tréteau: à voir - à savoir

    voies romaines et vieux chemins

    Tréteau, placé à un carrefour de routes, fut jadis une agglomération importante, comme l'attestent les restes d'habitations antiques qui abondent dans son voisinage, les nombreux fiefs qui l'entourent, et ses foires qui furent autrefois très renommées. Son château était construit sur une motte colossale. C'est peut-être sur une voie Romaine qu'avait été dressée la borne itinéraire, dite de Tréteau, qui fut découverte au domaine de Château-Barrault, où elle avait été transportée.

    Cette pierre de marbre blanc provient de la carrière de Châtelperron. Elle offre la forme d'un prisme droit, de 1m58 de hauteur, 0m53 de largeur et 0m33 d'épaisseur. A sa partie supérieure, elle porte une inscription gravée très bien conservée: "IMP. CIISARI. L DV MIITIO. AVRIILIAN O. M. GIIRMANICO TRIBUNICII. P. V. CO SS. III.P.P.CI.AR L XXXVI", soit "Imperatori Caesari Lucio Domicio Aureliano, maximo, germanico, tribunicia potestate V. consuli III, patri patriae; civitas Arvernorum, leugas XXXVI".

    La traduction en est la suivante: "A l'Empereur César Lucius Domitius Aurélien, très-grand, germanique, revêtu cinq fois de la puissance tribunitienne, trois fois consul, père de la patrie, la cité des Arvernes XXXVIe lieue." Cette inscription présente quelques particularités intéressantes. La lettre E est figurée par deux jambages en forme de I, et Augustonemetum a été remplacé par "cité des Arvernes". La borne a été érigée à une époque tardive, en 274, sous l'empereur Aurélien. Peut-être indique-t-elle une restauration de la voie à cette époque?

    Nul ne sait le point précis où fut dressée, à l'origine, la borne de Tréteau. Etait-ce sur la voie passant par Varennes ou sur celle passant par Saint-Gérand-Le-Puy? Il est possible de se baser sur les données de la Table de Peutinger, qui indique les distances de la sortie d'une ville à l'entrée de la ville suivante. Il faut donc s'en rapporter à celles fournies par les bornes itinéraires. Or, la borne leugaire de Vichy (XXIe) est distante de celle de Tréteau (XXXVIe), de 15 lieues, qui représentent, avec une lieue de 2.415 mètres, 36.2 kilomètres.

    La distance séparant la borne de Vichy du carrefour de Tréteau, par la voie passant à Saint-Gérand-Le-Puy ou par celle, directe, passant par Beausoleil et Varennes, est voisine de 33 kilomètres, alors qu'elle atteint environ 35.5 kilomètres par la voie passant par Cusset, le pont du JOlan et Varennes. Il en résulte donc, si les distances ont été comptées sur cette dernière route, que la borne XXXVI était élevée au carrefour nord de Tréteau et aussi, pour être en accord avec la Table de Peutinger, que Vichy Gallo-Romain s'étendait jusqu'à Cusset, ce qui n'est pas impossible. Si, au contraire, les distances ont été comptées sur l'une ou sur l'autre des deux premières routes, la borne de Tréteau aurait été élevée à 3 kilomètres à l'est du carrefour de Tréteau, en direction de Jaligny. La première hypothèse semble être la plus logique.

    Au-delà de Tréteau, la voie antique devait, avant la conquête de la Gaule, se rapprocher de la vallée de la Besbre. Peut-être traversait-elle la Loire à Diou pour continuer sur Bourbon-Lancy et Bibracte, en suivant un tracé qui fut plus tard aménagé par les Romains. A Tréteau, la vieille route se réunissait à la voie principale venant de Vichy (Aquae Calidae) par Vouroux/ Varennes-sur-Allier (Vorocuim).

    De Varennes, la voie Romaine partait au nord-est, en direction de Tréteau, évitant la plaine de Boucé. Elle se tenait à gauche de la route actuelle de Varennes à Jaligny (D21), jusqu'à hauteur de Montoldre, puis elle passait à droite. Elle escaladait ainsi la colline de Beaupuy, vaste nécropole Gallo-Romaine, antérieure au IVème siècle, passait près du Grand-Domaine, traversait le ruisseau orienté nord-sud qui longe à l'ouest le monticule qui porte le château de Gayette, puis coupait, au nord-est du domaine des Guis, la route départementale qu'elle laissait dorénavant à gauche. Elle continuait en suivant la bordure du plateau qui domine la plaine de Boucé et par le Châtelet, les Traffés, les Echelettes, le bois du Plot, les Pessonnets, et arrivait au carrefour de Tréteau.

    A partir du carrefour de Tréteau, Monsieur Tudot, avec le concours de Monsieur Lebrun, ancien maire de la commune, a retrouvé la voie Romaine qui se dirige sur Jaligny. Cette route était pour celui-ci celle de Bordeaux à Lyon. Il la conduisait à tort sur Avrilly, qu'il identifiait avec Ariolica. D'après lui, cette voie traversait obliquement des champs cultivés et n'avait que quelques points de contact avec la nouvelle route de Varennes à Jaligny.

    Le sol a été creusé pour recevoir un encaissement de sable battu, d'une épaisseur de 75 centimètres. De chaque côté, en lisière, de grosses pierres brutes ont été placées debout, en hérisson. Elles limitent ainsi la largeur de la route. L'intervalle compris entre ces deux cordons est recouvert d'un statumen formé de pierres de dimensions moindres, noyées dans un mortier. La désagrégation du mortier a formé sur la couche de sable, parfaitement massive, une croûte blanche de près d'un centimètre d'épaisseur. Il y eut certainement de la pierraille au-dessus du statumen et par-dessus du gravier. Mais la terre végétale s'étant formée sur une route défoncée, il serait difficile de retrouver maintenant quelque partie moins détériorée.

