yzeure: patrimoine

    voies romaines et vieux chemins

    La voie d'Autun suivait les rues du Pavé de Bardon et de Bellecroix, jusqu'au-delà d'Yzeure, où elle devait s'en séparer pour poursuivre sur Saint-Pourçain-Malchère. Son parcours, jalonné de vestiges romains devait correspondre à peu près à celui d'une voie romaine dont des traces furent relevées à Yzeure.

    Le vieux chemin d'Yzeure à Avermes est probablement l'ancienne voie romaine riveraine de l'Allier, que l'on peut suivre par les rues du Pont-Rouge, de l'Alliau, des Quatre-Rouettes et des Geais. Au sortir d'Yzeure, elle suivait les rues de Bellecroix, de Bardon, puis le boulevard de Courtais pour rejoindre la rue des Garceaux où elle a été retrouvée.

    Mais, il est également possible que ce vieux chemin bifurquait, et que le voyageur qui n'avait rien à faire à Yzeure poursuivait son chemin par la rue du Jeu-de-Paume, considérée traditionnellement comme voie romaine et, de là, gagnait la rue des Garceaux par le boulevard de Courtais en laissant à sa gauche la motte fossoyée peut-être d'origine gallo-romaine. Cette motte était située avenue de la gare, devant les anciens établissements Chambron.

    Ce détour, que faisait la voie de Vorocium en contournant à l'est l'emplacement où fut construit Moulins, peut paraître arbitraire, alors qu'il est logique. En effet, avant l'établissement des digues bordant l'Allier, les eaux, à l'époque des grandes crues, atteignaient le milieu de la rue d'Allier à Moulins. On évita ce passage peu sûr, et on établit la voie sur un sol plus sain et plus résistant.

    l'église saint-pierre

    Classée Monument Historique en 1914. Sa façade et son clocher s'imposent comme des repères temporels et spirituels. Selon les seuls documents authentiques subsistants, cet édifice aurait été donné en 883 ou en 886, par Charles le Gros, roi de France, à l'évêque de Nevers. En 1150, celui-ci la cède à l'abbesse de Saint-Menoux. Le prieuré dépend alors de cette abbaye bénédictine, et l'église est à la fois conventuelle et paroissiale.

    L'église actuelle comprend une crypte, du IXème ou du Xème siècle, située sous le choeur remanié au XVème siècle, un transept du XIème siècle, une nef du XIIème siècle voûtée en berceau brisé, avec arcs-doubleaux retombant sur des piliers à colonnes engagées ou pilastres. Les chapiteaux sont sculptés de rinceaux. Pendant la révolution, le culte décadaire est assuré par des prêtres assermentés, et il semble qu'aucune destruction n'ait été commise.

    La façade est un condensé de trois écoles romanes: l'art roman Berrichon (portail sur glacis), Auvergnat (forme du tympan), et Bourguignon (décor antiquisant et pilastres cannelés). En 1770, la foudre s'abat sur l'ancien clocher. Depuis cet accident, le clocher est coiffé d'une balustrade. La disposition de celui-ci en façade, et non à la croisée du transept, est peu commune dans les églises romanes Bourguignonnes.

    Jadis, quatre cloches y étaient installées. De nos jours, il n'en reste qu'une, fondue en 1754 et pesant trois tonnes. Conservée à la révolution pour sonner le tocsin, elle est réduite au silence par une fêlure en 1986. Réparée, elle reprend son service en 1998. L'inscription qu'elle porte est formée de huit lignes circulaires, et indique que la bénédiction a été réalisée par Charles Le Cropte de Chantrac, abbé de Notre-Dame de Sévy et vicaire général d'Autun, Charles Lherondet, docteur de Sorbonne et curé d'Yzeure, ainsi que par la marraine, Françoise Rabourg, épouse de Monsieur Antoine Grimauld, écuyer conseiller du roi. Cette cloche a été classée Monument Historique en 1907.

