vieure: patrimoine

    voies romaines et vieux chemins

    A Vieure, fut découvert un aqueduc romain. Cette bourgade appelée Viodero (ecclesia de) en 1097, Vioria en 1260, Vioutia en 1322, était, comme son nom l'indique, située sur la voie royale. Les premières formes de ce nom marquent les étapes phonétiques qui ont transformé les trois mots primitifs en un seul nom: via "de re(ge)". Cette route, passant par Vieure, était très fréquentée jadis, et fut parcourue par nos princes et par les armées de diverses nations. Au sud-ouest de Vieure, en bordure de la route, se trouve le hameau des Lamans (des Alamans). De nombreux titres anciens font mention du chemin des Allemands. Parmi ces titres, nous pouvons mentionner la vente au sire de Bourbon par Jean de Vieure du champ des Bordères, situé "près le chemin aux Alamans" (acte de 1322, mardi après Pâques. Inventaire aux titres de la Maison de Bourbon, n° 1634). La voie romaine suivait vraisemblablement, en partie, le tracé de la nationale 694 passant aux Lamans. C'est près de cette voie que fut construit, sur motte, le château de La Salle, et aussi celui de La Chaussière qui a remplacé une construction très ancienne.

    l'église notre-dame

    L'église paroissiale est au Moyen-âge l'oratoire d'une communauté de bénédictins rattachée à Souvigny. Pendant longtemps, des querelles ont lieu avec le curé pour la possession du bâtiment. La partie occidentale est la plus ancienne, avec une nef à trois vaisseaux. Les façades latérales ont été épaulées de puissants contreforts à glacis, de même que la façade principale à l'ouest. L'édifice s'élève au sommet d'une ancienne motte symétrique, le côté nord étant nettement plus élevé que le côté sud.

    Une large porte est percée, dont l'encadrement est appareillé dans une pierre beaucoup plus claire que le grès qui compose les parements du reste des façades. L'arc surmontant cette porte décrit une accolade d'une largeur inaccoutumée, ce type de forme étant employé plutôt pour de petites portes. Le clocher, édifié au XIIIème siècle sur un plan carré s'élevant au-dessus de l'ancienne croisée du transept, est percé sur chacune de ses faces de quatre ouvertures en plein-cintre à claire-voie. Sa flèche a été probablement refaite ultérieurement. L'ensemble des couvertures est recouvert d'ardoises. Un escalier important a été construit à une date inconnue à l'extérieur de l'angle sud-est.

    L'église se compose d'une nef de trois travées, flanquée de bas-côtés romans, voûtée en plein cintre, sauf la première travée qui est gothique. Le transept du XIXème siècle est légèrement débordant et prolongé par les absidioles en hémicycle assez larges et profondes. En 1884, l'architecte Alfred Coulomb fait reconstruire le transept, ainsi que le sanctuaire à trois absides, en tentant de créer un ensemble harmonieux.

    Le bénitier est l'un des plus anciens témoins de l'implantation religieuse et monastique dans la commune. Il est composé d'une lourde cuve circulaire puis à pans dans sa partie basse, afin d'assurer la passage du pied octogonal. Ce bénitier prend ainsi la forme symbolique d'un calice.

    La porte d'accès du bas-côté sud est caractérisée par deux pentures de fer forgé, ornées d'entailles et de clous à tête de diamant. L'extrémité de ces bandes est dotée des trois lobes de la fleur de lis.

    Selon une tradition du VIème siècle, saint Luc est le peintre de la Vierge. L'école flamande, et notamment Rogier Van Der Weyden, en a fait un sujet de prédilection, comme en témoignent plusieurs tableaux du maître.

    Colin de Coter peint un tableau de même inspiration pour l'église de Vieure. Comme son maître Van Der Weyden le faisait souvent, Colin de Coter a vraisemblablement donné ses propres traits à saint Luc.

