saint-plaisir: notre-dame et les arbres

    Non de Saint-Plaisir, nom déformé de Saint-Placide, à la lisière du bois de Champront, se voyait encore, à la fin du XVIIIème siècle, le prieuré de Civrais. Dans sa chapelle, on honorait particulièrement une statue de vierge datant du XIIIème siècle. Les jeunes filles venaient lui demander la grâce de trouver un mari et les jeunes femmes celles de ne pas demeurer stériles. Le prieuré fut détruit au moment de la révolution. On put sauver la statue de Notre-Dame, que l'on cacha dans le tronc d'un chêne. On dit même qu'elle s'échappa elle-même des mains des vandales et que, pendant longtemps, on ne sut ce qu'elle était devenue.

    Un jour, deux bûcherons qui travaillaient dans la forêt s'attaquèrent au chêne dans lequel la vierge s'était réfugiée. Ils furent surpris et même effrayés quand, après avoir donné leur coup de hache, ils virent du sang s'échapper du tronc qu'ils venaient de frapper. Ils n'en continuèrent pas moins leur besogne. Le chêne abattu, à l'intersection des deux branches, ils découvrirent la statue qu'ils transportèrent dans une grange voisine pour la mettre à l'abri. Leur journée terminée, ils regagnèrent leur foyer. Le lendemain, en arrivant sur le chantier, ils s'étonnèrent de retrouver la statue à l'intersection des deux branches, où ils l'avaient découverte. Ils la rapportèrent dans la grange dont, cette fois, ils fermèrent la porte.

    Le jour qui suivit, de nouveau, la statue avait repris sa place entre les branches. Le fait se reproduisit cinq fois de suite. Cette statue était, elle aussi, sculptée en plein coeur de chêne. Notre-Dame était représentée "assise sur un siège droit, sans dossier, et reposait sur un coussin en bois de même essence. Les côtés du siège étaient également ornés d'arcades sculptées à jour, trilobées et cintrées. Elle tenait sur ses genoux l'Enfant Jésus bénissant de manière latine. Les ouvriers pensèrent qu'ils se devaient de mettre le curé de Bourbon-l'Archambault au courant de ce qui s'était passé. Ils lui portèrent la statue et lui contèrent comment, en dépit de leurs précautions, elle était chaque fois revenue dans les branches du chêne.

    Le curé eut le sentiment qu'un tel prodige manifestait la volonté de Notre-Dame de ne pas habiter une grange, qu'elle désirait une demeure plus confortable. Il la fit transporter à la chapelle du prieuré de Vernouillet-lès-Bourbon. Les gens du pays se rappelèrent les vertus attribuées à cette vierge. Le culte dont elle était l'objet avant sa disparition se manifesta de nouveau. Jeunes filles et jeunes femmes recommencèrent à venir dévotement s'agenouiller devant la madone, pour lui demander, les unes de trouver un époux, les autres d'avoir des enfants. Afin d'obtenir plus sûrement la grâce sollicitée, les jeunes filles attachaient un ruban bleu autour du cou de la vierge. Ce don les autorisait à couper un morceau des rubans précédemment donnés, de couleur différente de celui qu'elles avaient offert, qui leur tenait lieu de talisman et devait activer la réalisation de leur désir.

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