    Le carillon se compose également de deux cloches, l'une de 1805, et l'autre de 1935. Le coq sur le clocher est la réplique en laiton doré de son ancêtre de 1719. Il porte plusieurs inscriptions commémoratives, ainsi que des dates de réparation. Sur la crête, figure le nom de l'évêque de Moulins, Monseigneur de Pons (1823-1849). Ce coq résiste en 1770 à la foudre qui a entraîné de grands dégâts matériels, et surtout la mort des quatre sonneurs de cloche. Il est réinstallé après la réparation du clocher, couronné depuis 1775 d'une balustrade. 

    Le porche est constitué d'une porte en bois encadrée par deux pilastres cannelés et coiffée d'un tympan demi-circulaire, sans sculptures ni traces de peinture. Ce tympan repose sur deux colonnettes à chapiteaux sculptés, représentant des griffons, des basilics, et des personnages grimaçants. Il est surmonté de trois voussures composées d'oves, de dents-de-scie et de perles. La grande archivolte est décorée d'un bandeau de rosaces et d'un cordon de billettes. Une corniche, soutenue par douze modillons sculptés domine le tout.

    Les douze modillons, situés sur le glacis qui surplombe le porche, représentent des têtes fantastiques, parmi lesquelles se distinguent deux visages humains, l'un souriant, l'autre pleurant (Jean  qui rit, Jean qui pleure).

    En entrant par le portail latéral, on découvre la nef. Avec une perspective équilibrée du XIIème siècle et une voûte en berceau brisé sur arcs doubleaux, elle s'appuie sur l'arc en plein cintre de la croisée du transept. Les piliers, accolés chacun de trois colonnes engagées et d'un pilastre cannelé sur le bas-côté, sont semblables à ceux de la basilique de Vézelay. Trente-deux chapiteaux sculptés, surmontés de colonnes et de pilastres, témoignent de la tradition romane du XIIème siècle.

    La nef communique avec les bas-côtés par quatre travées latérales en arc brisé, dont la première a été modifiée en 1935 par la construction d'une tribune. L'orgue, offert par Jeanne Schneider, fondatrice de l'Institution de Jeunes Aveugles des Charmettes, y réside. Photos ci-dessus, statue de Saint-Pierre et chapiteau remarquable.

    Ci-dessous: Bénitier de 1739, statue de Notre-Dame-de-Lourdes et tableau du Baptême du Christ.

    Saint-Pierre, ci-dessous, le patron de l'église, tient dans la main droite deux clefs, symboles du royaume des cieux et de la terre. Sa main gauche posée sur la coeur est un signe d'acceptation de la parole de Jésus. Pierre, dont le véritable nom est Simon, est le chef des apôtres. Sa passion présente plusieurs similitudes avec celle du Christ, et il meurt sur la croix, crucifié la tête en bas.

    La Vierge à l'Enfant, ci-dessous du XIVème siècle, debout, porte l'Enfant Jésus sur le bras droit. Jésus caresse le sein discret de sa mère. Les mains brisées ne permettent pas d'identifier l'objet sur lequel les regards des deux personnages convergent. Classée Monument Historique en 1918.

    La chaire ci-dessous porte sur un écusson la date de 1623. Les panneaux sculptés représentent les quatre évangélistes, mais l'un d'eux a été volé. Les ornements sont semblables à ceux des boiseries du choeur, et figurent des visages ailés, des anges joufflus, et des guirlandes végétales. Classée Monument Historique en 1975.

    Jeanne de Steultinck, d'origine Hollandaise, est la veuve d'un certain Buckingham, tué lors des troubles d'Angleterre. Elle épouse le Bourbonnais Nicolas de Nicolay (1517-1583) , géographe ordinaire du roi. Cela assure l'avenir de la fille de Buckingham en lui faisant épouser Antoine de Laval, maître des Eaux et Forêts du Bourbonnais, puis capitaine du château de Moulins et du château du Parc de Beaumanoir à Yzeure. L'inscription funéraire de Jeanne de Steultinck date de 1587, et est Classée Monument Historique depuis 1918.