    La date d'exécution de ce tableau se situe aux environs de 1500. Le sujet traité, assez rare, a le mérite de montrer un artiste au travail avec tout son environnement et ses instruments. Le peintre représenté, aux traits accusés, est peut-être, comme cité précédemment, un autoportrait autant qu'une évocation de l'évangéliste Luc, dont la vie est peu connue.

    On sait seulement qu'il venait d'Antioche, était médecin, avait suivi saint Paul dans ses voyages en Méditerranée, et bien que n'ayant pas directement connu le Christ, écrivit, outre son Evangile, les Actes des Apôtres.

    Photos ci-contre et ci-dessous issues d'internet. Oeuvre non visible.

    Derrière Marie, tenant Jésus sur ses genoux, Joseph est représenté au travail. En effet, vers le fond, en avant d'un mur de briques crénelé, saint Joseph est au travail derrière son établi, tenant un vilebrequin sur sa poitrine, avec lequel il perce des trous parfaitement circulaires dans une planchette de bois, vraisemblablement le couvercle d'une chaufferette, petit objet en bois entourant un vase de terre cuite contenant des braises.

    Découverte à la fin du XIXème siècle, la pierre tombale du XVème siècle ci-dessous est conservée scellée dans un mur de l'église. Cette dalle est dédiée à Ptolomée Coron et à son épouse. Celui-ci est un vassal du duc de Bourbon, capitaine de l'une des châtellenies du duché. Dans un décor architecturé, se tiennent un homme et une femme, ainsi qu'un animal. La partie supérieure de la dalle est ornée d'une scène du jugement dernier. Une inscription court tout autour du décor, mais elle est effacée en grande partie.

    La femme a les mains jointes et ses pieds reposent sur une biche morte. Le mari, dont la tête a disparu, occupe la niche gauche. Tout autour est inscrit "Cy git Ptolomée Coro, jadis valet de chambre de Monseigneur le Duc de Bourbon, capitaine de La Chaussière, grenetier de Montluçon, qui trépassa l'an de grâce mil quatre cent dix-huit le mois de juillet. Cy git Marie de Croys, jadis femme dudit Ptolomée, fille de feu Jehan de Croys, qui trépassa l'an de grâce mil quatre cents". La scène, ci-dessous, représente la résurrection des morts lors du jugement dernier. Le mort se dresse hors de son cercueil alors que l'ange de l'Apocalypse, au-dessus de lui, sonne de la trompette. A droite de la scène, on peut voir un écu.

    Plusieurs tableaux ne sont pas visibles pour les visiteurs, dont un est attribué au père de Rubens pour différentes raisons: le périzonium du Christ est traité à l'Italienne, et le goût pour les effets atmosphériques est caractéristique du style Flamand. De plus, l'anatomie du Christ est très marquée, et son regard vers le spectateur souligné. L'église possède d'autres petits tableaux sculptés sur bois, dont une scène symbolique avec une Vierge à l'Enfant. Par le style, ce bas-relief se rapproche des tableaux de chevalet Italiens, avec une influence classique. En effet, les anatomies sont bien observées et développées. Le modèle des étoffes vient renforcer le côté dramatique de la scène.

    La sculpture la plus ancienne semble être saint Jean-Baptiste, statue conservée dans la sacristie. Il porte un agneau dont la tête a disparu. Le saint est vêtu d'une cotte de mailles, et porte les cheveux longs ainsi que la barbe. Ci-dessous, les fonts baptismaux, posés sur un degré, sont composés d'une cuve circulaire ornée de deux épais boudins et d'une base qui est un fût de colonne cannelée, certainement réutilisée. Une croix de procession, du XVIIème siècle également, surmonte la cuve.

    Au-dessus de la pierre tombale de Ptolomée Coron (voir plus haut) se trouve, encastrée dans le mur, une dalle de marbre blanc portant une inscription en capitales romaines. Le sommet ondulé de cette dalle porte un écusson agrémenté d'une couronne de marquis, et accosté de deux lions aux armes des Douet. Le seigneur de La Salle laisse ce testament lorsqu'il meurt à Paris le 01er février 1787. Il est en majeure partie destiné aux pauvres de la seigneurie, ainsi qu'aux veuves et orphelins.