    La largeur de la voie dépassait sept mètres. Elle repose aujourd'hui à 80 centimètres de profondeur dans les parties cultivées, à une profondeur moindre ailleurs. Elle suit, au sud, la route nouvelle de Jaligny. Les terres qu'elle traverse, au nord de Tréteau, portent sur le plan cadastral et la carte d'Etat-Major le nom de "Rue Blanche", vocable qui doit évoquer la couleur blanche de l'empierrement calcaire de la voie, qui tranchait sur celle des terres traversées.

    patrimoine

    La nef romane de l'église Saint-Maurice comporte trois travées voûtées d'un berceau. L'abside et les absidioles en hémicycle sont construites en 1871, lors des remaniements dirigés par l'architecte Moulinois Moreau. Le transept saillant, depuis lequel s'élève le clocher, est également transformé au cours de ces travaux.

    Le château du Vieux-Chambord, d'architecture militaire, est ainsi nommé pour le distinguer d'une construction moderne dont Claude Devaulx de Chambord avait fait sa résidence. Le site appartient depuis le XIIIème siècle à la même famille. Composé d'un corps de logis du XIVème siècle dont les ouvertures ont été remaniées à différentes époques, le château se distingue surtout par un haut donjon de 28 mètres du XIIIème siècle. Cette tour carrée de 11 mètres de côté au sol s'élève sur quatre niveaux. Elle est flanquée dans les parties supérieures des angles d'échauguettes en encorbellement percées de meurtrières.

    Au sommet des murs, sur chaque pan, deux fenêtres de tir sont protégées sur les côtés par des "oreillettes" triangulaires. Cette disposition se retrouvait au donjon détruit de Cindré. Le site est fermé par une cour entourée d'une muraille flanquée de quatre tours, et percée d'une porte fortifiée en partie détruite. Ce château aurait servi à surveiller la voie Romaine qui relie Autun à Vichy. Classé Monument Historique en 1972.

    Le château paraît donc être une forteresse conservée de la guerre de Cent Ans, et constitue un bon exemple d'architecture civile fortifiée dans le Bourbonnais au XIIIème et XIVème siècle. Il possède quelques particularités architecturales et historiques intéressantes dont une chouette, symbole de la sagesse, sculptée dans l'encadrement de la porte ouvrant sur l'escalier du château. De même, une cloche de 1222, baptisée Marie, date de la construction du château. Elle est mise en branle par l'intermédiaire d'une chaîne.

    Une dalle mortuaire est présente également sur le site. Elle date du XIIIème siècle et est constituée en pierre de Chavroches. Cette dalle funéraire est celle d'Hugues de Champroprin de Chambord, qui reçoit sa seigneurie de Guillaume de Jaligny en 1276. Elle provient de l'église Saint-Maurice, où elle se trouvait enterrée devant l'autel. L'histoire dit qu'Henri IV, dont la virilité restée légendaire le fit surnommer le "Vert Galant" compte une "victime" à Chambord, où est conservée la chaire où il se reposait de ses "exploits". D'autres sources affirment que cette cathèdre serait celle sur laquelle le roi aimait se reposer lorsqu'il venait chasser dans le domaine. Il aurait fait construire le château de Chapeau pour Gabrielle d'Estrée.

    Le château de la Motte-Vesset a été construit au XIVème siècle, et a conservé de cette époque une tour fortifiée dans laquelle est percée l'entrée donnant accès à une cour fermée. Face à cette porterie, le logis de plan rectangulaire était autrefois flanqué sur la façade postérieure de tours circulaires détruites. L'entrée se fait par une porte à arc brisé, percée dans une tour quadrangulaire accolée au logis, et munie d'une bretèche surmontant la porte. Des restaurations au XIXème siècle ont beaucoup modifié le caractère de l'édifice. Toutes les photos sont la propriété du Château de Vesset SAS, et autorisées amicalement à la diffusion par Monsieur TESTU Jean-Luc.

    GÎTE, CHAMBRES D'HÔTES ET LOCATIONS

    Petits-déjeuners inclus. Collation le soir sur demande - Etape randonneurs - Halte équestre (prés à disposition) - Pêche sur place.

    Tél.: 04-70-34-63-67 ou 06-15-90-84-34

    Courriel: contact@chateau-de-vesset.com

    La Motte-Vesset 03220 TRETEAU



    Le château de Belleau n'est pas un fief, mais un rendez-vous de chasse ou de plaisance. Il présente un corps de logis rectangulaire bas sans étage construit en briques rouges, complété par deux ailes en retour, rattachés à l'ensemble par deux tours rondes surmontées d'un  lanternon. L'une de ces tours renferme un escalier, et l'autre un pigeonnier. Deux petites galeries, avec balustrade en bois, relient les combles des ailes à ceux des tours. Ayant été transformé en ferme-école au XIXème siècle par le baron de Veauce, l'intérieur a perdu de son caractère.

    L'imposant manoir des Pessonnets, logis quadrangulaire du XVIIIème siècle, se dresse au milieu des terres. C'est le siège d'un simple domaine agricole, associé à des bâtiments d'exploitation, qui fut probablement construit par la famille Bouer, notaires royaux à Moulins, au début du XVIIIème siècle. Le logis moderne a été complété sur la façade est par une adjonction dans le style des années 1930.

    L'ancienne maison forte des Roches a conservé une porterie fortifiée quelque peu modifiée au XVIIème siècle (1644), ainsi qu'un ensemble de bâtiments médiévaux autour d'une cour intérieure, dont une tour ronde complétée par une échauguette. L'une des tours de flanquement abriterait un puits.