    L'épitaphe ci-dessous, date de 1560, et est rédigée en ancien Français. C'est celle d'un orfèvre de Moulins, mort en 1551.La présence de cette sépulture à Yzeure, et non à Moulins, s'explique par le fait qu'à cette époque, les églises de Moulins ne sont que secondaires. Classée Monument Historique en 1918.

    Plus ancien que la nef, le transept, datant certainement du XIème siècle, possède une perspective dépouillée, avec sur chaque pile une imposte, dont une est ornée d'un cordon de billettes. Le voûtement des deux bras du transept est en berceau en plein-cintre, alors que la croisée possède une voûte d'arêtes. Au  nord, une baie gothique, avec des vitraux du XIXème siècle, représentent Saint-Marc et Saint-Roch et, dans un coin, la statue ancienne de Saint-Vincent du XVIIIème siècle (photo ci-dessous.

    Deux vitraux non figuratifs sont installés en 1858 par le curé Desevaux, restaurateur de la chapelle. Celui ci-dessous présente un décor de végétaux symétriques avec, au centre, un coeur enflammé et le monogramme A M. Ces vitraux ont été offerts par les Enfants de Marie.

    Le choeur, remanié à partir du XVème siècle, est pentagonal et précédé d'un avant-choeur surélevé. Les vitraux, des grandes baies géminées, ont été réalisés par H. THibaud, datent du XIXèmes iècle.

    La crédence, de 1899, a été sculptée par Monsieur Marsepoil dans le genre Louis XIII pour imiter les boiseries du choeur et la chaire à prêcher. Elle fait partie d'un ensemble qui comprenait le siège du célébrant, des diacres et sous-diacres. Seuls subsistent de nos jours la crédence et le siège du célébrant.

    Le panneau sculpté ci-dessous de 1623 fait partie d'un ensemble de sept panneaux,encadrant la porte voûtée de la sacristie, au fond de l'abside. Dominé par un fronton en triangle brisé, il présente le monogramme de Saint-Pierre et des guirlandes végétales. Il est contemporain de la chaire. Plusieurs aménagements intérieurs de l'église semblent avoir été réalisés cette même année.

    Située dans le bras sud du transept, la chapelle du Corps de Dieu garde les traces de la porte voûtée du cloître aujourd'hui détruit, par laquelle entraient les religieuses dans le choeur qui leur était réservé, et ce avant 1508.

    Des documents attestent la présence sur la commune d'une confrérie dite "du Corps de Dieu" depuis 1491. Ses membres sont unis par leur foi en la présence réelle du Christ dans l'hostie, consacrée corps du Christ. L'étude des noms et professions de leurs "maistres" successifs, cités dans un registre de 1756, montre qu'il s'agissait de bourgeois assurant les fonctions de marchands, de procureurs, ou encore de fonctionnaires de l'administration ducale, puis royale. Ce sont certains de ces maîtres qui font ériger le banc d'oeuvre ci-dessous au XVIIème siècle, où l'on peut lire le nom de certains d'entre eux. Les nobles sont absents de cette confrérie. Les paysans et artisans se regroupaient selon leurs corps de métier. Classé Monument Historique en 1918.

    La chapelle du Sacré-Coeur correspond à l'absidiole romane. Le décor pictural date de 1921. Les vitraux sont de la fin du XIXème siècle, dont l'un fut entièrement refait par Jean Mauret en 1986.

    En empruntant l'escalier qui se trouve à droite de l'autel, on aperçoit la crypte, qui est la partie la plus ancienne de l'église (IXème ou Xème siècle). Ce martyrium abritait des reliques dont il ne reste rien. Les voûtes couvertes de peintures du XVème siècle ont été restaurées en 1899. Jadis, une ouverture partant de la voûte débouchait aux pieds de l'autel supérieur, dans le choeur, permettant de voir les reliques qui y étaient déposées.