    Le culte de saint Roch semble être très important dans les environs d'Ygrande et de Vieure. Une convention veut que le saint montre sa blessure à la jambe, et qu'il soit toujours accompagné d'un chien. En effet, alors qu'il est atteint par la maladie, il s'isole, et un chien lui apporte du pain chaque jour. Les couleurs portées sur la statue sont encore très vives. Le saint est coiffé d'un chapeau sur lequel sont peintes deux clefs entrecroisées. Cette oeuvre n'est pas visible.

    La Vierge à l'Enfant, ci-dessous, porte un médaillon en forme de coeur qui peut-être un reliquaire. Le Christ tient une grappe de raisin, symbole de la richesse de l'Eglise.

    Lors de la reconstruction de la partie orientale de l'église, l'architecte parisien Alfred Coulomb donne les plans du nouveau maître-autel. Sculpté par la maison Seguin, il est orné de personnages en cuivre, parmi lesquels on reconnaît le Christ accompagné des quatre Evangélistes, ainsi que d'émaux réalisés dans l'atelier de Poussielgue.

    L'autel ci-dessous commémore les soldats morts lors de la Première Guerre Mondiale. Il est caractérisé par un mur peint de deux médaillons surmonté d'une baie ornée d'une croix pattée et d'une main tenant une couronne de lauriers. Les noms des soldats morts au combat sont portés sur deux plaques de marbre. Un petit autel de bois est placé devant le mur et supporte un tabernacle de bois doré sur lequel sont sculptées quatre colonnettes, ainsi qu'un calice portant l'inscription "I.H.S.", soit "Jésus Sauveur des Hommes".

    le château de la chaussière (inscrit à l'inventaire des monuments historiques en 1973)

    Au Moyen-âge, le château de La Chaussière est le chef-lieu d'une circonscription judiciaire du duché de Bourbon. Ce fut une maison de plaisance des ducs, notamment de Pierre II, d'Anne de France et Suzanne de Bourbon. La tradition orale dit que le Connétable y passa sa jeunesse. En réalité, il n'y passa que quelques mois. La Chaussière reçut également la visite de Louis XI et de François Ier. Anne Dauphine, en 1411, se rendit à La Chaussière et à Buxières, venant de Souvigny et se rendant au Montet. Madame de Montespan y séjourna également lors de ses cures annuelles à Bourbon-l'Archambault.


    Le château fut endommagé lors des guerres de religion, puis de la Fronde. Tout à côté, fut reconstruite, vers 1876, entre le parc et la route d'Ygrande, l'élégante construction de briques qu'est La Chaussière actuelle.

    On y admire une riche chapelle de style ancien avec de beaux vitraux et des peintures. Théodore Riant en fut l'auteur.

    C'est une belle demeure de brique et de pierre, couverte d'un toit d'ardoise. Les nombreuses ouvertures, le pavillon en retour d'équerre, avec tourelle en poivrière, la tour carrée en façade, donnent à l'édifice une belle allure de château moderne.

    Dans le parc du château actuel, restent des vestiges non négligeables de ce qui fut un des hauts lieux de l'histoire Bourbonnaise. On peut y voir les restes d'une grande tour dominant des douves profondes et, tout autour, des terrains bouleversés par des recherches de matériaux.

    Photo ci-contre issue d'internet.

    le château de la salle

    Cette ancienne forteresse s'est aménagée peu à peu en résidence avec son imposante tour ronde couronnée de mâchicoulis, à laquelle fait pendant à une autre tour rectangulaire, son ancienne porte donnant accès à la cour intérieure, sa chapelle et, témoins d'une époque postérieure, ses communs bordant une grande cour d'entrée à laquelle on accède par un porche du XVIIème siècle. Photos ci-dessous issues d'internet.



    sentiers, paysages, patrimoine et curiosités sur les deux circuits de vieure

    curiosités et patrimoine

    étang de vieure

    calvaires

    sentiers et paysages