saint-prix: notre-dame du bon-secours de beaulieu

    Un jour, deux frères voyageaient à cheval et longeaient le plateau de Beaulieu qui était alors entièrement recouvert de forêts. Soudain, leurs chevaux s'arrêtent et se mettent à trembler de tous leurs membres. Les cavaliers donnent du fouet et de l'éperon, mais rien ne peut faire avancer leurs montures. L'un des hommes met pied à terre et veut savoir ce qui peut causer tant d'effroi à leurs bêtes, ordinairement obéissantes et paisibles.

    Au milieu des branches d'un chêne, le plus beau de la forêt, il aperçoit la statue d'une vierge tenant sur le bras gauche l'Enfant Jésus. Autour de la tête, brillait une auréole dont les rayons, traversant le feuillage, allaient au loin inonder la campagne. Il comprit l'effet produit même sur des êtres dépourvus de raison. Il s'agenouille avec respect. Son frère, resté à cheval, ne tarde pas à suivre son exemple et, après avoir prié pendant quelques temps, tous les deux se remettent en selle et vont annoncer au curé voisin ce qui avait si vivement frappé leurs montures elles-mêmes. Ils ne s'en tinrent pas là et poursuivirent leur route jusqu'auprès de l'évêque, pour le consulter et savoir ce qu'il fallait faire dans une occasion semblable.

    Pendant les pourparlers, la lumière ne faiblissait pas et brillait jour et nuit. Emues d'un spectacle que rien ne pouvait naturellement expliquer, les populations de tout le voisinage accouraient nombreuses à Beaulieu. C'était, chaque jour, une procession nouvelle. L'église de Saint-Prix, qui était paroisse, fut bientôt désertée. Furieux et jaloux, le curé résolut de transporter dans son église la statue qui le privait de ses ouailles. La cérémonie qu'il fit dans cette circonstance fut solennelle. Mais, le lendemain, la Madone n'était plus à Saint-Prix! Elle était retournée sur le chêne! Elle voulait être honorée dans ce lieu solitaire.

    Un riche seigneur du voisinage, le baron de Montjournal, , très illustre croisé qui arrivait de Palestine, fit là, bâtir une chapelle. C'est là même qui existe aujourd'hui. La construction est simple, une nef surmontée d'un clocher. On voit, à la muraille extérieure, une date qui en fixe l'époque au milieu du XIIème siècle. Notre-Dame du Bon Secours fut le vocable que choisit le pieux croisé. Au jour de l'Assomption avait lieu la Fête solennelle.

    Des faits miraculeux nombreux s'opérèrent dans l'enceinte. Des ex-voto, attachés à la muraille, étaient là pour l'attester, même une béquille très curieuse, ornée d'une couronne et garnie de rubans. Ce pieux dépôt de la reconnaissance disparu datait, dit-on, de plusieurs siècles. Il serait issu d'une jeune fille de dix-huit ans, du village Caillot, paroisse de Droiturier, qui vint à la chapelle appuyée sur deux béquilles. A l'élévation, elle s'écria: "Ah! mon Dieu, je suis guérie!". Et les béquilles tombèrent d'elles-mêmes de dessous ses bras. La jeune fille les pendit à la muraille. Autre exemple,  un jeune garçon de quinze ans était à l'agonie. Tout le monde se désespérait. Sa mère, pleine de foi, court chercher un cierge à l'autel de Notre-Dame, en signe le malade qui, à l'instant, ouvre les yeux, parle, se lève et se trouve parfaitement remis.

    saint-prix: quelques vues pendant le circuit