    Les deux piliers carrés qui se dressent entre les arcades sont ornés d'un court cordon sculpté. La crypte proprement dite comprend trois petites travées se terminant en abside demi-circulaire, reposant sur quatre piliers carrés, raccordés aux voûtains par de simples tailloirs. L'autel primitif se trouvait autrefois à la verticale de celui du choeur supérieur.

    A l'intersection des arêtes, plus précisément à la clé de voûte, un christ jeune, au nimbe crucifère, est peint en buste à l'intérieur d'un cadre circulaire. Les anges, en aube ocre rouge et nimbe ocre jaune, les ailes déployées, déroulent devant eux des phylactères aux inscriptions en partie effacées. Une seule peut être déchiffrée: "Nos culpis soilitos mites IHS et Christos".

    La chapelle de la Sainte Vierge occupe l'emplacement de l'absidiole romane nord. Remaniée au XVème siècle, et de style gothique, elle abritait le tombeau de Jeahn Saulnier, décédé en 1389, et d'Agnès de Bressolles, son épouse. Sur les culots, le Tétramorphe est sculpté. L'autel et le décor pictural datent du milieu du XIXème siècle: fleurs, candélabres et anges agenouillés dans un décor néo-gothique encadrent une représentation de la Vierge de l'Apocalypse. Le banc d'oeuvre aux armes de Saint-Pierre du XVIIème siècle est classé Monument Historique.

    Banc d'oeuvre aux armes de Saint-Pierre (XVIIème siècle, Monument Historique).

    Inscription funéraire de Jehan Saulnier et Agnès de Bressolles, son épouse. Les gisants ont été détruits à la révolution.

    La Vierge du XVIIème siècle, en bois doré, qui tenait probablement dans ses bras un  Enfant Jésus aujourd'hui disparu, est représentée debout sur un bloc de nuages d'où émergent des têtes d'anges et un croissant de lune, qui font référence au chapitre 12 de l'Apocalypse. Elle surmonte un autel avec tabernacle, et est encadrée par une peinture murale, composée de deux anges agenouillés. Inscrite à l'Inventaire des Monuments Historiques en 1989.

    Sainte Anne instruisant Marie, en bois doré du XVIIIème siècle, est ci-dessous représentée enseignant à sa fille Marie, future mère de Jésus-Christ. Il s'agit d'une tradition ancienne de l'église catholique, mettant en évidence l'importance de l'enseignement spirituel.

    Les chapelles s'ouvrant sur le bas-côté nord ont été construites à l'époque gothique. Dans le bras nord du transept, et dans deux chapelles, des confréries furent établies: Saint-Roch patron des cardeurs. Les cultivateurs se sont regroupés dans une confrérie très ancienne dans l'église, rétablie en 1859. La statue ci-dessous se trouve dans leur chapelle. Des coquilles Saint-Jacques, représentées sur les épaules du saint, pourraient le faire passer pour un pèlerin de Saint-Jacques de Compostelle. Très populaire dans la région, Roch s'est distingué en Italie au XIVème siècle, au service des pestiférés. 

                Banc d'oeuvre de la Confrérie de Saint-Roch (1897).

                            Sculpture de Jeanne d'arc (XXème siècle).

    La baie qui éclaire la chapelle est gothique avec des vitraux de la fin du XIXème siècle. Inscrit à l'Inventaire des Monuments Historiques en 1989. Le vitrail de Saint-Marc et Saint-Roch rappelle la confrérie de Saint-Marc, éteinte au à la révolution et remplacée à la fin du XIXème siècle par la confrérie de Saint-Roch. Il est représentatif de l'art local du vitrail.



