saint-gérand-le-puy

    Superficie de 1955 ha - Altitude de 268 à 359 mètres - 1 023 habitants environ.

    Située sur une éminence qui lui donne son nom "Sanctus Giranus in Podio", la commune de Saint-Gérand-Le-Puy est depuis l'origine un lieu de passage et de rencontre. La voie Gallo-Romaine passait à proximité, relayée, au XVème siècle, par la route Lyon-Paris. Cette situation géographique favorable explique son importance militaire, dans un premier temps, et l'attrait qu'elle exerce sur les notables de tout le Bourbonnais, notamment des officiers de la châtellenie de Billy, qui s'y étaient installés.

    Débaptisée pendant la révolution, elle prend pour quelques années le nom de Puy-Redan. Le dynamisme de la commune ne se dément pas au XIXème siècle. Plus dynamique que les agglomérations voisines dans le domaine industriel, la ville possède alors, fait très rare, une association de travailleurs.

    L'agglomération actuelle de Saint-Gérand-Le-Puy est située sur le sommet et les pentes du Puy, point culminant de la commune. Fut exhumés au pied du Puy le soubassement d'une villa Gallo-Romaine avec une piscine, des fragments d'enduits polychromes sur les murs, des meules et une mosaïque à carrés blancs et noirs.

    A côté des vestiges de cette villa Gallo-Romaine, les archéologues ont découvert les traces d'un très vieux sanctuaire dédié à saint Martin. Cette statue, ci-dessous, placée dans une niche au bord de la route, et scellée au mur, pourrait provenir de l'ancien sanctuaire. Elle est en fait constituée de deux pièces distinctes, le corps et le buste, qui ont été collés ensemble. Peut-être a-t-on réemployé deux statues différentes?

    Le puits ci-dessous, daté du Moyen-âge, de forme carrée, est constitué de pierres apparentes à phryganes, insectes fossilisés. Trois pierres entières, très massives, forment le dessus et les supports de côté. Le monument aux morts, plus bas, est dû au sculpteur Jean Magrou, originaire de Béziers  et habitant Paris, professeur de modelage et de dessin à la Sorbonne. Il a obtenu de nombreux prix pour ses oeuvres, dont le second prix de Rome pour un bas-relief.

    C'est en 1921 que le Comité du Monument, sur l'avis du statuaire, décide d'enlever le monument sur la place du poids public, entre les deux platanes qui se trouvent au fond de cette place, en avant du mur de la propriété Moutet. C'est au cours du conseil municipal du 08 février 1920 que le maire propose au conseil d'élever un monument à la mémoire des 62 enfants de Saint-Gérand-Le-Puy, morts pour la France, liste qui s'allongera jusqu'à arriver à 73 victimes.

    La maison ci-dessous témoigne de la présence passée sur la commune d'une bourgeoisie nombreuse et aisée. Même quand la paroisse a perdu l'importance qu'elle avait au début du Moyen-âge, les baillis, les lieutenants et autres officiers continuèrent d'y résider, de préférence à Billy. Le niveau supérieur de cette habitation est en surplomb, et repose sur quatre piles reliées par une poutre en bois, créant ainsi une galerie abritée. La porte à accolade se trouve sur la droite, et non pas au centre.

    Les Aragons, ci-dessous, ne semblent pas être un ancien fief, mais plutôt une construction comme le début du XVIIème siècle (année de sa restauration) en a vu se construire beaucoup. Ses combles élevés font penser à une bâtisse du XVème siècle. Le premier seigneur connu apparaît en 1629.

    Le pigeonnier plus bas faisait partie des bâtiments du château de Saint-Etienne-Du-Bas. En 1367, le château d'origine avait déjà été remplacé par un simple pavillon à tourelles. Le bâtiment est très simple dans sa forme quadrangulaire, à un seul niveau et à deux entrées. Dernière photo: maison bourgeoise fin XIXème - début XXème.

    La croix ci-dessous est ornée de deux représentations en son centre: de face, une couronne de roses entourant un coeur transpercé d'un glaive et, de dos, une couronne d'épines autour d'un coeur. La base de la croix porte une devise peu lisible. Certaines sources pense qu'elle est issue  de l'ordre Jésuite: "ad majorem Dei gloriam". Sur le socle sont gravées plusieurs inscriptions: "Doux coeur de Marie, refuge des pêcheurs, priez pour nous. 300 jours d'indulgence", "Mon Jésus miséricorde. 100 jours d'indulgence", "O Crux Ave érigée le 2 janvier 1863", et "40 jours d'indulgence pour un Pater et un Ave".

    Une partie de l'inscription à la base de la croix.

     "Doux coeur de Marie, refuge des pêcheurs, priez pour nous. 300 jours d'indulgence"

    "Mon Jésus miséricorde. 100 jours d'indulgence"

    "O Crux Ave érigée le 2 janvier 1863"

    Au centre de la croix ci-dessous, figurent le Christ crucifié et une couronne d'épines. Sur les branches est représenté le tétramorphe, c'est-à-dire les symboles des quatre évangélistes: le lion pour Marc, le taureau ou le boeuf pour Luc, l'homme pour Matthieu et l'aigle pour Jean.

    Le lion pour Marc

    Le taureau ou le boeuf pour Luc

    L'homme pour Matthieu

    L'aigle pour Jean

    Dans la mouvance générale du XIXème siècle, favorable au mélange des styles de toutes les époques, la maison ci-dessous se singularise par son inspiration palladienne. Palladio était un architecte du XVIème siècle qui, outre des édifices religieux, a notamment construit de nombreuses villas telles que la Rotonda. Son célèbre traité d'architecture, paru en 1570, eut une très grande influence en Europe. Néanmoins, il est rare de trouver des exemples de ce type au XIXème siècle. Photos plus bas: porche de 1777.

    Cet imposant monument funéraire ci-dessous, est celui de la famille Desmaroux de Gaulmier. De forme octogonale, il est orné d'une très riche décoration sculptée de style néo-roman. Les arcatures aveugles en plein cintre reposent sur des colonnes à chapiteaux aux motifs corinthiens. Une croix de Malte, au-dessus de la porte, pourrait témoigner des relations étroites de la famille avec cet ordre religieux.

    Au bord du ruisseau du Grognat, la motte de Grand-Village a été construite sur le plateau pour procéder à la mise en valeur de l'éperon de confluence, ainsi que pour surveiller le passage. De même, sur le bord du plateau, près d'un petit cours d'eau, la motte Saint-Martin, aujourd'hui presque arasée, est caractéristique des défrichements du XIème siècle, accompagnés par la construction d'une chapelle. Photos ci-dessous: ancien four à pain.

    Ci-dessous, une empreinte de tronc de palmier, boule de stromalolithes. Date du miocène inférieur: 21 millions d'années. Découvert à la carrière de Gondailly à Saint-Gérand-le-Puy. Dernière photo: square James Joyce.