarde pas à découvrir la cadavre de l'infortunée propriétaire. Commence alors une bien longue enquête.....

    L'enquête piétine tellement qu'un journal écrit cette conclusion: "Encore une fois, il nous semble inutile de rechercher Brochon dans la région du Centre. Il semble avéré maintenant que l'assassin a bel et bien franchi la frontière et que le crime de Saint-Gérand demeurera, comme d'autres, impuni".  D'autant qu'une autre boulangère, à Laheycourt, commune située près de Bar-le-Duc, a été assassinée. Le mobile du crime est de nouveau le vol. Une somme de 2 000 francs a été dérobée.

    Mais la traque arrive à son terme. Le 10 avril 1910, un homme, accoudé dans un café de Saumur, éveille les soupçons d'un brigadier de police présent sur les lieux. Son profil ne lui est pas inconnu. Il fonce au commissariat, consulte ses fiches et..... oui, c'est cela! La fiche qu'il tient dans sa main tremblante correspond à l'individu présent au café. De retour à ce dernier, il interpelle, avec l'aide d'un collègue, ce consommateur qui, néanmoins, ne se laisse pas faire. L'interrogatoire qui suit l'interpellation ne met pas longtemps à confondre l'homme.

    D'autant que le portrait photographique joint à un avis de la police mobile, répond trait pour trait au visage de celui qui prétend s'appeler Charles-Marie Philippo, né le 10 octobre 1886 à Malensac, près de Vannes. Placé sous mandat d'arrêt, l'individu est aussitôt transféré à Bar-Le-Duc. Il a déjà été condamné et incarcéré plusieurs fois pour vols entre 1904 et 1908. Son périple dans l'Allier, juste après le meurtre de Saint-Gérand, le conduisit à Langy, Saint-Voir, Gouise, Bessay, Neuilly-Le-Réal, Montbeugny et Lusigny.

    Le 05 juillet 1910, l'homme rend des comptes devant le jury de la cour d'assises de la Meuse. Il est condamné à mort et l'arrêt stipule qu'il sera exécuté sur une place publique. Son pourvoi est rejeté, et il est transféré le 11 septembre à la prison de Cusset, à la disposition du parquet chargé d'instruire le crime de Saint-Gérand-le-Puy. L'audience ouvre à 09h15, le 01er février 1911. Il sera également condamné à mort. Son retour à la prison de la Mal-Coiffé à Moulins ne se fera pas sans incidents, et Philippo ne devra son salut qu'à un gendarme réussissant à l'extraire de la foule vindicative.

    Mais où Philippo paiera-t-il sa dette? A Saint-Mihiel? A Moulins? A Cusset? Après multiples études et discussions, c'est finalement à Saint-Mihiel qu'il sera exécuté le 22 juillet 1911

    vues pendant le circuit de saint-gérand-le-puy