    Le buste reliquaire, ci-dessus, porte la date de sa réalisation (1634), et la signature de son sculpteur (Sève), issu d'une famille de peintres Moulinois du XVIIème siècle. Jusqu'à la révolution, il est porté en procession solennelle jusqu'à Moulins, accompagné des autorités civiles et religieuses, le jour de la Saint-Marc. Le socle contient quelques reliques de saint Marcel, sainte Barbe et sainte Avoye, visibles à travers une petite vitre. Le livre en bois, que le saint devait tenir dans ses mains, aujourd'hui mutilées, porte le texte du chapitre 7, versets 18 à 22 de l'évangile de saint Marc. Inscrit à l'Inventaire des Monuments Historiques en 1989.

    Autre chapelle représentant une confrérie: celle de Saint Vincent, patron des vignerons. La statue ci-dessus provient de cette chapelle. La confrérie Saint-Vincent date du XVIIème siècle. Ci-dessous, Saint-Fiacre, patron des jardiniers.

    Ci-dessous, écusson aux armes des Bourbons et grand tableau de Saint-Fiacre.

    C'est dans cette partie de l'église, sur un pilastre du bas-côté nord, que se trouve le seul chapiteau historié, une des inventions majeures de l'art roman: personnage courtaud sur la face avant semble tenir par les oreilles deux têtes sans corps disposées symétriquement aux angles du chapiteau. Deux autres têtes complètent la scène. Les autres sont constitués d'entrelacs végétaux et de masques. Ils rappellent ceux de l'église abbatiale de Saint-Menoux, dont le prieuré de la commune dépendait autrefois.

    La chapelle des fonts baptismaux, ci-dessus, voûtée de croisées d'ogives, est de style Renaissance, reconnaissable notamment par sa fenêtre. Photo ci-dessous: grand tableau "des religieuses" du XVIIème siècle.

    Statue de saint Agnès du XVème siècle, classée Monument Historique en 1918. Sainte Agnès est martyrisée très jeune, à l'âge de 13 ans, au cours de la persécution de Dioclétien, en 305. Pour avoir repoussé un noble prétendant en se disant l'épouse de Jésus-Christ, elle est envoyée nue dans un lieu de prostitution. Dieu rend alors sa chevelure si épaisse qu'elle recouvre sa nudité mieux que tout autre vêtement, avant qu'un ange ne lui offre une robe d'une blancheur et d'une luminosité éblouissante. Ce miracle lui vaut d'être tuée d'un coup d'épée.

    Statue de saint Jean-Baptiste du XVème siècle, classée Monument Historique en 1918. Saint Jean-Baptiste est ici vêtu d'une peau de bête, et d'une ample cape. Il porte l'Agneau Pascal, dont la tête est brisée, sur le bras gauche. Il fait partie, avec la Vierge de la nef, d'une importante statuaire.

    Cette inscription funéraire de Jean de Lingendes (1629) provient de l'ancienne chapelle de la Résurrection, contigüe à l'église. Jean de Lingendes était un ancien conseiller au présidial de Moulins. Le texte est composé d'une citation de l'Eneïde, suivie de l'expression de douleur de son épouse, angélique de Laval. Classée Monument Historique en 1918.

    Ci-dessous, statue de Saint-Benoît, du XVIIème siècle, classée Monument Historique.

    le château du parc

    Le château du Parc ci-dessous est connu aussi sous le nom de  Beaumanoir lorsqu'il est acheté en 1493 par la duchesse de Bourbonnais Anne de France, fille de Louis XI et épouse du duc Pierre II de Beaujeu. Elle le transforme et aménage un grand parc. Elle fréquente assidûment le lieu avec sa fille Suzanne, qui y épouse en 1505, le connétable de Bourbon, Charles III de Montpensier. A la mort de Suzanne, qui ne laisse pas d'héritier masculin, le duché doit revenir à la couronne. Le connétable prend alors la décision de passer au service de Charles Quint, son cousin.  François Ier y vint plusieurs fois lors de ses séjours à Moulins. Il ne subsiste du château ducal que les initiales P et A, sculptées sur le soubassement d'une fenêtre, et une tour. Le bâtiment, refait au XIXème siècle, présente une façade appareillée en croisillons de briques.

