saint-pourçain-sur-Besbre: à voir - à savoir

    patrimoine

    Le château de Beauvoir, pris par les Anglais qui pillaient et rançonnaient les habitants, fut libéré en 1367 par les troupes du Duc Louis II de Bourbon. Cette occupation a beaucoup endommagé le château édifié au XIVème siècle, et il fut reconstruit en partie à la fin du siècle suivant.

    Les Anglais avaient creusé une fosse nommée "enfer", où ils brûlaient ceux qu'ils ne pouvaient pas rançonner. Louis II fit fusillé toute la garnison, et enferma le capitaine en sa prison de Moulins.

    René Germain, dans son ouvrage "châteaux en Bourbonnais", pages 108 et 109, nous donne une description très précise de cet édifice: "entourée d'une enceinte que précédaient des douves, la construction primitive présentait deux bâtiments en équerre, à la jonction desquels est logée une haute tour de guet, qui contient un escalier à rampe droite, aboutissant à un premier palier couvert d'une voûte d'ogive". "L'extrémité des bâtiments est flanquée, aux angles nord-ouest et sud-est, d'une tour circulaire. Une barbacane défendait un pont-levis, mais des réfections firent disparaître ces deux éléments défensifs". 

    "Il fut construit au XVème siècle, un corps de logis dans l'alignement de la façade ouest, et on rehaussa la tour de guet qui fut coiffée d'un toit à lanternon". "Au XIXème siècle, les courtines de l'enceinte, et la tour qui la flanquait au nord, furent rasées pour édifier un bâtiment agricole. L'aile nord abrite une salle à manger couverte d'un plafond en bois à caissons et pendentifs. Dans la partie ouest, une autre salle est voûtée d'ogives, dont les nervures reposent sur des corbeaux." Le château et le jardin sont inscrits à l'Inventaire des monuments historiques.

    Dès le XIIème siècle, une fortification surveillait la circulation le long de la Besbre. Pendant la guerre de cent ans, le château de Toury fut occupé par les Anglais. Ces derniers furent chassés par le Duc Louis II de Bourbon, après son retour de captivité. Il fut reconstruit en grande partie, à la suite de ces évènements, dans la seconde moitié du XIVème siècle.

    René Germain, de nouveau, nous détaille son architecture de manière précise, dans son ouvrage "Châteaux en Bourbonnais", en pages 110 et 111. Il présente "une enceinte pentagonale irrégulière flanquée de tours. Une levée de terre qui protégeait le château fut aplanie, mais on distingue encore la trace, de même que furent comblés les fossés". Plus bas,, pierre tombale de GUUIOZ PROAN de THORI, ornée d'une croix fleuronnée entre un gisant, une épée, et un chien (fin du XVIème).

    "Le pont-levis qui accédait à l'entrée, au sud, fut remplacé dès le XVIIème siècle, par un pont dormant. Mais, le châtelet, d'où on le manoeuvrait, a conservé les rainures d'encastrement du tablier, et des bras du pont".

    "Le porche, percé sous un arc brisé, était défendu par un assommoir, et ajouré de deux canonnières dirigées vers les courtines. Deux échauguettes flanquent les angles extérieures de la tour d'entré, reliées entre elles par une bretèche".

    "Un chemin de ronde domine les courtines au sud-est et au sud-ouest, donnant accès à l'est, à une tour semi-circulaire, puis au logis de plan rectangulaire auquel est accolée, côté cour, une tour ronde contenant un escalier en vis".

    "Les ouvertures du logis ont été modifiées à différentes époques, et les combles que coiffent trois niveaux sont éclairés par des lucarnes installées au XVIIIème siècle". "Le retour de l'enceinte, à l'ouest, fut aménagé en galerie ouverte sur la cour au XVIème siècle, et augmenté dans l'angle nord d'une tour semi-circulaire. En même temps, fut construit un petit pavillon reliant cette galerie à une tour ronde qui flanque l'angle ouest."

    L'église de Saint-Pourçain date du XIIème siècle, mais sa partie principale, d'origine romane, date du XIème siècle. Son transept est légèrement saillant, son croisillon nord date du XVIème siècle, et son clocher fut rehaussé au XVème siècle.

    La nef ouvre sur un transept saillant par un arc en plein cintre, que portent des pilastres. La croisée du transept et le croisillon sud sont couverts d'un berceau transversal, tandis que le croisillon nord, démoli au XVème siècle, a fait place à une chapelle de deux travées voûtées d'ogives.

    Berceau transversal avec vue sur la tribune.

    Nef ouvrant sur un transept saillant par un arc en plein cintre, porté par des pilastres.

    Berceau transversal avec pilastres.
    Vue sur la chapelle.

    Le clocher, carré, a été rehaussé d'un étage à l'époque gothique. Ce clocher a été refait en 1711, époque où il tombait en désuétude. Puis ce fut la foudre qui l'endommagea en 1718. Son toit était alors couvert en ardoises. Il fut restauré en 1722. En 1868, la foudre tomba à nouveau sur le clocher, et il fut refait une nouvelle fois avec son aspect actuel, percé sur chaque face, de deux baies croisées sans ornement

    Deux cloches se trouvent dans ce clocher, la plus grosse datant de 1541. L'autre était autrefois dans le clocher de Notre Dame du Pal. Sur la plus imposante, se trouve le nom du donateur, et d'importantes inscriptions, écrites en gothiques, et en latin, et séparées par des figurines de saints, ou par des écussons.

    Il est inscrit: "H.I.S. M A A FULGURE ET TAMPESTATE - LIBERA DOMINE - SANTE PORTIANE ORA PRO NOBIS M V XXXXI NEC FECIT MAGA - DLAFIN", traduit en Français par "Hommes, de la foudre et de la tempête, délivre nous Seigneur - Saint-Pourçain priez pour nous. 1541 - Non fait pour la gloire - de la fin."

    Sur un pilier extérieur, est sculptée une salamandre (photo ci-dessus). Ci-dessous, un cadran solaire avec l'inscription "orare, laborare, contemplare", soit "prier, travailler, contempler". Plus bas, une serrure en fer forgé et ciselé du XVème siècle.

               

    Tout visiteur entre par le "caquetoire", construction en bois servant de porche. Son nom est issu du fait que les femmes s'y arrêtaient pour bavarder (caquetter en patois bourbonnais), à la sortie des offices. Plus bas, deux bénitiers en fonte du XVIème siècle. Sur un pilastre se trouve une pierre insérée à la réfection intérieure de l'église en 1974, représentant un archer tirant.

    La chapelle de la Vierge a été ajoutée au XVème siècle. L'église n'a pas toujours été dédiée à  Saint-Pourçain. Dès sa construction, cette dernière devait être dédiée au Sacré-Coeur, comme le prouverait le vitrail situé derrière l'autel (photo ci-dessous). Puis, elle fut dédiée à Sainte-Catherine, peut-être à cause des foires et des marchés qui se tenaient sur la place le 25 novembre. Dans tous les cas, le 07 janvier 1710, un autel, dédié à Sainte-Catherine, est installé.

    Les vitraux ci-dessous sont dédiés à, de haut en bas: Saint Antoine, le Pape Jean-Paul II, la Sainte Famille, Saint Jean-Baptiste, Saint Claude, et Sainte Madeleine.

    Le mobilier le plus intéressant est représenté par une statue de Saint-Pourçain du XVIIème siècle en bois polychrome (photo ci-dessous), et par une autre statue représentant cette fois-ci Saint Antoine de Padoue, oeuvre du XIXème siècle, en plâtre polychrome doré (photo plus bas).