    le château de bagneux

    Flanqué de deux tours à lanterneaux, il présente une façade revêtue d'un appareillage de briques rouges et noires en croisillon. Le perron monumental domine une cour où se dresse un pigeonnier. Une porte voûtée de la façade sud semble être antérieure au bâtiment actuel. la clef de voûte est ornée d'une salamandre, emblème de François Ier, qui apparaît sur les constructions environ un siècle auparavant.  Cet ornement, très abîmé, pourrait permettre de dater du XVème siècle la construction primitive, remplacée par le château actuel. Une cloche en bronze provient de l'ancienne chapelle du château. Elle porte en relief le nom de Vauvrille, propriétaire et constructeur du château, ainsi que la date 1618, entourée de fleurs de lis.

    Le pigeonnier, situé en avant du château, dans la cour, dénote l'importance de la propriété, puisque seuls les seigneurs avaient le droit de faire construire ce type d'édifice. Il comporte 230 alvéoles ou boulins, réparties sur plusieurs mètres de hauteur, et accessibles par un appareillage pivotant installé dans l'axe central du pigeonnier. Il est vraisemblable qu'il date de la construction du château.

    le château de panloup

    Le château de Panloup est une ancienne demeure seigneuriale en briques appareillées avec tours et lanternons. Elle est encadrée par d'importants bâtiments, des communs et d'anciennes écuries. Il servit de maison de campagne aux jésuites du collège de Moulins. Inscrit à l'Inventaire des Monuments Historiques en 1947. Un linteau, qui surmonte la porte de l'ancienne chapelle intérieure du château, représente un Agneau pascal, sculpté dans le style du XIIème siècle. Il s'agit peu-être d'un élément rapporté, à moins qu'il ne provienne d'un édifice antérieur au château actuel.

    le château de pouzeux

    Le château de Pouzeux comporte un pavillon à appareillage de briques rouges et de briques noires, formant un motif à losange typique de la région. Il est encadré de deux tours, dont une, semi-circulaire à terrasse, couronnée de merlons ou de feuilles de trèfles. Il s'agit de l'ancien siège d'une seigneurie importante depuis 1357.

    le château de bellevue

    Le château de Bellevue, à l'origine, est un établissement privé dirigé par les pères jésuites. En 1901, l'administration estime que l'établissement est détenu par une congrégation non autorisée et le bâtiment est mis sous séquestre. Il reste néanmoins séminaire jusqu'en 1927, date à laquelle l'état en prend possession. Cet immense bâtiment, dominé au sud par le clocheton de l'ancienne chapelle, abrite depuis diverses administrations.

    le château de croissance

    Le château de Croissance possède, à son entrée, une plaque en fer avec fleurs de lys. En 1449, il appartient à des bourgeois Moulinois qui ont fourni de nombreux officiers au duché de Bourbonnais. L'un d'eux aurait été chargé par le duc Jean II de définir les limites des duchés de Bourbonnais et de Bourgogne. Le bâtiment possède une belle façade rose joliment rénovée et, à l'intérieur, de belles cheminées classiques du XVIIIème siècle. La plus admirable, de style néogothique, trône au salon. La grande allée surplombe un vestige de douves. Photo issue d'internet.

    la chapelle des preux

    La chapelle des Preux est le seul vestige d'une seigneurie du XVIème siècle. Elle présente une forme en hémicycle, et est éclairée par une large fenêtre. Ses murs en briques affichent le décor traditionnel de la région. Le château actuel date du XIXème siècle, époque à laquelle une ferme-école est établie à titre expérimental. Pas de photo disponible. Photo ci-dessus: château de Champvallier.